‹ Le Magasin de librairieChapitre 95 sur 180 · HISTOIRE DE L»ACÀDÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE L»ACÀDÉMIE FRANÇAISE

Par H. Paal Heniard. Bibliothèque Charpentier^ 1 toK, 1857.

L'illustre compagnie dont Voiture a été l'un des quarante premiers mem* hres Yîeat de trouver un bistorien habile dans M. Paul Mesnard. Cette AisioirB de l'Académie française est également éloignée des panégyriques aveur gles et des hostilités préconçues. L'auteur a su se placer à un point de vue qui est, j'en suis convaincu, celui de l'opinion générale*

Il n'exige pas de cette assemblée, dans le dix-septième et dans le dix-hu>tième siècle, en présence des suggestions ou des violences des pouvoirs exi- <stants , une énergie incompatible peut-être avec l'état social du temps, et cependant il ne prétend pas l'ériger en tribunal infaillible , et il ne pousse point l'indulgence jusqu'à pallier les faiblesses. Dans la longue période qu'il raconte, depuis Richelieu jusqu'à la révolution de 1830, il fait ressortir les titres de gloire de cette compagnie, qui a compté parmi ses membres l'élite de nos prosateurs et de nos poètes, qui a vu tour à tour dans ses rangs Corneille et Bossuet, La Bruyère et Racine, Voltaire et Montesquieu, Chateaubriand et Alfred de Musset. 11 considère aussi le rôle social que l'Académie a joué dans un temps où il fallait avant tout « porter les lettres au niveau de toutes les supériorités que la France reconnaissait. » « C'est l'Académie, dit-il justement, qui les a mises en contact direct avec la vie publique, et qui les a retranchées dans une position menacée quelquefois, mais assez forte en définitive et assez respectée où elles peuvent défendre leurs droits, leur indépendance, leur dignité.» Tel est le sens de ce livre, écrit avec une clarté parfaite, une élégance attrayante et une gravité que le sujet impose.

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