SCENE PREMIERE
POQUELIN
Hélas ! j'ai tout fait ramener pour le drôle ; Soins superflus ! Parents, amis, à tour de rôle, Ont essayé de lui faire entendre raison :
En vain I II ne veut pas rentrer à la maison.
PINEL
Voyez-vous!..,
POQUELIN
Je n'ai plus qu'en vous seul d'espérance.
Vous êtes magister, et, dans cecte occurrence, Vous seul saurez trouver, pour le toucher, le point Faible chez lui, le mot qu'on ne rétorque point, L'argument qui peut vaincre un esprit indocile. Cette besogne-là doit vous être facile ?
Donc, je viens vous prier de m'aider aujourd'hui A semondre mon fils afin qu'il rentre en lui. A peine il a vingt ans ! Il vous aime, et peut-être, Et sans doute, il aura du respect pour son maître...
PINEL
Oui, vous avez raison, maître Jean Poquelin,
De penser que je puis me montrer plus malin
Que vos amis et que,,. Yous-même, en cette affaire :
L'homme disert en moi, c'est l'homme qu'on préfère...
Je saurai lui parler de la bonne façon;
Je le ramènerai chez vous, petit garçon
Comme devant. — Allez, c'est une chose faite !
LE MÀG1STER.
Vous allez assister, de près, à sa défaite... On vient?... c'est lui, sans doute.
11 lui ouvre une porte.
Entrez ici.
Je vous rappellerai quand j'aurai réussi A vous le relancer sur son ancienne piste...
Maître Poquelin entre dans un cabinet.