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Le magnétisme considéré comme agent lumineux

Cpux qui ne suivent pas les Leçons cliniques de Vlnstitut mnqnéhque, peuvent am»rendre très facilement, la pntique du Magnétisme en lisant les Conseils pratiques du professeur H. Durville Rédigés dans un style simiile et concis qui les met à la portée de louf^^ ies intelligences, avec des exemples de guérison montrant la simplicité et la valeur de la méthode, ces Consens pernrettent au père et à la mère de famille ainsi qu'à l’amateur d'appliquer le Magnétisme avec succès, au souiaç-ment et à la guérison des divers«‘s maladies d mt leurs enfants, leurs parents, leurs amis peuvent être affectés. (Pour bien comprendre le mod- .rapplication c»-iix qui n’ont aucune idée du M;ignétisme devront lire les Procédés magnétiques de Tant ur. brochure de propagande à 20 centimes.;

ï.es Conseils pratiques qui sont publiés s'appliquent aux cas suivan»'" Amygdalite, Angine^ Anémie, Anémie cérébrale. Apoplexie cérébrale, Asthme,Ataxie locomotrice.—Battements de cœur,Blépharite,Bronchite.

— Catalepsie, Catarrhe vésical, Céphalalgie, Chlorose, Choroïdite, Chute des cheveux. Congestion cérébrale. Conjonctivite, Constipation, Crampes, Crampes d’estoma:. Crampe des écrivains et des pianistes. Crises de nerf s,Croup,Cystite. — Danse de Saint-Guy. Délire, Delirium tremens, Double conscience, Dyspepsie. — Emphysème, Encéphalite aiguë, Encéphalite chronique. Entérite, E itorse. Épilepsie,Esquinancie, Essoufflement, Etat nerveux. Etourdissements. — Fibromes, Fièvre cérébrale. Fièvre typhoïde, Fluxion de poitrine, Folie. — Gastralgie, Gastrite, Gastro-entérite, Glaucome, Goitre, Goutte. — Hallucinations, Hémiplégie, Hydropisie, Hypocondrie, Hystérie. — Ictère, Idiotie, Imbécilité, Imoulsions, Insomnie, Iritis. — Jaunisse. — Kératite, -r Laryngite, Léthargie, Lumbago. — Mal de tête. Mal de dents, Minies hystériques. Mélancolie, Méningite, Migraine, Myélite. — Nervosisme. Neurasthénie, Név 'algie simple, Névralgie faciale, Névrose .— Obésité, Obsession, Odontalajie, Ophtalmie, Oppression, Otalgie, Otite,Otorrhée.

— Pâles couleurs. Paralysie simple, Paralysie faciale, Paraplégie, Pharyngite,Phtisie pulmonaire,Phtisie laryngée,Pneumonie, Prostatite.

— Rétinite. Sarcomes, Sciatique, Somnambulisme spontané. Spasmes, Surdité.Surdi-mutité,Syncope.—Tic douloureux,Tumeur s — Urélhrile.

— Vertige, Vomissements, Vomissements incoercibles de la grossesse.

cffiaque Conseil pratique, inséré dam ui nnmérc du Journal du Magnétisme, est envoyé contre 50 centimes.

Lf Iraltemenl de toutes les maladies sera snrccssivemfDt publié looi li forme d’autant de Conseils protiques. En attendant que ce travail considérable soit achevé, le professeur H. Durvilli le tient é la disposition dei malades pour leur expliquer, par correspondance; tous les détails -lu tr itemeni magnétique qu’ils peuvent faire, soit par eux mêmes, soit par l’intcimêdiairc i’uD parent ou d'un ami dévoué. Ponr cela, indiquer la caofr piobable de la niatadie, la nature les symptômes, etc.

Prix d'un Ckmseli pratique écrtl spécialement pour un tas n*« Hx «ntors été onhiii. .... iO fr

I. Le corps humain. — II. Lh\imanr. — III. Le Magnétisme terrestre.— fV. L’électricité. —V. La Chaleur.

— VI. La Lui^ière. — VII. Le Mouvement- — VIIL Le son. — IX. Les Actions chimiques. — Les Odeurs.

— XI. Les Animaux. — XII. Les Végétaux. — XIIL Les Minéraux.'^ XIV. Les Courants. — XV. Quelques mois sur les couleurs de chaque pôle-.

Nous avons constaté la réalité de l’agent magnétique dans presque tous les corps ou agents de la nature et formulé les lois qui régissent son action sur le corps humain ; mais nous ne l’avons pas étudié sous tous ses aspects.

Nous sommes directement en rapport avec les ^agents de la nature par les organes des sens qui transmettent la sensation au cerveau. Si nous n’avions pas l’ouïe, nous ne percevrions pas les vibrations sonores ; dépourvus des» organes de la vue, nous ne concevrions pas la lumière avec toutes ses nuances ; privés du tact, du goût et dei’odorat, nous ne saurions pas ce que c’est la chaleur, les saveurs et les odeurs.

Il y a certainement dans la nature des ondulations de Féther engendrant des agents qui nous resteront toujours inconnus, parce que nous n'avons pas de sens pour les percevoir. Mais, ce n’est pas tout : les sens que nous possédons sont grossiers et imparfaits, et la connaissance du magnétisme physiologique nous échapperait peutêtre complètement si quelques-uns d’entre nous n’en possédaient pas de plus délicats que le plus grand nombre des autres. Nous avons constaté que les sensitifs le perçoivent plus ou moins nettement par le tact sous forme de chaleur ou de fraîcheur ; par le goût, sôus celle de saveur acide ou alcaline ; qu’il détermine chez eux de l’attraction ou de la répulsion; qu’il augmente ou diminue l’activité organique ; et que chez quelques rares sujets, le sens olfactif même est affecté.

Si, pour certaines personnes, l’agent magnétique est réellement perceptible par le tact, le goût et l’olfaction, tout porte à admettre qu’il puisse également l’être par la vue.

Un dicton populaire pourrait nous le faire supposer. — Quand on reçoit un choc violent à la tête, après y avoir porté la main, on exprime généralement sa douleur par une expression analogue à celle-ci: Pen ai vu 36 chandeUesl Ce dicton semble tout au moins nous indiquer que certaines personnes perçoivent des effets lumineux sous la violence du choc. Nous savons déjà

que quelques personnes voient certains sons sous forme de couleurs, et que plusieurs malades, dans une. nuit obscure, voient briller d’une lumière blanchâtre le souffle de ceux qui reposent à leurs côtés, ainsi que les objets métalliques que les environnent

En effet, l’agent magnétique devient parfaitement visible sous forme de lumière dans certaines conditions.

Ce phénomène n’est pas aussi anormal qu’on pourrait le croire tout d’abord ; il ne sort pas du domaine de la physiologie la plus pure, et plusieurs médecins l’ont déjà constaté. Dans sa Physiologie de la vue, Helmoltz a signalé l’aptitude que l’homme acquiert sous l’influence de la fièvre à percevoir certaines couleur.s, certaines radiations lumineuses qui échappent à l’état normal. Il donne de nombreuses preuves de cette hyperacuité visuelle que l’on observe chez un certain nombre de malades.

De temps immémorial on a remarqué l’existence de certaines lueurs s’échappant du corps de certaines personnes, particulièrement de la tête et des mains. Ribet, dans sa Mystique divine, t. II, c. XXIX, en cite de nombreux exemples, et l’imagerie religieuse, d’accord avec les peintres, nous en a transmis la tradition par l’auréole qui entoure la tête des saints et les effluves lumineux dé-

gagés par le cœur de Jésus, les mains de la Vierge et celles de Moïse.

« On voit dans l’histoire, dit G. Agrippa, que le père de Théodoric jettait des étincelles de tout son corps, de sorte que les flammes étincelantes pétillaient de tous côtés. Et il parait quelquefois de semblables choses dans les bêtes, comme on l’a dit du cheval de Tibère, qu’il jettait des flammes par la bouche. {Philosophie occulte^ 1727,1.1,

A l’état ordinaire, nous dégageons constamment des effluves obscurs ; mais quand nous sommes sous l’empire d’une surexcitation anormale, notre organisme vibre avec plus d’énergie, les effluves augmentent de longueur, leur mouvement ondulatoire est plus rapide; et dans l’obscurité, ils peuvent devenir visibles sous forme de lumière pour un grand nombre de personnes. Si le nombre des vibrations devient assez considérable, la lumière peut même donner la sensation des couleurs. Ce fait a été observé par le docteur Baraj duc, qui le cite dans son ouvrage sur la Force

' vitale, p. 86.

«Un hasard, dit-il, m’a permis de voir très ' distinctement ces phénomènes sur tout le côté

gauche de mon fils âgé de 12 ans, le 22 août 1891,

; à Luc-sur-Mer, alors qu’on était en pleine nuit.

Dans un rêve agité, il croyait avoir pêché un homard et le brandissait debout sur son lit en di-

sant : «Je le tiens ! » la nuit étant complètement obscure et pluvieuse, sans lumière dans la pièce. J’observais un instant : rien à droite ; et tout le long du côté gauche, de la face, du nez, du menton, du bras, courait une phosphorescence d’un blanc un peu jaune, plus marquée sur toutes les parties saillantes, qui s’éteignit au bout d'une minute lorsque je reveillai l’enfant de son cauchemar. La déperdition avait été si forte que, pendant trois jours, il resta complètement hébété. »

Ces effluves, obscurs dans les conditions normales, sont pourtant visibles en plein jour pour les somnambules et même pour quelques malades lorsqu'on les magnétise. Ils paraissent sous la forme de rayons blanchâtres s’échappant des yeux et surtout des mains du magnétiseur, les pénètrent, et forment bientô t autour d’eux une sorte d’atmosphère à demi-lumineuse.

Chez les magnétiseurs forts, vigoureux et bien doués, ces rayons sont plus appréciables que chez les faibles. Il paraît même qu’avec de très rares praticiens, presque tout le monde peut les apercevoir et que la plaque photogi’aphique en est impressionnée. La fîg. en serait une preuve s’il n’y avait aucun doute sur les procédés employés par le photographe. Elle représente un magnétiseur hollandais, M. Van der Velde, à Haarlem, d’après une photopraphie sortant des ateliers de M. List, (8, Zoetestraat) de la même ville. J’ai

montré cette photographie à plusieurs amateurs experts en l’art photographique ; et après examen, ils m’ont tous déclaré qu’avec la retouche pratiquée par un véritable artiste, il n’était pas impossible d’obtenir ce résultat ; mais que, néanmoins, rien ne leur démontrait que le procédé ne fut pas purement naturel.

« La plupart des somnambules, dit Deleuze, voient un fluide lumineux et brillant envelopper leur magnétiseur et sortir avec plus de force de sa tête et de ses mains ; ils reconnaissent que l’homme peut le produire à volonté, le diriger et en imprégner diverse^ substances. Plusieurs le voient, non seulement pendant qu’ils sont en somnambulisme, mais encore quelques minutes après qu’on les a réveillés ; il a pour eux un goût qui leur est très agréable et il communique un goût particulier à l’eau et aux aliments. Quelques personnes aperçoivent ce fluide lorsqu’on les magnétise, quoiqu’elles ne soient point en somnambulisme ; j’en ai même rencontré qui le voient en magnétisant, mais ces cas sont extrêmement rares, x

« La plupart des somnambules les distinguent des qualités différentes dans le fluide des divers individus: ils prétendent qu’il est moins lumineux, plus épais, plus lent dans les personnes d’une mauvaise santé ; ils le regardent quelquefois comme très malsain, et ils conseillent dqs’en faire débarrasser par d’autres, après avoir magné-

tisé certains malades. Par la même raison, ils éprouvent beaucoup de répugnance à toucher un vêtement, ou un mouchoir qui a été porté par une personne atteinte d’une maladie interne, à cause du mauvais fluide dont ces objets sont imprégnés. » Hist. critique du Magnétisme animal. 1819, t II,

Les docteurs Despine, Gharpignon, et avec eux tous les magnétiseurs, sont d’accord pour confirmer les observations de Deleuze.

Mais il n’y a pas que les somnambules et les malades magnétisés qui voient ces effluves. Presque tous les sensitifs les voient en raison directe de leur sensitivité, et d’autant mieux que l’obscurité est plus grande. Ge fait a été démontré jusqu’à l’évidence par de Reichenbach qui a consacré, pendant 30 ou 40 ans, la plus grande partie de son activité àcette étude. Après avoir constaté qu’un sensitif éprouve à la même main des effets différents en l’approchant des pôles d’un cristal, il pensa qu’ « il en rayonne et découle ce que la physique ne connaît pas encore, » et que dans une profonde obscurité les sensitifs «doivent être en état d’apercevoir quelque chose de ces émanations. » Pour s’en assurer, il porta un soir un grand cristal de roche chez une demoiselle sensitive à un haut degré. Dans deux chambres de celle-ci,* il fît l’obscurité parfaite, et dans l’une d’elles il déposa le crisfal. « Il ne se passa qu’un

peu de temps, ajoute-t-il, dans ses Lettres odiques, avant qu'elle me désigna le lieu où je Tavais déposé. Elle me dit que tout le corps du cristal était pénétré d’outre en outre par une fine lumière, et qu’au dessus de la pointe s’élevait une flamme bleue de la grandeur d’une main, ayant un mouvement ondulatoire et constant, parfois scintillant, en forme de tulipe et se perdant par le haut en fine vapeur. Lorsque je retournai le cristal, elle vit s’élever du côté obtus une fumée moite, rouge-jaune. Vous pouvez imaginer le plaisir que cette déclaration me fît. » (2e Let.J

Ce fut pour lui une véritable révélation ; et à partir de ce jour, dirigeant toutes ses recherches sur ce point, il marcha de surprise en surprise.

Il constata que le corps humain, comme celui des animaux, les plantes, les aimants, l’électricité, le magnétisme terrestre brillent d’une lumière bleue au pôle positif, d’une jaune-rouge au négatif; que le son, la chaleur, la lumière, le frottement, les décompositions chimiques, les métaux, etc., brillent d’une couleur quelconque, même quand on conduit leur action à distance sur un fîl. C’est ce que je vais démontrer aussi méthodiquement que possible.

Avant d’arriver à cette description, quelques mots sont encore nécessaires.

En 1882, je repris l’étude de de Reichenbach, en employant d’abord sa méthode, c’est-à-dire l’obs-

curilé complète, avec des sensitifs entièrement éveillés ; puis une autre méthode, qui consiste à mettre préalablement le sujet dans une phase de l’état somnambulique où il a les yeux ouverts, et dans une demi-obscurité.

Depuis, quelques observateurs ont étudié ces phénomènes. Je citerai seulement la Société de recherches psychiques de Londres, avec la méthode de de Reichenbach, le docteur Luys et le colonel de Rochas, avec la seconde méthode, qui est un peu celle de ce dernier.

Le docteur Luys observe que le côté droit du corps humain brille d’une couleur bleue, le côté gauche d'une couleur rouge. Les yeux, les oreilles, les narines, brillent des mêmes couleurs que les côtés correspondants ; et toutes les radiations sont d’autant plus intenses que les sujets sont plus forts et plus vigoureux. Quand d’un côté, l’ouïe est affaiblie, le conduit auditif externe de cette oreille dégage des effluves moins longs et moins brillants. Il constate que les effluves des yeux subsistent plusieurs heures après la mort et que si on ouvre le crâne d’un animal vivant, le lobe droit du cerveau brille d’une belle couleur bleue ; le lobe gauche, rouge, jusqu’à ce que la vie disparaisse complètement. Ce phénomène montre bien qu’il n’y a pas entrecroisement pour les actions magnétiques comme pour les actions sensitives et motrices. Le pôle positif de

la pile et de l’aimant brille bleu; le négatif rouge. Une bobine d’induction devient jaune quand elle est traversée par un courant. Chez les sujets hystériques des deux sexes, les effluves du côté droit deviennent violets ; quand il y a paralysie les colorations bleue, violette ou rouge sont pax semées de points noirs. Un poisson vivant hors de l’eau émet les mêmes radiations que l’homme et les autres animaux, mais quand il est dans l’eau ces radiations disparaissent.

Le docteur Luys ne paraît pas absolument fixé sur la nature de la coloration des côtés opposés du corps humain, car il publie des observations contradictoires entre elles : parfois le côté droit dégage des effluves rouges et le gauche des bleus.

A l’aide de Tophtalmoscope, il constate aussi que le fond de l’œil des sujets en état de voyance présente un phénomène d’éréthisme vasculaire extra-physiologique, et que les veines ont presque triplé de volume.

Le colonel de Rochas observe aussi cette inversion des couleurs, surtout quand le sujet est fatigué, mais moins fréquemment que Luys; et au point de vue physique, ses observations ont une plus grande importance. En collaboration avec « un physicien distingué » qui garde l’anonyme, • car il occupe une position officielle, de Rochas a publié sous ce titre, dans les Annales des sciences psychiques de mai-juin 1894 : Objectivité des efflu-

ves perçus sous forme de lumière dans üètal hypnotiquef un remarquable travail où ces phénomènes sont admirablement décrits.

Les deux expérimentateurs ont limité leur étude à la réalisation de trois principes de physique classique : l’aimantation par un courant, la réfraction et la polarisation de la lumière. « Pour écarter toute idée de suggestion même involontaire, les attributions des deux opérateurs étaient nettement séparées : M. de Rochas, s’occupait de placer le sujet dans l’état convenable ; M. G. exécutait les opérations h l’insu du sujet et aussi de M. de Rochas, sans s’occuper en aucune façon de la partie hypnotique. »

Il est bon de faire observer ici que M. de Rochas, tout en pratiquant le magnétisme le plus pur, se sert souvent pour le désigner des mots hypnotisme y hypnose^ qui sont impropres. Mais admirant la précision de la méthode de l’auteur, je ne veux pas critiquer celui-ci pour les mots qu’il emploie.

Les expérimentateurs avaient à leur disposition un remarquable sujet, Albert L.,qui, à cette qualité, joignait celle non moins précieuse de pouvoir « dessiner et peindre, au moment même de l’observation et d’après nature, les effluves qu’il disait apercevoir. »

Le premier principe est réalisé avec un électroaimant actionné au moyen d’une pile au bichromate de potasse à un iquide ; et les disposition

de l’appareil sont telles qu’on peut faire passer le courant dans un sens ou dans l’autre, le renverse: et le supprimer sans que le sujet s’en doute. Quelle que soit la façon dont l’électro-aimant fut actionné, le sujet voyait invariablement le polo positif briller d’une lumière bleue, le négatif d’une rouge. Quand on changeait le sens du courant, qui changeait les pôles de l’aimant, le sujet voyait d’abord une flamme rouge paraître dans la lumière bleue du pôle positif, une bleue dans la rouge du négatif ; et au bout de quelques instants, le bleu du premier prenait entièrement la place du rouge du second, et réciproquement.

Quand on supprimait le courant, toute coloration disparaissait.

« On chercha encore à supprimer le courant en relevant les zincs de la pile de façon à les amener hors du liquide : on pensait ainsi dérouter le sujet; puisque le courant ne devait plus exister, le sujet ne devait plus rien voir, Or, celui-ci déclara qu’il voyait toujours les deux effluves. La boussole fut approchée et indiqua qu’il y avait en effet, une polarisation encore énergique du noyau de fer, et, par conséquent, un courant très appréciable. On examine alors la pile, et il fut facile de constater que ce courant était dû à des gouttes de liquide qui avaient été entraînées par les zincs et qui étaient restées adhérentes aux pièces d’ébonite destinées à séparer les zincs des charbons ; ces gouttes étaient en contact

avec les zincs et les charbons, et suffiraient pour prolonger l’activité de la pile, ainsi que le montrait bien nettement le jeu du commutateur. »

Après avoir ainsi constaté un grand nombre de fois que le sujet voit invariablement le pôle positif de l’aimant briller d’une lumière bleue, le négatif d’une rouge, les expérimentateurs utilisèrent le principe de la réfraction de la lumière, qui permet de séparer et d’analyser les radiations lumineuses d’après leur longueur d’onde, en se servant d’un spectroscope composé d’un colimateur, d’un prisme et d’une lentille.

Les résultats étant conformes à ce qu’ils attendaient, les expérimentateurs passèrent ensuite à l’étude de la polarisation, au moyen de deux prismes de Nicol, montés sur pieds et pouvant chacun tourner dans sa monture autour de son axe. Comme dans les deux séries précédentes, la vue du sujet indique toujours que les rayons lumineux qui émanent des pôles de l’aimant, se polarisent comme ceux de la lumière.

En présence de ces résultats, les expérimentateurs résument ainsi leur étude :

« En résumé, nous croyons avoir établi les points suivants:

« 1® L’effluve est un phénomène réel.

» 2® La perception s’effectue par la voie de la rétine.

« 3o L’effluve présente : Certains caractères

généraux et coexistants : sa forme, qui est celle d’une projection de flamme, et la localisation de ces projections aux extrémités des corps lorsqu’ils ont une forme allongée: Certains caractères variables suivant les sujets : sa longueur, son intensité et sa coloration ; ces trois éléments constituent la caractéristique de chaque individu.

« 4^ L’aimantation détermine des effluves aux extrémités d'une pièce de fer on forme de barreau ou de fer à cheval; ces effluves sont passagers dans le fer doux, et permanents dans l’acier ; la coloration de chaque pôle dépend du sens de propagation du courant aimantant; elle est la même que celle de l’effluve du pôle aimantant au contact.

« 5® La caractéristique de chaque sujet est fonction de l’état de l’hypnose.

« 00 La suggestion peut altérer dans un certaine mesure, la description de l’effluve ; il faut donc employer les plus grandes précautions pour se métré à l’abri de cette cause d’erreur.

(( 7° La production et la perception de l’effluve peuvent s’expliquer par nos connaissances scientifiques actuelles. »

Nous avons donc deux méthodes pour étudier les curieuses manifestations de l’énergie: !• La méthode de M. de Rochas, dans une demi-obscurité, les sujets étant dans une phase spéciale de l’état somnambulique ; 2o Celle de de Reichen-

bach, dans l’obscurité complète, les sujets entièrement éveillés. On peut néanmoins se contenter d’agir seulement sur les yeux du sujet, comme le fait Luys, mais la méthode me paraît défectueuse.

Ces deux méthodes n’offrent pas les mêmes avantages. Pour la P®, il faut déjà être très familiarisé avec tous les phénomènes du magnétisme, parfaitement connaître les états du sommeil et les phases diverses de ces états; tandis qu’on peut faire cette étude avec la seconde sans rien connaître du magnétisme. Il n’y a qu'à s’enfermer dans la chambre obscure avec un certain nombre de personnes ; et au bout d’un temps plus ou moins long, celles qui sont sensitives, voient plus ou moins distinctement.

Un bon sensitif, entraîné à ce genre d’expériences, voit beaucoup mieux éveillé dans la chambre obscure, qu’endormi dans une demiobscurité. Si, dans le premier cas, il voit les effluves d’un aimant placé verticalement atteindre 2 ou 3 mètres de longueur et éclairer le plafond, il ne les voit plus que de 30 ou 40 centimètres dans le second.

Dans l’obscurité, il voit parfaitement presque toutes les nuances de l’arc-en-ciel se détacher dans les couleurs générales de chaque pôle, tandis qu’il en distingue à peine quelques-unes dans une demi-obscurité.

Endormi, le sujet se fatigue vite; et quand il

est fatigué, ou même sans fatigue apparente, vers la fin d’une longue séance, il voit moins bien, voit parfois à l’inverse de ce qu’il voyait quand 11 était bien disposé, ou ne voit même plus du tout. 11 faut donc le réveiller souvent, le laisser se reposer, le rendormir pour continuer, et cesser quand on s’aperçoit de la moindre fatigue. Dans l’obscurité, au contraire, il voit de mieux en mieux et ne se fatigue pas ; ou s’il y a chez lui fatigue réelle ou apparente, cet état ne fait qu’accroître l’acuité de la vision.

Endormis, quoique très peu suggestibles, presque tous les sujets sont néanmoins plus ou moins aptes à être suggérés, et leur imagination possède un champ beaucoup plus étendu, qui peut faire varier plus ou moins les résultats des expériences. Il n’en est pas ainsi à l’état de veille.

Pour ceux qui veulent suivre la première méthode, il est nécessaire de donner quelques indications sur l’état dans lequel le sujet doit être pour pour voir les effluves.

Dans le § V du ch. III, j’ai décrit sommairement les états du sommeil magnétique, mais je n’ai rien dit des phases, c’est-à-dire des subdivisions de ces états. Or, l’état somnambulique nous présente 7 phases distinctes ayant chacune ses caractères particuliers.

A l’instant où le sujet, sous l’action des passes

ou de riinposition de la main droite au front, passe de l’état cataleptique à l’état somnambulique, il est en rapport avec le magnétiseur, et n’entend que lui et les personnes avec lesquelles celui-ci le met en rapport par le contact. C’est la première phase. Si on fait quelques passes de plus, très doucement, ou que l’on présente la main droite au front, pendant un temps qui peut varier de 10 à 30 secondes, on remarque un petit tressaillement se produisant dans tout son être, indiquant qu’il arrive à la seconde phase. Là, le rapport continue; et si, en touchant le sujet, le magnétiseur se pince, celui-là ressent la douleur au point correspondant. C’est la sympathie au contact. En continuant l’action sur le sujet, un nouveau tressaillement se produit bientôt, indiquant que celui-ci franchit la 3® phase. Le rapport continue; et sans toucher le sujet si le magnétiseur se pince, celui-là ressent la douleur au point correspondant. C’est la 4e phase, dite de sympathie à distance. En continuant encore l’action, nouveau tressaillement, et le sujet arrive à la 5« phase; à \d.luctdltè y eux fermés. C’est le somnambulisme des magnétiseurs et somnambules consultants.

Le rapport a toujours lieu, mais les phénomènes observés précédemment ne se produisent plus.

Continuant encore l’action qui endort le sujet de plus en plus profondément, on observe de nouveau le tressaillement précédent et le sujet entre dans la 6® phase. Là, on le prie.d ouvrir les yeux, ce

qu’il fait généralement sans effort; le rapport cesse, et il est en état capable de voir les effluves qui se dégagent des corps: c’est la lucidité yeux ouoerts.

Expérimentant dans la chambre obscure, certaines précautions sont néanmoins nécessaires.

11 faut d’abord que l’obscurité soit absolue, car le plus petit rayon lumineux pénétrant du dehors, trouble la vue des voyants, qui devient moins parfaite et peut même momentanément cesser complètement. Donc, autant que possible, pendant toute la durée des séances, la porte doit rester fermée ; dans tous les cas, les voyants ne doivent pas sortir.

En entrant dans la chambre obscure, on ne voit absolument rien. Au bout d’un temps plus ou moins long, les corps commencent à paraître lumineux ; et quand l’œil est complètement débarrassé des impressions lumineuses qu’il avait conservées, les nuances apparaissent, peu intenses d’abord, pour devenir d’autant plus nettes que les séances sont plus longues et plus souvent répétées. Là, et sans aucun effort, l’œil du voyant acquiert peu à peu une acuité dont , an se fait difflcilement une idée.

La vue est toujours plus parfaite si, au lieu d’avoir marché longtemps au soleil, le sujet s’est tenu à l’ombre.

Pour les deux méthodes, les sujets doivent

être en bon état de santé, et ne pas être fatigués par le Iravad ou la marche. On ne doit pas les toucher, ne les approcher ({ue le moins possible et leur laisser la plus grande liberté d’action.

Toute impression agréable favorise l’acuité de la vue, toute impression désagréable la diminue.

En général, les sujets voient mieux au milieu d’un grand, salon parqueté que dans une petite chambre dallée ou carrelée.

Comme le courant magnétique de la terre agit avec beaucoup d’énergie sur des sensitifs, ils voient généralement mieux quand ils sont tournés la face au nord que lorsqu’ils regardent les autres points de l’horizon.

Dans tous les cas, les sujets doivent être considérés comme des instruments de précision dont il ne faut se servir qu'avec la plus grande précaution.

C’est à ces conditions que Ton obtient, dans leur majestueuse beauté, les merveilleux effets que je vais décrii e.

Après avoir constaté la polarité du corps humain par les actions que les mains, les yeux, le souffle, etc., d'un individu exercent sur les différentes parties de l’organisme d’un autre individu,, tout en constatant une polarité analogue dans l’aimant, l’électricité, la chaleur, la lumière, le mouvement, etc,, jusque dans les coips inertes, nous avons autant de fois vérifié cette étrange disposition de notre corps matériel. Partout, les

résultats obtenus se sont confirmés les uns par les autres ; mais la plus éclatante confirmation va être fournie par Tétude de la Lumière magnétique^ c’est-à-dire par les effluves lumineux qui se dégagent, non seulement du corps de l’homme, des animaux, des végétaux, des minéraux, mais aussi de tous les agents de la nature.

Pour cela, en employant le plus souvent la méthode de de Reichenbach, nous allons reprendre méthodiquement Fobjet de chacun des principaux chapitres de cet ouvrage, en commençant par le corps humain.

§1. — Le Corps humain.

Pénétrons dans la chambre obscure avec un certain nombre de personnes des deux sexes, choisies de préférence parmi celles qui, nerveuses et impressionnables, sont mal à leur aise à l’église, aiment le bleu et détestent le jaune, dorment mal sur le côté gauche, la tête au sud ou à l’ouest, ou mieux encore avec 3 ou 4 des sensitifs que nous connaissons par les expériences précédentes. La porte fermée, et le moindre rayon lumineux ne pénétrant pas du dehors, restons là tranquillement et attendons que la lumière se fasse.

Si nous avons de bons sensitifs, notre patience ne restera pas longtemps à l’épreuve. Au bout de 10 à 15 minutes, nous apprendrons que nos yeux

deviennent visibles, que notre silhouette se détache dans l’obscurité et apparaît à la vue du sensitif sous une forme indécise, vaporeuse et blanchâtre.

Il est bon d’observer qu’il n’y a que les meilleurs sensitifs qui puissent voir une forme appréciable dans un laps de temps aussi court.

Les sensitifs ordinaires ne distinguent que fort peu de chose au bout d’une heure, et il faut souvent plusieurs séances de 2 à 3 heures pour que les personnes douées d’une sensitivité médiocre puissent apercevoir la forme de ceux qui les entourent.

Gomme nous avons besoin d’aller vite, tout en obtenant des résultats précis, restons avec le meilleur sensitif et prions-le de nous faire part de ce qu’il verra,

— Dans cette forme indécise, nos traits se dessineront bientôt dans toute leur pureté et notre corps apparaîtra dans une blanche incandescence. Les mains paraitront plus grosses et surtout plus longues qu’elles ne le sont réellement ; les dernières phalanges des doigts et surtout la racine des ongles seront plus claires, et ces doigts se termineront par un prolongement brillant, comme le montre la fig. 45, qui fut dessinée par l’un des voyants de Reichenbach.

Au fur et â mesure que l’œil se débarrasse de l’excitation produite par la lumière dans laquelle

il a été plongé avant de pénétrer dans la chambre obscure, le voyant voit apparaître dans cette lumière blanchâtre des teintes différentes qui se aractérisent de plus en plus. Une sorte d’auréole, dans laquelle plusieurs couleurs paraissent s’entremêler, se montre au-dessus de nos têtes, qui brillent elles-mêmes d’un éclat particulier. Les côtés latéraux du corps, depuis le bord supérieur

Fiü. 15 — Effluves se dégageant des doigts

des temporaux jusqu’aux extrémités des mains et despieds,paraissentbleusà droite,jaunes a gauche. La lumière bleue du côté droit et la jaune du gauche semblent s^avancer vers la ligne médiane pour se confondre; et sur les côtés latéraux, comme aux extrémités, les couleurs passent à l'indigo et à l'orangé.

Quand toute excitation a disparu de l’œil, au bout d’une heure environ, le sujet voit le devant du corps briller d’une couleur qu’il n’avait pas encore perçue. Il lui semblait d’abord que la ligne médiane — le front, la ligne du nez, la pointe du menton, le sternum, la colonne vertébrale — brillait d’une lumière indécise, provenant du mélange, ou plutôt de la juxtaposition du bleu et du jaune, mais il voit bientôt distinctement une bande d’un bleu très vif, large de 3 à 5 centimètres, prendre naissance vers le bord supérieur du frontal, diminuer la largeur et suivre la ligne du nez, sous la forme d’un filet très brillant. A quelques millimètres au-dessous des ailes du nez, ce filet s’élargit considérablement et couvre toute la lèvre supérieure où il paraît se terminer. Cette teinte bleu reparaît à la pointe du menton, suit le digastrique, la ligne des sterno-hyoïdiens, le sternum, où elle est large de 5 centimètre, et, en s’affaiblissant, elle arrive jusqu'au nombril, où elle disparait à peu près complètement. Par derrière, une bande jaune-pâle, large de 4 à 5 centimètre part de la région coccygienne, remonte la colonne vertébrale et devient de plus en plus brillante jusqu’au cervelet. Là, le phénomène se complique, et la colonne vertébrale présente un spectacle aussi curieux qu'inattendu. Au milieu de cette bande jaune, il se détache une bandelette large d’un centimètre environ, qui semble briller d’une couleur bleuâtre d’un aspect tout particulier.

En examinant attentivement, le sujet reconnaît la présence de plusieurs couleurs plus ou moins vives qui se fondent, pâlissent et tendent à disparaître dans les reflets du bleu. Ces couleurs secondaires sont disposées en minces filets, les unes à côté des autres, dans Tordre où la nature les a placées dans Tarc-en-ciel. A la base du cervelet, cette bandelette s’élargit et les filets colorés semblent s’entre-mêler circulairement en repoussant le jaune à droite et h gauche jusqu’à environ un centimètre au-dessus du bord supérieur del’occipital, où elle se termine sous la forme d’un cordon jaune-orangé très vif. Une sorte de circulation s’établit entre cette lumière jaune et la bleue de la région frontale, et leur mélange donne naissance à un vert très brillant qui couvre toute la partie supérieure de la tête, sur une largeur de 5 à6 centimètres.

L’examen de Taxe antéro-postérieur nous confirme l’existence d’un axe polaire autour de la bouche que j’ai déjà signalé au § III du ch. IV. Si la lèvre supérieure brille bleu, l’inférieure brille d’un beau jaune-clair.

Au premier examen d’ensemble, le côté droit parait entièrement bleu, le gauche entièrement jaune ; mais au fur et à mesure que la vue devient plus parfaite, le voyant aperçoit des bandes longitudinales de nuances différentes qui se fondent les unes dans les autres et tendent à disparaître,

à droite dans les reflets du bleu, à gauche dans ceux du jaune.

Les bras présentent isolément le même aspect que les deux côtés du corps auxquels ils appartiennent. Le bras droit paraît d’abord entièrement bleu, le gauche entièrement jaune ; mais, comme le tronc, ils paraissent bientôt briller des deux couleurs principales qui caractérisent la polarité. Allongés, la paume de la main en arrière, le voyant remarque dans le bleu-indigo du bras droit une petite bande jaune sur toute la longueur du côté interne, c’est-à-dire du pouce; et dans le jaune-orangé du gauche, une petit bande bleue, sur tout le côté du petit doigt.

Chaque doigt paraît plus ou moins bleu du côté du petit doigt, plus ou moins jaune du côté du pouce. Le bout des doigts les plus positifs brille d’une vive lumière indigo, qui paraît même violette chez quelques individus, et de chaque extrémité sort un effluve d’un bleu-indigo très brillant, qui atteint parfois 8 ou 10 centimètres de longueur. Le bout des doigts les plus négatifs brille d’un beau jaune qui passe à l’orangé et parfois au rouge clair vers la racine de l’ongle, et de chaque extrémité jaillit un effluve jaune-orangé de même longueur qu’aux doigts positifs.

La face palmaire de la main droite brille d’un bleu-indigo très brillant; la face dorsale est jauneclair. La face palmaire de la gauche brille d’un

sttperbe jaune-orangé; la face dorsale est bleuclair.

Les jambes et les pieds présentent à la vue les mêmes particularités que les bras et les mains du même côté.

L’œil droit lance continuellement un faisceau de rayons bleu-indigo, dans lequel on remarque souvent des rayons violets; le gauche, un faisceau de rayons jaune-orangé parmi lesquels on re- :marque parfois des rayons rouges. Ces faisceaux atteignent souvent une longueur de deux mètres.

De l’oreille droite, il jaillit conslamment des houppes de lumière bleue ; de la gauche, des houppes de lumière jaune.

Chac^ue mouvement respiratoire projette par la narine droite un petit faisceau de rayons bleus ; par la gauche, un faisceau analogue de rayons jaunes.

Le son de la voix est toujours visible sous forme lumineuse. En général, quand le son de la voix est aigü, la couleur est bleu-indigo ; les sons nasillards sont bleu-gris ou rouges. Le sifflement est d’un bleu-indigo très vif. Quand le son est très aigu, il paraît violet.

L’haleine sort de la* bouche sous forme de houppes d’un gris bleuâtre. Le souffle chaud est gris bleu ; le souffle froid, lancé en serrant les lè-

vres comme pour éteindre une bougie^ est jauneclair.

Quand on frappe dans ses mains, il jaillit instantanément une gerbe de lumière verte qui se projette d’autant plus loin, que l’on a frappé plus fort.

Les couleurs de l’axe latéral du corps sont inverses chez les gauchers: le côté droit brille jaune-orangé; le gauche, bleu-indigo.

La lumière de l’homme n’est pas identique à celle de la femme. A droite, Fhomme brille d’un bleu-indigo plus vif, plus intense que celui de sa compagne ; tandis qu’à gauche, la lumière de celle-ci, est d’un jaune-orangé plus vif, plus actif que celui de l’homme.

Quand l’équilibre de la santé est rompu, les couleurs sont plus ou moins modifiées. En général, dans les maladies caractérisées par une augmentation de l’activité organique, elles sont plus brillantes, plus scintillantes, comme si elles étaient la conséquence d’une combustion plus active, et souvent le bleu passe à l’indigo et même au violet. Quand elles sont au contraire caractérisées par une diminution de l’activité organique, comme dans les paralysies, les couleurs sont plus pâles et l’orangé devient d’un jaune d’autant plus clair que l’énergie est moins grande. Quand il y a des lésions graves, comme

dans le cancer, la phtisie, l’ataxie locomotrice, ces lésions deviennent visibles sous la forme de plaques sombres entourées d’une auréole très lumineuse dans laquelle le vert apparait plus ou moins.

Quelques personnes nerveuses sont zébrées obliquement par des bandes jaunes et bleues.

Quand les expériences sont souvent répétées, la vue du sujet atteint un degré de perfection dont on peut difficilement se faire une idée. Le corps humain devient entièrement lumineux et d'une transparence particulièrement remarquable. A travers les vêtements, on distingue tous les organes. Le sang apparaît avec la couleur qui lui est propre, mais son mouvement produit une lumière d’un bleu très clair qui illumine tous les vaisseaux de la circulation, et les nerfs sont particulièrement brillants. Les courants de l’organisme, qui semblent toujours cheminer dans le même sens, avec les mêmes couleurs, sont perçus dans les profondeurs de la machine humaine, et un coin du voile qui couvre le fonctionnement de la vie organique se soulève. Les manifestations de la pensée et de la volonté paraissent même appréciables par des nuances différentes et par des sortes d’ondulations qui emportent au loin les mouvemonts vibratoires du cerveau.

Ces phénomènes que l’on peut très facilement

obtenir en observant toutes les conditions que j’ai énumérées, confirment d’une façon absolue la théorie de la polarité du corps humain, telle que je l’ai établie au ch. IV de cet ouvrage. Les analogies sont frappantes et parlent assez d’ellesmêmes pour me dispenser de faire ici le moindre commentaire; car si on soumet le sujet à l’action de l’un des faisceaux de lumière bleue ou jaune qui s’échappent de nos mains, les rapports de cause à effet se montrent visibles dans toute leur simplicité, et toute explication devient superflue.

Chez certains sujets, l’acuité de la vue peut atteindre un tel degré de perfection, que l’imagination reste confondue. Ils voient le corps humain à distance et à travers les corps opaques.

« Un de mes sensitifs attendait, dit de Reichenbach, dans la chambre noire, le moment ou sa puissance visuelle aurait atteint l’intensité maximum. A côté de lui, séparé par une cloison en briques, se trouvait un pupitre sur lequel je m’occupais en attendant. Cette personne ne fut pas peu étonnée d’apercevoir, sur le mur derrière lequel je me trouvais, ma silhouette qui se découpait brillante, et qui reproduisait exactement tous mes mouvements. — Un escalier, ménagé dans un autre bâtiment, conduisait dans la cham bre obscure et cela tout contre le mur qui séparait les deux corps de logis. Si pendant qu’une

personne bien sensible restait dans l’obscurité, je me déplaçais sur cet escalier, elle voyait mon image se mouvoir sur la face intérieure du mur. D’autres sensitifs voyaient, lorsque quelqu’un se promenait au-dessus delà chambre, une tache lumineuse prendre naissance à chaque pas. Une sensitive couchée dans une pièce très obscure, voyait des taches ovales lumineuses se produire sur le plancher de sa chambre. Elle s’en effraya, et lorsqu’on regarda la chose d^. prés, on se rendit corniste que l’apparition de ces taches coïncidait avec le mouvement d’une personne habitant la chambre de dessous. » (Le Fluide des magn. p. 85.)

L’œil des sensitifs peut donc voir à travers les corps opaques, mieux encore que les rayons Rœntgen de l’empoule de Grookes, autour desquels on fait tant de bruit depuis quelques mois. Puisque le corps humain émet des radiations lumineuses pour certains d’entre nous, la photographie devrait les percevoir; mais elles paraissent peu susceptibles d’impressionner la plaque sensible, même par une ^ longue pose dans l’obscur rité, ce qui démontre que l’œil du sensitif exercé par l’habitude, est beaucoup plus puissant que l^œll du savant.

Pourtant, le docteur de Narkiewiczlodko, conseiller de VInslilui impérial de médecine eœpéri^ mentale de Saint-Pétersbourg, correspondant

d’honneur de la Société magnétique de France^ obtient la photographia^ de ces radiations dans une obscurité relative et sans objectif, à Taide de son procédé électrographique.

Il possède aujourd’hui au moins 1,500 clichés montrant ces radiations lumineuses dans les principales conditions de la vie. Sur l’un, on voit que la main d’une jeune fille très anémique ne dégage que de faibles et courtes radiations, fig. 46. Un autre, fig. 47, montre que celle d’une jeune fille bien portante mais nerveuse en dégage de plus longues. Un 3«, fig. 48, indique que la main d’un j eune homme sensuel irradié dans toutes les directions des effluves nombreux, longs et fins. Un 4®, fig. 49, fait voir que les radiations des mains de noms contraires d’hommes et de femmes s’attirent, tandis que d’autres montrent que les mêmes radiations se repoussent quand les mains présentées l’une à l’autre sont de même nom.

Les pieds dégagent des radiations analogues à celles des mains, mais elles sont un peu plus longues. •

Les lois du magnétisme humain que j’ai'formulées, après avoir été vérifiées dans la chambre obscure par la vue des sensitifs, le sont donc une fois encore par la photographie.

Les procédés du docteur de Narkiewicz lodko, qui reposent sur une étude de vingt années, sont trop

compliqués pour que le premier venu puisse obtenir ces photographies. Il faut d’abord connaître la tension électrique du corps humain et celle de Tatmosphère, afin de régler lès conditions de l’opération. Quand celles-ci sont établies, une pile fournissant un courant de 1 à 2 volts actionne une bobine de Ruhmkorff dont l’un des fils reste en communication avec l’air atmosphérique, tandis que l’autre se termine par un tube de verre dans lequel il est scellé.Ges dernières dispositions étant prises, on passe dans la chambre obscure. Le tube isolateur est posé sur la table ; et une plaque sensible appliquée dessus, par son côté non préparé. On applique deesus la main à électrographier, et dès que l’appareil est en activité, des étincelles jaillissent du tube et l’empreinte photographique se prend d’elle-même presque instantanément.

§ II. — L'Aimant.

Dans la chambre obscure l’aimant est particulièrement remarquable, surtout quand il est puissant.

Dans presque toutes mes expériences, j’ai employé un fer à cheval composé de 12 lames, pouvant porter 100 kilogrammes. Il était posé sur une table, ou sur le parquet, les pôles dirigés soit verticalement vers le ciel, soit horizontalement, à plat sur les deux branches, ou sur une

seule, dans les différentes positions qu’on peut lui faire prendre.

Avec un aimant de cette force^placé verticalement, au bout de une heure à une heure et demie

Fig. 50. — Radiations d*un aimant en fer a cheval

d’attente, un faible sensitif aperçoit un faisceau lumineux s’échapper de chaque pôle et s’élever en suivant le prolongement des branches, comme l’indique la fîg. 50, dessinée par un des voyants de Reichenbach. Le faisceau qui s’échappe du pôle positif est bleu, celui du négatif est jaune, et leur hauteur atteint de 40 à 60 centimètres. Cette hauteur atteint de 1 mètre à 1 mètre 50 pour un sensitif moyen; ils sont bleu-indigo et jaune-orangé, avec des rayons dont la nuance n’est pas nettement caractérisée. Pour un très bon' sensitif, ils

s’élèvent jusqu’au plafond qu’ils éclairent dans tous les sens, sur un rayon de 1 mètre à 1 mètre 50. Les deux faisceaux montent parallèlement Vun à l’autre, sans s’attirer ni se repousser. Le positif, qui est le plus intense, brille bleu-indigo, avec des rayons violets et verts ; le négatif est jaune-orangé avec des rayons rouges et gris; mais dans chaque faisceau, ces derniers rayons, plus ou moins nombreux, sont pâles et tendent à disparaître dans les reflets du bleu et du jaune. En examinant attentivement, on remarque même dans la lumière de chaque pôle les 7 copieurs du prisme. Des étincelles brillantes jaillissent des pôles de l’aimant, et montent en scintillant jusqu’au plafond. La lumière de ce double faisceau est assez intense pour éclairer toute la chambre et même pour permettre de lire un journal. L’aimant luimême est presque entièrement lumineux, surtout vers les pôles ; les fêlures et les défauts qui peuvent être cachés à l’intérieur de la masse métallique deviennent également appréciables.

En plaçant sur les pôles de l’aimant un grand cornet de carton coupé vers la partie la plus étroite pour laisser une ouverture de 5 à 6 centimètres de diamètre, les deux faisceaux se réunissent en un seul et les rayons des différentes couleurs observées d’abord dans les faisceaux séparés se rangent dans un ordre déterminé et toujours le même par rapport aux différents points de l’horizon, comme nous allons bientôt en être informés.

En plaçant dans la colonne lumineuse au-dessus de l’ouverture du cornet une bande de tôle ou de carton de 7 à 8 centimètres de large sur 25 à 50 de long, dont les extrémités, terminées en pointes, sont recourbés vers le haut, la bande devient entièrement lumineuse et la colonne se divise en deux faisceaux qui s’échappent par les pointes. Les couleurs ne sont pas les mêmes à chaque pointe, mais elles changent de nuances si on change la direction de la bande par rapport aux différenis points de l'horizon. Dans le méridien,la pointe N est bleu-indigo avec des rayons violets et verts; la pointe S est rouge avec des rayons gris et orangés. De l’esta rouestja pointe E est grise avec des rayons violets, celle de l’ouest est jaune avec de l'orangé et du vert.

Si nous remplaçons cette bande par une plaque carrée de 25 à 30 cenlitnètres de côté, ayant les angles également relevés, la colonne lumineuse se divise en quatre faisceaux qui brillent d’autant de couleurs principales. Le bleu indigo mêlé de rayons violets et verts est au nord; le jaune à l’ouest, avec des rayons verts et orangés; le rouge au sud avec des rayons orangés et d’autres d’ua gris foncé; l’est brille gris-clair.

Si on fait tourner lentement la plaque pour amener à l’ouest la pointe qui était au nord, les faisceaux lumineux suivent d’abord chaque pointa jusqu’à ce qu’elle ait décrit environ 50®, puis ils

l’abandonnent pour reprendre leur place respective par l'apport aux quatre points cardinaux c’est-à-dire que le bleu qui avait tourné jusque vers le nord-ouest en allant vers l’ouest se reporte sur la pointe qui arrive au nord, et les trois autres se comportent delà même façon.

Ce phénomène est plus remarquable encore si on remplace la plaque carrée par une ronde.

Gomme les premières, elle s’illumine dans toute son étendue, la circonférence brille d’un éclat beaucoup plus vif, et une infinité de rayons colorés jaillissent de toutes parts. Le violet apparaît au nord-est, l’indigo au nord-nord-est, le bleu au nord, le vert au nord-ouest, le jaune à l’ouest, l’orangé au sud-ouest et le rouge au sud. Le sudouest est gris-foncé; l’est, gris-clair.

En tournant lentement la plaque, les couleurs ondulent légèrement,attirées d’abord dans le sens du mouvement, puis elles reprennent leurs places respectives, sans qu’on puisse les déplacer de plus de 5 à 6 degrés.

La lumière magnétique nous présente donc ici le spectacle le plus inattendu. Non seulement on observe le phénomène de la dispersion, mais on remarque encore un véritable spectre horizontal, fig.ol, avec toutes les couleurs du spectre solaire ; et, de plus, ces couleurs sont rangées dans le même ordre avec leurs nuances les plus variées.

Les rayons de l’infra-rouge qui brillent gris-

toncé et ceux de riiltra-violet qui sont gris-clair se rejoignent vers l’est pour former une palette circulaire de toutes les couleurs qui impressionnent notre rétine.

Bleu

Fig. 51. — Spectre de la lumière .magnétique

Dans les chapitrés traitant du Magnétisme de la chaleur, nous avons constaté dans le courant de chauffement, que l’action d’une région située vers le nord-ouest détermine des effets successifs de sommeil et de réveil, de contracture et de paralysie que nous ne savions pas expliquer.

Ayant observé depuis, en étudiant le Magnétisme de la lumière^ que le vert détermine ces effets,

comme les deux pôles réunis de l’aimant, de la pile et du corps humain, nous possédons maintenant une explication confïrmative suffisamment éloquente pour ne pas en chercher d’autres.

Quand l’aimant est placé à plat sur la table, les faisceaux lumineux se dirigent horizontalement; et si nous couvrons les deux pôles avec le cornet des observations précédentes, les deux faisceaux se réunissent également en un seul; et, quelle que soit la position des branches de l’aimant Tune par rapport à l’autre, lés couleurs se rangent encore dans le même ordre. En les recevant sur un écran, on remarque que le rouge se place en bas, avec des rayons d’un gris foncé, ,comme s’ils étaient les plus pesants; l’orangé, le jaune,

Fig. 52. — Spectre de la lumière magnétique

le veit, le bleu, l'indigo et le violet avec des rayons gris-clair, se placent successivement audessus.

Nous observons donc encore ici un spectre lu-

mineux dont les couleurs sont disposées horizontalement les unes au-dessus des autres, dans un plan vertical, comme l’indique la fîg. 52.

Fig. 53. — Les effluves de même nom se repoussent

Les deux faisceaux lumineux qui s’échappent des pôles d’un aimant en forme de fer à cheval, ne paraissent pas exercer d’action bien appréciable l’un sur l’aulre; mais il n’en est pas d

même des faisceaux provenant d’aimants différents.

Fig. 54. — Les effluves de même nom s’attirent

Les faisceaux de même couleur se repoussent, fig.53 ; ceux de couleurs contraires s’attirent, fîg. 54.

Si on applique un corps quelconque sur l’un des pôles d’un barreau aimanté, la lumière de celui-ci s’infléchit et suit en partie le corps qui l’empêche de s'élever normalement, comme le montre la fîg. 55.

Ces trois figures, tirées de Touvrage du colonel de Rochas, sur VObjectivité des effluees, ont été dessinées d’après nature par son sujet Laurent et peintes à l’aquarelle, mais la reproduction typographique ne peut en donner qu’une faibleidée.

Fig. 55. — La lumière magnétique ne traverse pas les CORPS'QU-E l’on applique DESSUS

Les clichés obtenus par le docteur deNarkiewicz lodko, à l’aide de son procédé électrographique, montrent également ces actions attractive et répulsive. La fîg. 56 représente deux de mes barreaux magnétiques présentés l’un à l’autre par leurs pôles de noms contraires. On voit que les effluves, longs et fins, s’irradient en tous sens, surtout dans la direction des lignes de force, et qu’ils sont réciproquement attirés d’un pôle à l’autre.

La plaque sensible peut-elle être directement impressionnée par les radiations de l’aimant

quand il agit seul? — J’ai essayé plusieurs fois avec des plaques au gélatino-bromure sans y parvenir. En employant des plaques iodées, de Reiclienbach y est parvenu.

«M. Karl Schuh, professeur libre de physique à Vienne, bien connu par ses travaux sur le microscope. à gaz et par son habileté en daguerréotypie, dit-il, voulut bien me prêter son concours. Il mit dans une chambre noire une plaque iodée en face de laquelle on plaça un aimant ouvert ; en même temps il disposait de même une autre plaque dans une autre chambre noire, mais sans aimant.

« Après quelques heures, il reconnut que la première plaque, après avoir été traitée par les vapeurs mercurielles, avait été affectée par la lumière, tandis que la seconde ne l’avait pas été; mais la différence entre les deux était peu marquée. Pour mieux voir l’effet, il prit l’aimant, l’appliqua sur une plaque iodée, en prenant les plus grandes précautions pour éviter la moindre trace de lumière pendant la manipulation à laquelle j^assistai ; il plaça le tout dans une boîte qu’gn glissa entre d'épais matelas et qu’on laissa là pendant 64 heures. Re^Drise dans l'obscurité et exposée à la vapeur mercurielle, la plaque laissa voir le plein effet de la lumière qu'elle avait reçue sur toute sa surface. Il est donc évident, à moins que dCautres causes ne soient capables daffecter les plaques photographiques ap^'ès un temps con-

Fld. 5). — LliS El^FLUVE.'^ DE XOM^ CONTRA-IRES S*ATTIRENT

sidérable^ qu’une lumière, faible, il est vrai, e d’action lente, se dégage de Faimant. » {Le Fluide des Magnétiseurs J p. 155.)

La lumière magnétique présente donc les analogies les plus frappantes avec la lumière qui impressionne notre rétine. Cherchons encore d’autres analogies.

Cette lumière donne lieu à des ombres parfaitement limitées quand on interpose la main, un livre, un écran quelconque entre elle et les objets éclairés.

En soufflant dessus ou en produisant un courant d’air en agitant un éventail, elle ondule comme la flamme d’une bougie.

Si on déplace l’aimant, en suivant celui-ci, elle se courbe et reprend lentement sa position normale dans le prolongement des pôles, après avoir exécuté quelques mouvements ondulatoires.

En plongeant un doigt, une baguette ou un objet de faibles dimensions dans la colonne lumineuse, celle-ci se divise, contourne l’objet et se reforme à quelques centimètres au-dessus, en laissant un petit espace sombre ; mais si l’on place un livre ou une planche de 8 à 10 centimètres de largeur, les deux parties séparées continuant leur marche parallèlement l’une à l’autre sans se rejoindre.

Presque tous les corps placés dans la co-

lonne lumineuse deviennent eux-mêmes entièrement lumineux.

Si on fait tomber obliquement un faisceau de rayons sur une surface polie, une glace, par exemple, presque tous les rayons sont réfléchis en vertu des lois qui régissent la réflexion des rayons lumineux.

En tombant sur une lentille bi-convexe, les rayons sont réfractés comme les rayons lumineux et viennent se concentrer au foyer de la lentille ; mais on remarque que la distance de ce foyer est plus éloigné qu’avec les rayons lumineux. Dans les lentilles divergentes, la réfraction paraît à peu près analogue à celle de la lumière qui impressionne notre rétine.

Si on fait tomber le faisceau lumineux sur un prisme, il se décompose et forme un spectre coloré qui n’est pas sans analogie avec la lumière du soleil j mais le cône dans lequel les rayons de chaque couleur se réfracte est beaucoup plus grand, ce qui nous indique que certaines couleurs sont beaucoup plus réfrangibles que celles de la lumière solaire.

Les couleurs du spectre magnétique sont simples, ou du moins indécomposables par les moyens ordinaires. Ainsi, si Ton reçoit l’une d’elles sur une petite glace et qu’on la refléchisse sur un second prisme en la concentrant au foyer

d’une lentille bi-convexe, elle se réfracte, mais ne donne pas lieu à un nouveau spectre.

Si on réunit les couleurs du spectre magnétique et qu’on les fasse passer à travers une lentille bi-convexe, une lumière d’un blanc étincelant apparait au foyer.

Le thermomètre le plus délicat et les réactifs chimiques employés en physique ne sont pas affectés par ces divers rayons. Mais le violet, l'indigo, le bleu et le rouge, qui sont positifs, sont perçus par les sensitifs sous forme de chaleur, ou plutôt de tiédeur désagréable à droite et de fraicheur très agréable à gauche ; tandis que l’orangé et Le jaune, qui sont négatifs, déterminent des effets

peu près inverses sur les mêmes côtés du corps. Une substance quelconque, de l’eau, par exemple, soumise pendant quelques minutes à l’action des premiers paraît acidulée, fraîche, légère, agréable au goût des sensitifs, qui la boivent avec satisfaction ; tandis que sous l’action des seconds, elle est alcaline, tiède, fade, nauséeuse, etle sujet ne la goûte qu’avec répugnance, sans toutefois que le plus habile chimiste puisse trouver le moindre changement dans la nature de l’une et de l’autre.

Enfin, la lumière magnétique est perçue par la veie de la rétine, car si le sensitif ferme les yeux, il ne voit absolument rien. La voyance des sensi*

tifs n’a donc rien de commun avec la lucidité des somnambules.

§ IIl. — Le Magnétisme terrestre

Le Magnétisme terrestre est partout et on ne peut le saisir nulle part. On constate sa présence sur l’aiguille aimantée ; mais il paraît impossible de le voir. Au ch. VI, en nous servant d’une tige quelconque, nous sommes déjà parvenus à l’accumuler, à le condenser d’une façon suffisante pour le rendre appréciable aux sensitifs par des impressions de tiédeur et de fraîcheur, par de la répulsion et de l’attraction, par une augmentation ou une diminution de l’activité organique, etc. Gomme Tagent magnétique que nous avons observé dans l’aimant et dans le corps humain, ragent du magnétisme terrestre doit tomber sous le sens de la vue.

En effet, dans la» chambre obscure, plaçons une tige quelconque, obliquement dans la direction des pôles de la terre, ou mettons-la simplement horizontalement sur la table dans la direction du méridien, et un bon sensitif ne tardera pas à voir la tige entièrement lumineuse. Le milieu, que nous pouvons considérer comme son équateur, est peu éclairé ; mais en approchant des extrémités, la lumière devient de plus en plus vive.Cette lumière paraît d’abord entièrement blanche ; mais bientôt celle de l’extrémité nord prend une belle teinte

bleue, et celle de l’extrémité sud une belle teinte roüge-orangé ; et de chacune d’elles sort un faisceau de rayons de même couleur de 8 à 10 centimètres de long. Après une heure d’attente dans la chambre obscure, quand l’œil est bien débarrassé detoutes les particules lumineuses qu’il avait pu conserver, le sujet distingue des nuances dans les couleurs caractéristiques de chaque pôle. Au nord, il y a surtout du violet et du vert ; au sud, du jaune et du gris. Et, observation infiniment curieuse qui pourrait servir à établir une théorie rationnelle des courants, aussi bien pour la pile que pour l’aimant et le corps humain, ces couleurs sont superposées l’une sur l’autre. Au nord, le vert est en-dessous de la tige ; le bleu, l’indigo et le violet sont au-dessus; au sud, le gris est en bas, puis viennent le rouge, l’orangé et le jaune. Les couleurs semblent d’abord partir de l’équateur de la tige pour se diriger vers les extrémités; mais en observant bien attentivement, le sujet' les voit glisser les unes sur les autres d’un bout delà tige à l’autre.Elles ne prennent donc pas naissance au milieu, comme on pourrait le supposer d’abord ; mais elles cheminent l’une à côté de l’autre, les positives se dirigeant du sud vers le nord ; les négatives, du nord vers le sud. S’il y a deux courants glissant l’un sur l’autre dans ce que l’on est convenu d’appeler le courant magnétique de la ierre^ il en est certainement de même pour le courant de la pile, pour

celui de l’aimant et du corps humain. Mais une fois encore, ne faisons pas de théorie, et n’observons que les faits.

De Reichenbach étudia d’une autre façon le magnétisme de la terre, en se servant d’une sphère métallique traversée par un électro-aimant.

« Je me procurai, dit-il, une sphère creuse de deux pieds de diamètre, en forte tôle pour étudier les phénomènes odiques auxquels elle donnerait lieu. Je la fis traverser par un gros barreau de fer entouré d’une triple spirale de fil de cuivre, que traversait en même temps le courant d'une pile de Volta formée par soixante éléments zinc-cuivre de six pouces. La sphère entière était recouverte d’une délicate lueur présentant les mille couleurs de l’arc en-ciel et distante d’environ deux ou trois pouces de la surface sphérique; du pôle sud une flamme rouge, de l’épaisseur du bras, s’élevait à trois pouces au-dessus de la surface, s’épanouissait, et de là retombait en une flamme bleue qui finissait par s’étendre sur l’hémisphère nord. Les deux gerbes se réunissaient à l’équateur. L’intensité lumineuse était maximum aux pôles ; puis elle diminuait pour arriver au minimum à l’équateur.

if

(( Ceci était produit par Télectro-aimant intérieur, son action se combinant avec celle de l’od et du magnétisme terrestre. Les fuseaux sphériques présentaient, en effet, sur toute la périphérie.

les couleurs de l’arc-en-ciel que nous avons vues tout à l’heure autour du disque : rouges au Sud^ orangées au Sud-Ouest, jaunes à l’Ouest, vertes au Nord-Ouest, bleues au Nord, puis violettes; tout cela*avec les graduations les plus délicates. Enfin l’Est entier était gris; mes sensitifs ne distinguaient plus les deux arcs se rapportant à l’infra-rouge et à l’ultra-violet, mais confondaient le tout sous la dénomination de gris. Des personnes douées d’une plus forte sensitivité que celles que j’avais sous la main, auraient sans aucun doute perçu là encore des colorations plus délicates.

a C’est ainsi que la sphère nous apparaît comme une petite terre revêtue d’une lumière analogue aux aurores polaires, et entourées partout de l’agent odique, qui recouvre aussi la surface terrestre, comme la manière dont les effluves sont chassés vers le sud nous l’a fait voir. Ici, il se présente sous la forme d’un magnifique arc-en-ciel.» {Le Fluide des mag. p. 76.).

Gomme l’agent magnétique est partout le même et qu’il obéit toujours aux mêmes lois physiques,, je me contenterai de dire que, ici, comme avec tous les corps et les agents qu’il me reste à étudier^ la lumière magnétique, quelle que soit ses nuances, se laisse conduire à distance sur un fil,, qu’elle est réfléchie par les glaces, réfractée en traversant les lentilles et les prismes et qu’elle présente toujours tous les caractères décrits à la fin du§ précédent.

§ IV. — L’Eleotricité.

Dans la chambre obscure, une machine électrostatique est à peine visible et le sujet ne distingue que le plateau de verre, les conducteurs et autres pièces métalliques qui brillent seulement de la lumière qui leur est propre. Mais dès que la machine est en activité, elle devient entièrement lumineuse. Le disque est d’un blanc étincelant, et si la machine fournit les deux électricités, le conducteur positif devient bleu-indigo; le négatif, jaune-orangé. Si on réunit les deux conducteurs, l’étincelle jaillit, et l’intensité lumineuse de l’appareil diminue pendant quelques instants pour reprendre bientôt son intensité normale. L’étincelle est blanche; mais elle paraît entourée de rayons verdâtres.

Dans la chambre obscure, surtout si l’on tire des étincelles, le sujet est ébloui, la vision, qui est ensuite moins parfaite, peut même disparaître complètement. Il est donc préférable de faire ce genre d’expériences dans une demi-obscurité, le sujet étant en somnambulisme, dans la phase de lucidité yeux ouverts.

Un électrophore chargé est entièrement lumineux. Un tube de verre frotté avec un chiffon de laine brille bleu-indigo tant qu’il est chargé d’électricité; pendant le frottement le chiffon est jaune. C’est le contraire qui a lieu avec un bâton de ré-

sine : celui-ci est jaune-orangé tant qu’il est chargé, le chiffon est bleu durant le frottemeni.

Une pile en activité est entièrement lumineuse. Uélément positif brille bleu-indigo, surtout à la partie supérieure; le négatif est jaune-orangé. Quand le circuit est fermé par un fil conducteur, ce fil devient entièrement blanc et l’on observe autour de lui un courant lumineux qui circule en forme de spirale, du pôle positif au négatif. Si l’on ouvre le circuit en coupant le fil en un point quelconque, les deux parties du fil restent lumineuses, mais la coloration des fils change et la spirale disparaît. Le fil positif est bleu, le négatif est jaune, et un effluve de même couleur jailMt à chaque extrémité. Cet effluve est d’autant plus long que l’activité de la pue'est plus grande. Si on roule l’extrémité des deux fils pour en faire un seul conducteur, un effluve vert jaillit aussitôt.

§ V. — La Chaleur.

Il est difficile d’étudier méthodiquement les manifestations lumineuses de la chaleur, car il faut toujours un corps incandescent pour la produire. Néanmoins, en prenant certaines précautions, on peut les observer presque toutes. Je vais en signaler quelques-unes.

Dans une demi-obscurité, le-sujet étant dans la phase de lucidité yeux ouverts, si l’on enroule un

fil métallique à l’extrémité d'une tige de fer chauffée à l’autre extrémité sur le verre de tirage d’une lampe munie d’un bon abat-jour, le fil devient bleu dans toute sa longueurjet un effluve de même couleur jaillit de l’extrémité libre. En supprimant la source de chaleur, le refroidissement de la tige se produit et la coloration du fil change. Il devient jaune et un effluve de même couleur jaillit à l’extrémité libre.

Ces phénomènes sont à peu près les mêmes, quelle que soit l’orientation de la tige par rapport au méridien.

Si on fixe un fil à chaque extrémité de la tige et que l’on chauffe celle-ci au milieu, les deux fils s’illuminent et un efffuve jaillit des deux extrémités libres; mais, non seulement la couleur n’est pas la même dans chaque fil, mais elle varie avec l’orientation. Dans le méridien, le fil est bleu au nord, rouge au sud; de l’est à l’ouest, il est gris au premier point, jaune au second. En supprimant la source de chaleur, la coloration change dans \es deux fils : elle devient rouge au nord, bleue au sud, grise à l’ouest, jaune à l’est; et les teintes vont en s’affaiblissant au fur et à mesure que le refroidissement se produit, pour disparaître complètement lorsque la tige ne dégage plus qu’une faible chaleur.

Dans des plaques chauffées au milieu^ le phénomène est h peu près le même qu’avec la lu-

mière de l’aimant. Il est inutile d’en refaire ici la description, et je renvoie au § II de ce chapitre» Pendant le refroidissement, les colorations sont inverses aux mêmes points.

§ VI. — La Lumière.

Gomme la chaleur, la lumière est difficile à étudier méthodiquement sous cet aspect. Il faut dissocier la lumière qui impressionne notre rétine de la lumière magnétique qu’elle dégage. Néan* moins, en prenant de grandes précautions, on peut y parvenir.

La lumière ne se transmet pas a l’œil à travers les corps opaques. Cette propriété va nous servir de base pour quelques expériences.

Dans la chambre obscure des physiciens, faisons passer un faisceau de rayons. solaires, décomposons ce faisceau à travers un prisme, et jetons le spectre lumineux sur le mur ou sur un écran. Si on place l’extrémité d’un fil métallique dans l’une des couleurs du spectre, le fîl s’illumine aussitôt dans toute sa longueur, et le sujet, dans la phase de lucidité yeux ouverts, voit un effluve jaillir de l’extrémité libre. La couleur du fil et celle de l’effluve est toujours la même que celle de la bande dans laquelle il plonge.

Toutes les couleurs du spectre se transmettent de la même façon; et comme la lumière qui im-

pressionne notre rétine ne se transmet pas à distance sur un fil, nous devons admettre que c’est la Lumière magnétique de chaque bande coloriée •qui se transmet ici, d’autant plus qu’il n’y a que l’œil du voyant qui soit impressionné.

Si nous mettons deux fils, l’un dans la bande jaune,l’autre dans la bleue, et qu’à une distance de quelques mètres nous tordions ensemble les deux (fils comme pour en faire un seul et même conducteur, l’extrémité du fil qui plonge dans les bandes, •colorées prend ces colorations jusqu’au point de jonction; mais là, le bleu et le jaune disparaissent pour faire place à un beau vert qui s’échappe de l’extrémité libre sous la forme d’un effluve de plusieurs centimètres de longueur.

Si nous plaçons 7 fils dans les 7 couleurs du •spectre, et qu’à une certaine distance nous les tordions ensemble pour en faire un seul conducteur, •comme précédemment, jusqu’au point de jonction, chaque fil brille de la couleur dans laquelle il plonge; mais à partir de là,il devient entièrement blanc et un long effluve de même couleur jaillit à l’extrémité.

Ce n’est donc pas la lumière telle qu’elle apparaît à nos yeux qui se recompose, car elle n’est perçue que par l’œil des sensitifs, mais bien la lumière magnétique que dégage la lumière solaire.

On peut étudier les manifestations de la lu-

mière magnétique de la lumière par des moyens plus simples.

Si on fait pénétrer dans une chambre obscure un fil exposé aux rayons du soleil, ce fil devient entièrement bleu, et un effluve de même couleur jaillit à l’extrémité libre. Si le fil est exposé dans la lumière de la lune, il devient jaune, et un effluve de même couleur jaillit aussitôt.

Comme la lumière du soleil et de la lune n’apparaît jamais à nos yeux en bleu et en jaune, c’est donc la lumière magnétique qui se transmet.

Toutes les expériences décrites au ch. IX peuvent être répétées ici pour l’étude de la lumière magnétique, en se servant d"un fil conducteur aboutissant dans la chambre obscure, le sujet étant entièrement éveillé, ou dans une demi-obscurité, le sujet étant dans la phase de lucidité yeux ouverts de Tétat somnambulique.

La lumière magnétique traverse certains corps opaques. De Reichenbach a observé ce phénomène qu’il décrit ainsi qu’il suit :

« J’avais fixé, dit-il, dans un des volets de la chambre obscure une plaque de cuivre rectangulaire de la grandeur de la main,pareille àun carreau de vitre, avec cette seule différence qu’au verre on avait substitué du cuivre. On pouvait relever ou abaisser cette plaque comme un guichet. Lorsque

le soleil donnait à l’extérieur, elle apparaissait aux sensitifs de la chambre noire comme portée au rouge clair.

« Devant cett ) fenêtre était une table r^nde polie ; si j’ouvrais le'guichet, le soleil éclairait la table et y dessinait un ovale brillant ; je laissai le guichet fermé, et plaçai devant la table un sensitif qui ne savait rien de ces choses. Avant que ses facultés visuelles se fussent développées , je lui fis mettre sa main gauche à plat sur sur la table et lui dis de tâtonner pour voir si aucu ne place n’éveillait en lui des sensations odiqu es. Après quelque temps, il s’arrêta à un end roit qui, selon lui, était beaucoup plus froid que le reste de la table. Je maintins sa main à ce point, et, pour plus de sécurité, je la couvris de la m ienne. J’ouvris alors le guichet, et fus agréable ment surpris en voyant les rayons solaires tomber exclusivement sur ma main.

« Une matière rayonnante, venant du soleil, avait donc traversé le cuivre qui retenait les rayons lumineux et avait envoyé des rayons odi- . ques à la place même à laquelle venaient tomber ^ les rayons lumineux lorsqu’on leur laissait la route libre. Tandis que la plaque métallique retenaient les radiations lumineuses, les radiations odiques passaient librement. De même que les rayons lumineux traversent le verre, de même les rayons odiques passent au travers du cuivre. Le cuivre s’est montré diodane pour ainsi dire.

(( Le jour suivant, je fis un pas de plus en avant. Je n'ouvris pas le guichet avant que le sensitif pût voir -, je le laissai pendant une heure dans la chambre noire, et ce n'est que lorsqu’il vit bien la lumière odique que je le menai près de la table. C’était à peu près à la même heure que la veille. Je dirigeai ses regards sur la surface de la table. Il vit une tache bleuâtre, brillante, ayant la forme d’un parallélogramme, et bien délimitée. Je lui fis appliquer sa main dessus de façon à ce qu’elle la couvrît. J’ouvris alors le guichet; à l’instant même sa main brilla du plus vif éclat, et ce ne fut que sa main. Tout le reste de la table resta dans l’ombre.

« Les rayons odiques qui passaient par la plaque étaient donc accompagnés des radiations lumineuses d’od. Le métal peut donc être considéré comme étant odiquement diaphane.

« Bientôt je renouvelai ces expériences avec un autre sensitif, un des employés de ma mine.

Cette fois, la table manquait, et je fis tomber les images sur le plancher. Tous les phénomènes se reproduisirent comme plus haut, et cela eut lieu aussi lorsque j’eus combiné un grand nombre de variantes.

(( Je suis ainsi arrivé, à penser que l’od n’est qu’un mode nouveau de vibration de l’éther. » {Le Fhcide des magnétiseurs^ p. 86.)

§ VII. — Le Mouvement.

En faisant exécuter à un pendule un mouvement de translation autour d’une tige placée verticalement, comme dans les expériences décrites au § I du ch. X, cette tige devient lumineùse et la coloration varie selon le sens du mouvement. Elle est bleue quand le mouvement a lieu de gauche à droite ; jaune, quand il se fait de droite à gauche. Un fil métallique fixé à cette tige transmet là lumière à distance, et un effluve de même couleur jaillit à l’extrémité libre.

Il en est de même des mouvements de rotation décrits au § II du même chapitre.

Le mouvement d’un pendule que l’on fait osciller près de la tige.précédente, illumine également cette tige ainsi que le fil conducteur. Si le pendule oscille dans la direction du méridien, la coloration est bleue ; s’il oscille de l’est à Touest, elle est jaune.

Ces colorations sont peu intenses et l’effluve qui jaillit à l’extrémité du fil est à peine long d’un centimètre. Par le frottement, la coloration est beaucoup plus vive, et l’effluve atteint parfois 3 à 4 centimètres de longueur.

Une bouteille contenant un liquide que l’on agite devient d’autant plus lumineuse que l’agitation est plus forte. La coloration varie selon la

nature du liquide. L’eau brille d’un blanc laiteux. Si on introduit un fil métallique dans la bouteille à travers le bouchon, le fil devient également lumineux dans toute sa longueur et un effluve jaillit à l’extrémité libre.

Un liquide qui s’écoule dans un tube rend ce tube lumineux, et la coloration varie également avec la nature du liquide ; mais ici, la coloration particulière tend à se rapprocher du jaune.

Si on frotte une tige quelconque, de fer, par exemple, avec une lime, le fer et la lime deviennent entièrement lumineux. Le fer brille d’une couleur jaune ; la lime est bleue.

§ VIII. — Le Son.

Quand on frappe sur une cloche pour lui faire rendre des sons, elle devient entièrement lumineuse, et le point frappé brille d’un éclat plus vif. La coloration prend des teintes différentes selon la direction que l’on fait prendre à la cloche, et aussi selon l’intensité des sons que l’on en tire.

Quand l’ouverture est dirigée vers le zénith ou vers le nord, la coloration est bleue pour les sons de moyenne intensité ; elle devient indigo et même violette pour les sons aigus. Quand l’ouverture est dirigée vers l’est, la coloration est grise, striée de rayons violets. Vers le sud elle va, selon l’intensité des sons, de l’orangé au rouge vif; vers

le nadir, elleest jaune ou orangé; vers l’ouest elle va du jaune à l’orangé.

Un coup d’archet sur un violon éclaire toute la table d’harmonie ; les cordes, et surtout celle qui a été excilée, brillent d’un éclat plus vif. La coloration varie également selon l’intensité des sons.

§ IX. — Les Actions chimiques.

Les actions chimiques donnent lieu à des phénomènes lumineux très remarquables.

Une bouteille de champagne ou de limonade que l’on débouche dans l’obscurité apparaît dans une blanche incandescence. Une gerbe étincelante de lumière bleuâtre s’échappe du goulot et monte en scintillant jusqu’au plafond, qui se trouve ainsi éclairé sur un rayon de près de deux mètres.

Cette gerbe disparaît vite et la bouteille reste lumineuse jusqu’à ce que le pétillement du liquide ait complètement disparu.

Que l’on mette de l’acide tartrique avec du bicarbonate de soude dans une bouteille à-demi remplie d’eau, la bouteille et toute la masse du liquide s’illumineront soudainement et une gerbe de lumière bleue jaillira par le goulot, pour monter jusqu’au plafond.

Toutes les dissolutions deviennent lumineuses,. De la chaux vive, du sel, du sucre, se dissolvant

dans un verre d’eau dégagent une lumière d"un blanc laiteux qui éclaire le verre et toute la masse du liquide ; et tant que dure l’action dissolvante, des franges bleues s’échappent des bords du verre en scintillant. Tout phénomène lumineux cesse dès que la dissolution est complète.

La fermentation, sans en excepter la putréfaction, constitue une source lumineuse d’intensité variable ; et des bords des vases renfermant les substances en fermentation ou en putréfaction, des franges bleuâtres qui s’élèvent en scintillant se dégagent constamment.

Une tige métallique plongeant dans un liquide corrosif, de l’acide sulfurique, par exemple, illumine toute la masse du liquide ; la tige, qui brille d’un éclat plus vif, devient même transparente et Textrémité qui se trouve en dehors du liquide dégage un long effluve d’un bleu-indigo plus ou moins éclatant.

Tous les acides brillent d’un beau bleu, et quelques-uns, surtout quand on les agite, sont particulièrement remarquables. Les oxydes sont généralement d’un bleu pâle ou rougeâtres ; les bases sont jaunes ou orangé.

§ X. — Les Odeurs.

Je n'ai guère étudié les manifestations lumineuses des odeurs ; mais tout me porte à admet-

tre que chacune d’elles possède, sa coloration propre. Dans tous les cas, lorsqu’on débouche un flacon renfermant des substances odoriférantes, le sujet voit jaillir une petite gerbe lumineuse qui s’élève jusqu’à 20 ou 30 centimètres. Le musc jjaraît d’un blanc bleuâtre ; le camphre, d’un blanc jaunâtre.

§ XL — Les Animaux.

Les animaux supérieurs brillent de couleurs analogues à celles de l’homme; et comme les inférieurs ne sont que très peu différents, il me pa-^ raît inutile d’en faire ici une description spéciale. Néanmoins, une remarque e&t nécessaire : La tête des animaux n’est pas entourée d’une auréole comme celle de l’homme.

§ XII. — Les Végétaux.

Dans la chambre obscure, les végétaux présentent une particularité très remarquable. Observons d’abord un arbuste, ou mieux encore une plante d’ornement dans une caisse ou dans un pot.

Au bout de 10 à 20 minutes, les fleurs sortent de l’obscurité et deviennent perceptibles sous la forme d’un nuage grisâtre ; plüs tard, il se forme des points plus clairs, plus brillants ; et bientôt, les fleurs deviennent parfaitement distinctes et

reconnaissables. Après un séjour assez prolongé^ les feuilles et les tiges deviennent elles-mêmes visibles. La coloration du sommet de la plante est bleue, la tige est jaunâtre. Quelle que soit la couleur sous laquelle nous voyions la fleur à la lumière du jour, celle-ci est bleue. Ainsi, un souci, une rose ou un dalhia jaunes sont d’abord vus entièrement bleus; puis, sous cette couleur magnétique, apparaît la couleur propre de la fleur qui la fait reconnaître.

On observe plusieurs nuances dans le bleu de la fleur. Le bord des pétales est d’un bleu étincelant, le centre est bleu-clair ; le pistil et les étamines sont bleu-indigo, et laissent échapper des effluves fins et déliés de même couleur. Les différentes nuances de la plante rayonnant autour d’elle, lui donnent l’aspect d’un buisson flamboyant d’une remarquable beauté ; la plante est suffisamment éclairée pour que le voyant distingue, sans aucun effort, tous les détails de forme, de structure et de couleur.

Les fruits sont bleus dans leur ensemble ; mais vers le pédoncule ils paraissent jaunes; à la partie opposée, ils brillent bleu-indigo.

Des graines renfermées dans un sac ou dans un flacon de verre brillent d’un beau bleu ; mais en observant attentivement chacune d’elles, le sujet remarque un filet jaune. Les tubercules sont jaunes dans leur ensemble ; la partie qui les ratta-

chait à la racine est bleue, le bout opposé brille orangé.

Une branche de bois vert paraît d’un blanc bleuâtre et un effluve s’échappe de chaque extrémité. Cet effluve est bleu à l’extrémité supérieure, jaune à l’extrémité inférieure, c’est-à-dire à celle qui la rattachait à l’arbre. Si la branche de bois est desséchée, elle brille des mêmes couleurs, mais les nuances sont plus pâles et les effluves un peu moins longs.

§ XIII. — Les Minéraux.

La matière que l’on croit inerte est certainement le siège d’une certaine activité moléculaire que la science officielle h’à pas encore déterminée, activité qui se traduit par des vibrations ayant leur forme caractéristique, leur amplitude, leur mode de propagation, leur vitesse ; en un mot, par un mode particulier du mouvement. Et comme tout mouvement devient lumineux pour les sensitifs, dans la chambre obscure, tous les corps doivent briller d’un éclat qui leur est propre.

En effet, dans les préliminaires de ce chapitre, nous avons vu que certains malades, seulement dans l’obcurité de la nuit, voient briller les objets métalliques qui les environnent, et que dans la chambre obscure,pour les sensitifs de de Reichen-

bach, les cristaux sont particulièrement remarquables . '

Le principe de ce phénomène étant admis, je dirai seulement que tous les cristaux brillent bleuindigo à la partie supérieure; jaune-orangé à la partie inférieure, c’est-à-dire à celle sur laquelle ils se sont développés; et qu’en descendant les degrés du règne minéral, les métaux et les métalloïdes ne brillent par eux-mêmes que d’une couleur simxjle ou composée. Quand ils ont une forme allongée, un effluve s’échappe de chaque extrémité; s’ils sont en boules, il n’y a pas d’effluve et toute leur surface est recouverte d’un duvet lumineux; l’é-, paisseur de cette couche lumineuse est proportionelle à la masse du corps qui la dégage.

Le plomb et le cobalt sont bleus; le soufre est d’un bleu-indigo particulièrement remarquable; le bismuth et zinc sont rouges ; le potassium,orangérougeâtre; le cuivre, rouge, entouré de jaune-verdâtre; le platine, l’or, l’argent, l’antimoine, le cadmium, blancs; le chrome elle nickel,jaune-verdâtre; le fer, gris-bleuté; l’arsenic et l’iode, rougeâtres.

§ XIV. — Les Courants.

Presque tout ce qu’il y a à dire des courants déjà été exposé dans les | précédents. Néanmoins je vais ajouter quelques observations qui pourront servir à l’établissement d’une nouvelle théorie..

Observons d’abord le corps humain.

Comme on l’a vu au § I, un torrent circulatoire s’échappe de chaque extrémité sous forme de longs effluves lumineux. Si nous croisons les mains l’une sur l’autre en plaçant les doigts les uns sur les autres en sens contraire, les effluves disparaissent et le sensitif voit distinctement les couleurs positives etles couleurs négatives glisser les unes sur les autres en sens opposé. Le phénomène est le même si, au lieu de placer les mains l’une sur l’autre, on prend dans celles-ci un gros bâton. Un faisceau de rayons bleu-indigo circule au-dessus du bâton, de la main droite à la main gauche; un faisceau de rayons jaune-orangé au-dessous, de la gauche à la droite. Le faisceau bleu-indigo paraît plus gros, plus brillant que l’autre.

Un phénomène analogue se produit en réunissant deux aimants par leurs pôles de noms contraires au moyen du même bâton, et les deux pôles de la pile au moyen d’une grosse tige métallique.

§ XV. — Quelques mots sur les couleurs de chaque pôle.

A part l’inversion des couleurs des pôles observée quelquefois par le colonel de Rochas et surtout par le docteur Luys, tous les expérimentateurs sont d’accord pour affirmer que le pôle

positif brille bleu, aussi bien pour le corps humain que pour la pile et pour raimant,mais tous ne sont pas d’accord pour la couleur du pôle négatif. Pour de Reichenbach, elle est jaune-rouge^ pour de Rochas et Luys, elle est rouge ; pour moi elle esi jaune.

Il est évident que la couleur d’un pôle ne change pas en présence d’un expérimentateur quelconque, et que si le pôle positif brille toujours bleu, le négatif doit constamment briller jaune-rouge, c’est-à dire orangé, comme le dit de Reichenbach; rouge^ comme l’affirment de Rochas et Luys, ou jaune comme je l’affirme moimême.

D’où vient cette différence de perception ? — Il y a peut-être là un effet d’accomodation de la vue des sujets ; mais cette hypothèse est peu probable. Je pense qu’il y a plutôt de la part des sujets manque de justesse dans la connaissance et l’appréciation des couleurs, et par suite dans la description qu’ils en font.

Comme chaque expérimentateur tient à affirmer le bien-fondé de sa théorie, par des arguments qui sont de la plus incontestable valeur, je vais démontrer que si le pôle positif brille bleu, comme l’affirment tous les expérimentateurs, le négatif brille jaune.

Comme je l’ai déjà dit, on sait qu’il existe une certaine corrélation entre le jaune et le bleu.

Dans Tordre des idées qui nous occupe ici, ces deux couleurs sont en quelque sorte complémeri’- Maires Tune de Tautre, et forment une antithèse polaire. Ce sont les deux pôles de la gamme magnétique des couleurs.

A Tœil de tous les sensitifs, la couleur bleue est la plus agréable; par contre, la jaune est la plus désagréable.

Le mélange du bleu et du jaune produit le vert; et quand les peintres n’ont pas cette dernière couleur toute préparée, ils la préparent eux-mêmes en mélangeant les deux premières dans des proportions à peu près égales.

Quand, dans la chanibre obscure, nous frappons dans nos mains, il jaillit de ce choc un énorme faisceau de lumière verte.

Quand nous appliquons les deux mains Tune dans Tautre, en plaçant aussi exactement les doigts de même nom Tun sur Tautre, il jaillit un edluve vert de l’extrémité de chacun des doubledo iyts.

Si nous tenons un fil métallique dans chaque main, et qu’à une certaine distance on torde les deux fils ensemble pour en faire un seul et même conducteur, un effluve vert jaillit à cette double extrémité.

Si nous relions les deux pôles d’un aimant ou

- sales deux pôles de la pile avec les deux mêmes fils tordus ensemble, le même effluve vert jaillit à l’extrémité.

Il en est de même pour le magnétisme de la terre, en nous servant d’une tige quelconque placée dans le méridien, aux extrémités de laquelle on aura fixé l’extrémité libre des deux fils tordus ensemble.

Il en est encore de même avec les cristaux et avec tous les agents qui nous fournissent en même temps les deux modalités de l’agent magnétique.

D’autre part, comme nous l’avons vu au ch. IX traitant du Magnétisme de la lumière^ le vert détermine chez le sujet des alternatives de sommeil et de réveil, de contracture et de paralysie, qui se succèdent dans des temps à peu près égaux, et ce phénomène est obtenu aussi bien avec l’effluve vert produit par la réunion des deux modalités de l’agent magnétique que par le vert tiré du spec'tre solaire.

Or, comme le mélange du bleu avec toute autre couleur que le jaune ne donne pas le vert, il s’en suit que c’est bien le jaune qui caractérise la modalité négative de l’agent magnétique. Et s’il y a de l’indigo et parfois du violet dans le bleu caractéristique du pôle positif, il y a de l’orangé

dans celle du pôle négatif. Mais le rouge, qui est une couleur positive, ne doit jamais s’y trouver en proportion sensiblement plus grande que tous les autres rayons du spectre.

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