SCÈNE IV
Monsieur Vainrret et Willie
Vaingret. — Vous avez bien fait de ne (>as introduire ici la per* sonne qui était avec vous toutà-l'heure ; la fréquentation des modèles n'eât pas du goCit de tout le monde...
Willie. — Chut 1 J'ai fait entrer cette personne là, par le jardin... (// montre Vatelitr du/ond).
Vaingret. — Ah... {feigne^ni V indifférence). Elles sont jolies, ces femmes qui posent. . Mais quelles mœurs I...
Willie. — N'en dites pas de mal. Ceux qui les mépriseat oot tort... Pour moi, il n'existe pas de femmes méprissbles — parce que
je suis Canadien.
Vaingrbt. — Quel rapport voyez-vous ..?
Willie (<I mi-voix). — Il y a quelques ^ ^-'— . - Canada, Louis XIV y envoya des filles pub
pas d'y trouver des maris. Ce sont les aïeules ue la plupart des Canadiens d'aujourd'hui...
Vaingret. — Evidemment I En Amérique, il n'y a que de l'extraordinaire I Et vous êtes bien Américain, vous ! De la tête aux pieds ! Nous verrons si notre neveu l'est également. C'est le fils du frère aîné de ma femme, qui est mort U-bas...
WiLUE. — Je sais. .. On m'a dit quelques mots de cette histoire.. .
Vaingret. — Un aventurier ! Il y a peut-être une goutte de ce mauvais sang dans les veines de notre Jean .. {De peur d'avoir été imprudent) Bah, la mort efface tout, et on ne peut en vouloir à la descendance... U Armorie est arrivé à Londres. Notre hôte ne tardera donc plus à se montrer... A. moins que, par une de ces fantaisies chères aux Yankees, il ne s'attarde.,. Paris les attire, n'est-ce pas ?...
WiLLiE. — Souvent...
Vaingret. — Ils n'ont pas horreur du plaisir et, loin de chez eux, ils lâchent la bride...
WiLLiE. — Parfois ..
Vaingret, — Au fond, moi, ça m'est bien égal. Figurez- vous qu'un pli, contenant la photographie de feu son père et la sienne, doit nous annoncer sa venue... Un original, dirait-on ?
Willie. — Il faut pourtant que vous puissiez le reconnaître, à son arrivée. . .
Vaingret. — Oui... mais cette idée de passer plusieurs mois dans notre compagnie, afin de voir quelles gens nous sommes, c'est bien américain aussi, cela !
Willie. — • On m'a dit que c'était une condition que son père avait imposée ?
Vaingret. — Drôles de corps, tout de même... Mais savez-vous ce qui me stupéfie, Monsieur Willie ?
Willie. — Quoi donc ?
Vaingret. — C'est de ne pas avoir M. Bride planté à votre côté !
Willie. — Voilà encore une précaution américaine : quand mon père, trop vieux pour me suivre, décida de me faire connaître l'Europe, il me confia à son vieux et fidèle camarade Harry Bride, de Londres .. Ils ont fait leurs affaires ensemble, autrefois. .
Vaingret. — Bon, bon, mais lorsqu'on ne connaît pas la règle du jeu... (// va pour sortir, puis se retourne) A propos ? Je ne crois pas nécessaire de vous dire, ainsi qu'aux autres, que, pendant le séjour de notre parent... il ne faut pas... vous comprenez... nous tenons à à rester en famille...
WiLLiB. — C'est trop juste, monsieur. En ce qui n soyez tranquille : je m'embarque ce soir, ou demain...
Vainc RBT. ~ Ah ? Eh bien, bon voyage I
{Vaingtit sort p^tUgmtckê. WUUt Vêcccmtpégmt jusqu'à U forU,
regarde dehors.)
WiLLiB. — Elle ^ heureuse, lui heureux, puis-je me plaindre ?... (// va au fond et écarte U ridêuu. Min Etktl parait.)