SCENE IV
Le même ; Harry Bride, Willie Shelton et Miss Ethel
Harry Bride {suivi des jeunes gens). — Mon cher M. Vaingret, en passant, ma fille a encore voulu vous dire adieu., mais en toute hâte !
Jean {la gorge nouée). — Oh c'est gentil à elle... Merci, miss., {Il prend les mains de la jeune fille)
Willie. — Le train part dans dix minutes. .
Jean {égare). — Vous êtes à un pas de la gare... Avez-vous fait porter vos bagages ?
H. Bride. — Ils y sont...
Miss Ethel — Laissez moi bien voir., pour me rappelez tout.. {Elle fait le tour de la chambre)
H. Bride. — Dans deux heures, nous serons à Calais : à la soirée, elle débarquera à Douvres, où sa tante Margaret l'attendra... Jean. — Vous ne partez pas encore, vous, M. Bride ?
H. Bride. — Je vous l'ai dit, une affaire importante, très importante, me retient ici jusqu'à la fin du mois... une mission grave,..
Jean. — Ah, oui ..
H. Bride. — Alors, je rentrerai à Londres...
WiLLiE. — Avec moi...
Jean {bas). — Et je resterai seul...
Miss Ethel. — Je vous écrirai, M. Jean... et je reviendrai bien encore sur le Continent. . Je n'aime pas l'Angleterre I
Bride. — Oui, oui, nous reviendrons .. Nous n'avons pas de patrie, nous. Je m'établirais aussi bien en .Afrique ou en Australie. . ou ici...
WiLLiE. — C'est comme moi, si je n'avais mon père..
Miss Ethel. — Et si vous n'aimiez pas tant l'Amérique... Moi. je la déteste.
WiLLiE. — Oui, mais c'est surtout mon vieux père qui...
Jean (machinalement) — N'avez-vous rien oublié..?
Bride (brusquement). — Hop ! Il est l'heure 1 Vite !
Miss Ethel (à Jean). — Adieu, mon ami ! Je vous écrirai ! Je vous écrirai 1
Bride (dans la porte de droite). ~ Allons, il est temps !
Jean (balbutiant). — Je... Moi aussi... (Les autres sortent en hâte; miss Ethel se presse un mouchoir sur les yeux) Adieu ! .. .\dieu !.., (// éclate en larmes).