‹ Le maître d'école; comédie-vaudevilleChapitre 68 sur 79 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

AMILCAR, seul , prend les papiers et le chandelier et les porte sur la table de droite pour s éloigner de la chambre de Lou'se.

Je suis incommodé ; il y a ici des miasmes impurs. Ah ! qu'on a bien raison de dire qu' il n'y a rien de meilleur ou de pire que la femme... quand elle se lance dans le crime , elle dépasse loules les

limites. J'ai là ce poignard ponr me défendre. [U prend le "poignard.) J'ai épousé une Borgia , une Marguerile de Bourgogne... Après ça , j'aurais dû m'en méfier... les belles femmes en général ne valent pas le dia... [Souriant , aux daines de l'assemblée.) Il va des exceptions à ce qu'on dit... {Sérieux.) je n'en crois rien. Tout bien considéré et par prudence , je m'en vais passer la nuit dans lin h(Mel garni. iMais, il est trois heures, tout est fermé, et je sens que ma paupière a besoin de l'être aussi. J'ai la tête d'une lourdeur !... [Il commence d s'assoupir.) la fatigue du voyage... ma promenade sur les toits... la tourmente de mes pensées... Mais, m'endormir en ces lieux , autant reposer sous le mancenilier ou dans lagueule d'un lion... et encore il y a des lions...

(Il bâille et passe sa chaise à la droite de la table.) Air : Dormez , chères amours.

Magré moi, je ferme les yeux; Pourrai-je les rouvrir, grands dieux !

Car je cours , dans ces tristes lieux , Les plus graves dangers du monde , Auprès d une autre Frédegonde!

Mais, demain, malgré mes efforts.

Et sans avoir les moindres torts , Je puis m'éveiller chez les morts.

Malheur! malheur ! je sens , hélis ! que je m'endors.

Je suis fichu , je sens, hélas! que je m'endors. (Il s'endort , tenant toujours le puiguard à la main.)

scEiVE xr.

LOUISE , en déshabillé blanc de nuit , la chandelle

à la main ; AMILCAU , endormi.

LOUISE, déposant son chandelier sur la table de gauche.

Il est encore là î... 11 dort... son sommeil paraît

Page 1