‹ Le maitre d'ecole drame en cinq actesChapitre 38 sur 97 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

— Nuit et jour, à tout tenant,

Je chantais, ne vous déplaise !

— Vous chantiez? j’en suis fort aise !

Eh bien! dansez maintenant!

(Greluche se met k rire.)

ÉVERARD

Pourquoi ris-tu, petiot?

GRELUCHE.

Dam ! ce que dit la fourmi, c’est que c’est drôle !

ÉVERARD

Non, c’est mauvais plutôt] Voyons! il faut donc la laisser mourir de faim et de froid, la pauvre petite cigale? Tu l’entends bien dans les champs quand tu passes ; elle a un petit cri que tu ne trouves peut-être pas très-joli , mais enfin elle fait ce qu’elle petit, et elle chante toujours, elle chante en plein midi quand il fait si chaud, elle chante la nuit quand tu dors, toi , elle chante à tout le monde, aux passants, aux enfants, et, quand il n’y a personne, au bon Diem Eh bien, parce qu’elle ne sait que ça, chanter l’été, il faut donc qu’elle meure l’hiver?

GREI.UCHE.

Oh I non !

ÉVERARD

Alors quelle est la morale de ta fable, dis, Greluche? C’est qu’il faut bien travailler, bien économiser, comme?...

GRELUCHE.

Comme la fourmi.

ÉVERARD

Mais pas pour tout garder, pour tout entasser vilainement?

GRELUCHE.

Oh ! non, pas pour ça!

ÉVERARD

Alors c’est pour avoir le plaisir de donner — à?...

GRELUCHE, prêt à pleurer et avec une petite moue.

A la pauvre petite cigale.

LE MAITRE D’ÉCOLE

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