ACTE III
BUX.
Oh! mille carabines ! laissez que je me détire. Savez-vous qu’il y a une heure que j’étouffe là-dedans. Sept pas de long sur quatre de large! pas moyen de s’étendre ! Quelle cage !
VARADE
Calmez-vous et écoutez-moi.
BUX.
Ça ne vous serait pas égal devenir causer dans le parc?
VA RADE
I*our qu’on vous aperçoive et qu’on vous reprenne !
BUX.
Allons! il faut donc rester en boite !
VAR ADE
Souvenez-vous que, sans moi, vous seriez dans une boite autrement étroite.
BUX.
Sans vous, je serais mort, c’est plus tôt dit.
VARADE
Et vous savez pourtant que votre liberté est toujours à ma merci.
BUX.
Oui. Je n’ai pu rapporter que le flacon et des papiers insignifiants... M. Éverard était rentré... Enfin, enfin, je vous redois ma vie. Eh bien! qu’est-cc que vous en voulez faire?
VARADE
Bux... nous avons mêmes intérêts peut-être, mêmes ennemis certainement.
BUX.
Ah! (a part.) Est-ce qu’il fuirait les gendarmes?
Moi aussi, je suis chasseur, mon brave ! (riant, et comme à iui-mjme) seulement, ma forêt, à moi, c’est la ville, mon gibier l’argent, mes armes et mes engins les passions et les convoitises.
LE MAITRE D’ÉCOLE
BU X
Ah! bien, excusez, j’aime mieux mes loups, et ma bonne canardiôre de Saint-Étienne, et le grand air, l’affût, le danger, le combat, la belle vie forestière! Ah! il n’y en a qu’une plus belle : la vie du soldat. Mais au moins dans les grands bois on est son maître, on n’a peur de rien, le monde est à vous! Les arbres, les sentiers, les ravins, les bêtes, tout ça vous connaît, vous craint, vous aime. On va seul, libre, fier 1 on est comme le roi des êtres!
V A R A D E , l'obf errant.
Alors, Bux, vous êtes tout à fait heureux?
B U X , sombre.
Tout à fait? non.
VA RADE
11 vous manque donc quelque chose ?