VARADE, ÉVERARD, FABIEN
VARADE, à Éverard et A Fabien , qui te montrent »or le «euil de U porte de droite.
Entrez, messieurs, entrez. (Voynnl les épées que porte Fabien.) Ah ! monsieur Fabien est armé en guerre?
FABIEN
Monsieur, ne raillez pas! dans chacune de mes paroles toute ma vie palpite! — Ecoutez : j’aime mademoiselle Élise; je crois être aimé d'elle; vous voulez l’épouser aiyourd’hui; s’il vous reste quelque honneur, venez essayer de me tuer auparavant.
VARADE
Monsieur, j’aime mademoiselle Élise; j’espère qu’elle m’aimera; je vais en effet l’épouser avec l’agrément de M. Dellemare, et, ne vous ayant fait aucun outrage, je me permets de ne pas trouver les chances d’un combat parfaitement égales entre mon bonheur et votre désespoir.
FABIEN, faisant un pas vers lui.
Ah! si c’est un outrage entre nous qu’il vous faut...
/ VARADE
Prenez garde, monsieur! vous allez gâter votre affaire. Monsieur est votre précepteur, je crois; demandez-lui ce qu’il en pense.
ÉVERARD
Moi? qu’on ne me demande rien, je n’ai rien à dire. Ce jeune homme, monsieur, se croit en droit, selon les conventions mondaines, de se jeter, une épée à la main, entre celle qu’il aime et vous. Et je dois le laisser aller, et je devrais au besoin lui crier : Va! — Je l’aime bien pourtant! je souffre! j’ai horreur de toute violence! Mais pourquoi usez-vous de violence le premier envers une enfant qui ne peut pas se défendre?