‹ Le maitre de forges, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 22 sur 37 · SCÈNE VII. Q · texte numérisé non relu

SCÈNE VII. Q

* GERVAL et ARMAND.

ARMAND, empressé.

Monsieur, je viens de rencontrer Marcel qui m'a dit de me rendre près de vous.

GERVAL.

Oui, Armand, j'ai à vous parler.

ARMAND

Je vous demanderai la grâce de nTentendre le premier.

gerval, surpris.

Ce que j'ai à vous dire est très -important, la position difficile dans laquelle je me trouve

ARMAND

Je vous comprends M. Gerval, c'est moi qui

suis cause de ce qui vous arrive aujourd'hui , c'est à moi que vos ouvriers en veulent: s'ils vous quittent dans un moment où les travaux les plus importans et les plus pressés vous les rendent si nécessaires , ils commenceront votre ruine , et dans les entreprises il ne faut qu'un moment pour renverser le fruit de vingt ans de travaux. Je ne veux pas avoir à me reprocher l'infortune d'une famille que je chéris , que je respecte : permettez-moi , monsieur, de vous quitter ; croyez que ce sacrifice est pénible , mais il est nécessaire à votre repos , à votre bonheur , et je le fais avec tout le courage dont l'honneur peut rendre un homme capable ! Adieu, M. Gerval, mon bienfaiteur , mon ami,

adieu ! ( II lui prend les mains. )

GERVAL , ému.

Armand , mon cher Armand , cette résolution subite ne serait-elle pas l'effet d'une générosité honorable , mais peu réfléchie?., ne regretterez-vous rien en me... {changeant de ton ) en nous quittant?

ARMAND

Air : Ce que f éprouve en vous voyant.

Je regretterai le séjour

Où J'avais passé mon enfance ;

Je regretterai l'espérance

De pouvoir, par un doux retour,

Près de vous m'acquitter tin jour.

Je regretterai mille charmes

( à part. )

De mon cœur taisons les secrets;

( haut. )

Mais j'aurais bien d'autres regrets „

Si je faisais couler des larmes

Qu'au prix de mon sang je payerais, (bis. )

GERVAL.

Je vous dirai plus tard mes résolutions ; trop de précipitation peut être dangereuse.

ARMAND

Songez que Durville peut engager aujourd'hui même vos ouvriers, que déjà Bertrand est à son service j si nos forgerons reçoivent de l'argent , si l'appât d'une plus forte paie les entraîne

GERVAL.

Je réfléchirai à tout cela ; dans très peu de tems vous aurez une réponse j ne faites rien sans m'en prévenir.

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