SCÈNE PREMIÈRE
ARMAND , ensuite CÉCILE.
armand, debout devant une table à la Tronchin; il corn- ^ puise des livres, c^ y»ULC^. JL ?^ } C2*«<,
M. Gerval repose encore!.... Arrivé cle Paris hier, il a fait quatre-vingts lieues en poste, sa présence est bien nécessaire ici. Les ouvriers de ses forges sont entraînés par un
mauvais sujet Je crains que leur mutinerie n'ait des
suites : mais M. Gerval est aimé , il est si bon ! Quelle fortune brillante il a faite et comme il en use noblement!
( Ici Cécile arrive tout doucement , par la droite , se place derrière Armand et l'écoute avec attention, ) Honoré de sa confiance , à combien de titres je cherche à m'en rendre digne ,• que je voudrais pouvoir espérer de mes services un prix qui serait bien cher à mon cœur!.... Mais fils d'un pauvre soldat, n'ayant pour fortune que mou travail et mon lb\e . puis-je élever mes vues jusqu'à la fille de mon bienfaiteur? Ah ! Cécile!.... ( il rêve profondément. )
î CÉCILE , à part.
J'ai donc enfin sou secret ( Se montrant.) Mon',
Armand
M ARMAND, Surpris.
C'est vous, mademoiselle 1
CECILE
Oui, je m'étais levée de bonne heure pour embrasser mon
père Il n'est pas encore sorti de son appartement 5 je
Tais l'attendre ici
ARMAND
Je vais vous y laisser en liberté. ( Il va pour sortir, )
CÉCILE
Eh bien ! pourquoi donc vous en aller? Est-ce que
vous croyez me gêner?.... Avez-vous jamais remarqué que votre présence me fît de la peine ?
ARMAND
Au contraire, mademoiselle, vous m'avez toujours accueilli avec bonté, avec indulgence Vous êtes si bienveillante pour tout ce qui vous entoure!
CÉCILE
Ah ! mon dieu ! que de complimeus , ne dirait - on pas que nous sommes fâchés? Ecoutez , M. Armand , vous jouissez ici de toute la confiance de mon père... . Il vous a souvent dit devant moi qu'il vous aimait comme un fils.
ARMAND
C'est à ses soins généreux que je dois mon état , mon existence !
CÉCILE
Vous étiez orphelin , il vous a accueilli , mais combien de fois je l'ai entendu vanter votre conduite et vos talens.. .. dire qu'il vous devait une partie de sa fortune !....
ARMAND
J'ai rempli démon mieux les fonctions qu'il m'avait confiées , j'ai surveillé avec zèle sa vaste entreprise 3 tout autre à ma place en eût fait autant.
CÉCILE
ISon , M. Armand, tout le monde n'eut pas agi comme vous 5 au surplus vous n'êtes pas satisfait de votre sort.
ARMAND
Moi , je suis très-heureux, ji vous l'alsure.
CÉCILE
Air : Et voilà tout ce que je sais.
Dans nos petits bals de famille <~ Vous ne vous montrez qu'à regret.
Sur nos fronts quand îa gaîté brille ,
Le vôtre paraît inquiet. [bis).
Jamais on ne vous voit sourire ,
Vous fuyez nos danses , nos jeux ;
Non , monsieur , vous avez beau dire ,
Non, non, vous n'êtes pas heureux. (^fois.)
Par mon père élevés ensemble , Je vous aime comme une sœur , Mais quand le hasard nous rassemble Vous devenez sombre et rêveur ! (bis). Je vois votre cœur qui soupire;
Des pleurs viennent mouiller vos yeux
Ah! monsieur, vous avez beau dire,
Non, non, vous n'êtes pas heureux. (^ fois.)
ARMAND , à part,
A.urait-elle lu dans mon ame ? (Haut) Vous savez; , m ado • moiselle, combien les derniers évènemens m'ont donné d'inquiétude ; la mauvaise conduite de quelques ouvriers , l'absence de votre père dans un moment où sa fortune peut être compromise
céciLE , avec incrédulité et le regardant fixement.
Oui, je conçois
armand , cherchant.
Ma responsabilité
CÉCILE
Sans doute.
ARMAND, à part.
Personne ne viendra-t-il rompre cet entretien ?