SCÈNE IX
Lis MÊMES, LA MARQUISE et SUZANNE, par le fond, LA BARONNE, CLAIRE, OCTAVE, LE HARON, par la droite
LA MARQUISE, présentant Octave et Claire à Suzanne.
Ma chère enfant... mon fils, le marquis de Beaulieu... ma fille Claire.
CLAIRE (*)
Soyez la très bienvenue, mademoiselle (»).
SUZANNE
Avant de vous avoir vue, mademoiselle, mon frère m'avait appris à vous admirer. Alaintenant que je vous connais, je sens qu'il me sera facile de vous aimer.
CLAIRE
Et moi, mademoiselle, je vous aime déjà.
OCTAVE (*)
Mon cher monsieur Derblay, nous avons ici quelqu'un qui, sur la question industrielle, pourra vous tenir tète (*):
c'est mon cousin, (Présentant le baron uni descend.) M. le baron de Prèfont. un savant.
LE BARON
Dites un homme d'études, mon cher Octave.
PHILIPPE
Ce n'est pas la première fois que j'entends prononcer' le nom de M. de Préfont.
OCTAVE, galment.
Ahl baron! vous le voyez, votre nom a pénétré jusque dans nos montagnes... C'est la célébrité, ça, mon ami.
LE BARON, modeste.
Pour m' avoir découvert, il faut que monsieur soit vraiment un chercheur.
PHILIPPE
Mais, je vous demande pardon, j'ai lu votre mémoire adressé à l'Académie des sciences.
LK MAITRE DE FORGES LE BARON, ravi.
Ah! vraiment (*)! Votre établissement, m'a-t-on dit, est très important... Vous occupez beaucoup d'ouvriers?
PHILIPPE
Deux mille.
LE BARON
C'est admirable! Et combien de hauts fourneaux?
PHILIPPE
Dix, qui n'éteignent jamais leurs feux.
LE BARON
Vous avez un laboratoire? Vous êtes chimiste? Parfait. Vous êtes un homme charmant C)! Nous îillons faire des expériences, cher monsieur, c'est une bonne fortune pour moi de vous avoir rencontré.
Il prend Philippe par le bras et remonte an fond vers la terrasse, Bachelin va les rejoindre. Ils restent tons les trois en vue du public.
LA BARONNE (")
Ah ça! qu'a donc mon mari?
OCTAVE (^)
Il a, ma chère cousine, qu'il est parti sur son dada favori, prenant en croupe M. Derblay.
LA BARONNE ('")
Eh bien ! ils vont aller loin, comme ça, si on n'arrête pas le baron...
OCTAVE
Et pourquoi l'arrèterait-on? Je trouve excellente cette fraternisation de M. Derblay et de Préfont ("). L'un, descendant des preux, incarne dix siècles de grandeur guerrière, l'autre, fils d'industriel, représente un siècle unique, celui qui a produit la vapeur, le gaz et l'électricité. Ils vont l'un à l'autre, apprécient leur valeur et, en un instant, nous montrent l'accord de ce qui fait un pays grand entre tous ; la gloire dans le passé et le progrès dans le présent.