SCÈNE Xî CLAIRE, ATHÉNAIS
ATFIÉNAÏS, arrêtant Claire sur I9 iciul delà porte.
Restons, veux-tu?
CLAlllK.
Tu as à me parler?
ATHÉNAÏS (*)
Oui. Tu ne peux te douter du plaisir que j'ai à trie trouver librement près de toi. Depuis deux ans que nous nous sommes quittées, j'ai beaucoup réfléchi et j'ai beaucoup vu. Il m'est venu un peu d'expérience, et mes sentiments se sont singulièrement modifiés. Ainsi, autrefois, nous n'étions pas précisément bonnes amies.
CLAl R E.
Mais...
ATHÉ.NAÏS, calment.
Ob I ne dis pas le contraire! je ne t'aimais pas! Je puis l'avouer maintenant, j'étais jalouse de toi, et mon rêve était d'arriver à t'égaler.
CLAIRE
M'égaler! Grand Dieu! Moi qui suis si peu de chosel Mais tu me dépasses! Beauté, élégance, luxe, tu as tout
ATHÉNAÏS
Toutl c'est vrai, excepté un noml
CLAIRE
Eh bien! mais un nom, par ]e temps qui court, cela s'achète. II y en a à tous les prix : des petits, des moyens et des grands. En conscience, si tu tiens à la noblesse, tu Ceras bien de t'offrir tout ce qu'il y a de mieux. Tes moyens te le permettent (').
ATHÉNAÏS, réprimant un mouvement de colère.
En effet. Et justement, il est question en ce moment d'un mariage pour moi.
CLAIRE, ironique.
Je te fais mes compliments sincères.
ATHÉNAÏS
Ce ne sont pas des compliments que j'attends de toi.
CLAIRE
Et quoi donc?
Un avis.
CLAIRE
Un avis? Sur quoi?
AinÉNAlS.
Sur le choix que je vais faire.
CLAIRE
En vérité, tu me combles. Me demander un conseil sur tes affaires de famille? Je t'assure que cela va m'embarrasser. Nous nous connaissons si peu! Est-ce que tu ne pourrais pas te passer?...
ATHÉNAÏS
C'est impossible!
CLAIRE
Je ne comprends pas f').
ATHÉNAÏS
Ecoute-moi attentivement, le sujet en vaut la peine. Le mariage dont il s'agit est un très grand mariage, et qui