‹ Le maître de forgesChapitre 37 sur 119 · Scène V · texte numérisé non relu

Scène V

La Baronne, Moulinet, Le Baron, Le Duc.

Le Duc. Ma foi, j’étais en bas avec toute la famille ; on a commencé à se féliciter, à s’embrasser. J’ai jugé que j’étais de trop, et, de salons en galeries, je suis arrivé jusqu’ici.

5 La Baronne. Savez- vous où vous êtes ? Dans le petit salon qui précède la chambre nuptiale.

Le Duc, avec un calme affecté. Ah I c’est assez original.

La Baronne. Vous avez l’air mélancolique, Bligny. lo Le Duc. C’est que je pense qu’avant peu je serai aussi ennuyé que les deux époux doivent l’être aujourd’hui.

Moulinet, froissé. Monsieur le duc !...

Le Baron. Ma foi, écoutez, je me souviens que la 15 journée de mon mariage m’a paru bien désagréable.

La Baronne, au baron. Merci !...

Moulinet, à la baronne, d^un air fin. M. le baron a dit: La journée! ... (Il rit.) De mon temps on 20 appelait ce jour-là le plus beau de la vie ! Il est vrai qu’alors on se mariait gaîment, tandis qu’aujourd’hui on se marie à minuit, dans une église sépulcrale, où le froid vous tombe sur les épaules comme un manteau de plomb. Je ne comprends 25 pas du tout les mariages de cette façon-là l Ainsi,

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