Scène III
Les Mêmes, Gobert, Deux Ouvriers.
Gohert porte un énorme bouquet,
Philippe. C’est vous, Gobert . . . Approchez, mon brave, et vous aussi, mes amis.
{Gobert reste immobile, très embarrassé,)
Les Ouvriers, le poussant. Va donc, puisque c’est toi qui dois parler.
Gobert, avec effort, cherchant ses mots. Puisque le
patron le permet, madame Derblay, daignez accepter ce bouquet, que je suis chargé de vous offrir, au nom de tous les camarades, en vous souhaitant votre fête ... Il faut que vous sachiez qu’à Pont- 5 Avesnes, nous sommes deux mille, qui devons ce que nous avons à votre mari . . . Et, voyez-vous, nous vous sommes reconnaissants du bonheur que vous lui donnez.
Claire, à voix basse. Du bonheur 1 lo Tous les Assistants. Ah ! bravo !
Gobert, s'enhardissant. Mais j’ai autre chose à dire. Le pays va être appelé à élire un député.
Moulinet Un député I
Gobert Et nous venons prier le patron de se laisser 15 porter.
Le Préfet, emphatique. Très bien I Ces braves gens ont là une excellente pensée ; M. Derblay est des nôtres. Pour tous, son nom signifie : science, probité, travail et liberté I
20 Moulinet, à part. Eh là ! mes affaires se gâtent I
Philippe, aux ouvriers. Mon brave Gobert, vous remercierez vos camarades pour moi, mais vous leur direz que je n’accepte pas l’honneur qu’ils veulent me faire.
B5 Moulinet, avec stupeur. Il refuse I Une élection sûrel C’est un fait sans précédent.
Philippe. Je désire rester au milieu de vous : c’est là que je trouverai le mieux, et le plus souvent, l’occasion de vous être utile.