‹ Le maître de forges; pìece en quatre actes et cinq tableauxChapitre 68 sur 120 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

PHILIPPE

Que de détours! Ce que vous désirez vous parait-il si difficile à obtenir?

Jugez-en !... Octave aime votre sœur et m'a chargée de rous la demander pour lui.

PHILIPPE, réprimant an mouvement.

Ah! Il reste absorbe.

CLAIRE, inquiète.

Vous ne répondez pas?

PHILIPPE, très grave.

Je suis désolé pour votre frère, mais ce mariage esi impossible.

CLAIRE, avec douleur.

Vous refusez?

PHILIPPE

Je refuse!

CLAIRE

Pourquoi?

PHILIPPE

Parce que ce lien nouveau m'attacherait plus étroitement à votre famille, et qu'après ce qui s'est passé entrrj vous et moi je ne le veux pas.

CLAIRE, vivement.

Prenez garde de faire le malheur de Suzanne, en la refusant à Octave ! Elle l'aime.

PHILIPPE

Elle n'a que seize ans. Elle est à l'âge heureux où les sentiments peuvent changer, sans laisser dans le cœur des traces profondes et douloureuses... Elle oubliera (•).

Et si vous vous trompiez? Si elle allait ne pas oublier, et souffrir?

PHILIPPE, «vec force (*).

Alors, je n'aurais qu'un seul mot à lui dire, pour la détourner à jamais de vous et des vôtres.

i I. a I n E, avec angofsse.

C'est une revanche que vous cherchez?

PHILIPPE, avec hauteur.

l"no revanche! Croyez-vous qu'il me convienne d'ea îcc ip!e:' une?

CLAIRE, suppliant.

Oh! Philippe! Soyez généreux?... Je suis bien assez accablée!... Que faut-il que je fasse pour vous fléchir? J'ai tu, envers vous, des torts graves je le sais...

PHILIPPE, riant amèrement.

Vraiment? Vous avez eu des torts graves, envers moi! lit vous daignez l'avouer? Mais voilà, i) me semble, de grandes concessions que vous me faites.

CLAIRE

Je vous ai fait bien du mal, mais vous me le faites durement expier.

PHILIPPE

Moi? Et comment? Vous ai-je jamais adressé un reproche? Vous ai-je dit une parole blessante? Ai-je manqué d'égards envers vous?

CLAIRE, avec douleur.

Non! Mais combien j'aurais préféré votre colère, à cette indifférence hautaine avec laquelle vous me traitez! Autour de moi, j'entends tout le pjonde vanter mon bonheur. Partout où je vais on m'envie, on me fête. Je rentre d ms notre maison. Où est-il mon bonheur? Je le cherche, et je ne trouve que la solitude et l'abandon.

PHILIPPE

Il n'a pas dépendu de moi qu'il en fût autrement. Vous ivez, vous-même, décidé de votre vie. Elle est toile que vous l'avez faite.

CLAIRE

C'est vrai. Mais, au moins, ôtais-je en droit de compter aur le repos, et je n'ai même pas pu l'obtenir... Voua avez laissé revenir chez vous le duc et la duchesse.

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