DE LA DOUCEUR ET DE LA SUAVITE
Discite a me quia mitis snm. (Matth. il.
Apprenez de moi que je suis doux et bénin.
Apprenons donc à l'être , puisqu'il nous le recommande , et d'une façon toute particulière. L'êtes-vous?
Nescitis cujus spiritus estis. Filins hominis non venit animas perdere , sed salvare. (Luc. 9. 55.)
Vous ne savez pas de quel esprit vous devez être animés maintenant sous la loi de
mon Evangile (qui est bien plus doux que
celui d'Elie et de la loi ancienne) y car le Fils
de l'homme n'est pas venu perdre les âmes,
mais les sauver.
C'est la correction que Notre-Seigneur fit à Saint Jacques et à Saint Jean , son frère , qui lui avaient demandé s'il voulait qu'ils fissent descendre le feu du ciel , comme autrefois Élie, pour punir la discourtoisie et l'inhumanité des Samaritains, qui lui avaient refusé l'entrée de leur ville. Avez-vous autant de douceur à supporter les refus au'on vous tait ? Imitez en cela votre Seigneur.
238 JÉSUS-CHRTST ENSEIGNANT LES HOMMEF.
§.22. DE LA CONDESCENDANCE A LA VOLONTE ET A LHUMEUR d'aUTIIUI.
Quid tibi vis jaciam ? (Luc. 10. 41*)
Que veux-tu que je te fasse ? que désirestu de moi ? (dit JNotre-Seigneur à un aveugle.) X
Quid vultis utfaciam vobis ? (Marc. 10. 36.)
Que voulez-vous que je vous fasse ? (ditil aux enfants de Zébédée.)
Ce n'est pas une petite action de charité de savoir sagement condescendre à la volonté de son prochain , et s'accommoder à son humeur et à ses façons, où Dieu n'est point offensé ; mais bien souvent l'on y manque, et l'on ne se soucie point de lui donner de la peine , parce qu'on ne veut rien relâcher du sien , ni contraindre tant soit peu ses inclinations.