III. CU4P. Vt. DE L4 FOI, î^r
raison ? ne vous est-elle pas glorieuse et utile ? Regardez qui marche devant vous.
in.
Quod ego facio , tu nescis modo , scies autem postea. Si non lavero te , non habebls partent mecum. (Joan. i3. 7 et 8.)
Tu n'entends pas maintenant ce que je fais , mais tu l'entendras en son temps. Si je ne te lave , tu n'auras point de part avec moi.
C'est ce que Notre-Seigneur dit à Saint Pierre lorsqu'il lui fit refus de se laisser laver. Les eaux sont les afflictions : ces eaux nous lavent et nous purifient. Si Notre-Seigneur ne nous lave de ces eaux , nous n'aurons point de part avec lui dans sa gloire , nous serons à jamais damnés. Nous ne comprenons pas à présentée mystère, nous le comprendrons après; mais cependant laissons-le faire. C'est assez que nous sachions que c'est la Sagesse incarnée qui nous lave, et qu'ayant eu assez de bonté et d'amour pour nous laver dans son sang , nous lavant après dans les eaux des tribulations, elle ne veut pas nous perdre.
Omnem palmitem in me non ferentem fructum y tollet eum. Et omnem qui fert fructum , purgabit eum ? ut fructum plus aj ferai. (Joan. i5. 2.)
Mon Père retranchera tout sarment qui ne portera point de fruit , pour n'être pas uni à moi , et taillera tous ceux qui en portent , afin qu'ils en apportent davantage.
Comme pour faire profiter la vigne , il la faut tailler et lui faire jeter des larmes , il faut de même affliger les justes, pour qu'ils avancent.
§ . 49. MOTIFS POUR RIEN SOUFFRIR : NOS SOUFFRAN- CES SONT LES SOUFFRANCES DE JESUS-CHRIST.
Potesîis b ibère calice m que m ego bibiturus sum? Calicem meum bibetis. (Malth. 20. 22.)
Pouvez-vous boire le calice que je boirai? Vous boirez mon calice.
Saint Paul s'est servi de la même façon de parler lorsqu'il a dit : Nous sommes remplis des souffrances de Jésus-Christ Notre-Seigneur dit : Mon calice, et non pas votre calice, quoique véritablement il devait être le leur , puisqu'en effet ils le burent et en goûtèrent l'amertume. De sorte que nos calices et nos afflictions sont nôtres , et sont tout ensemble de Jésus-Christ : nôtres , parce que nous les prenons et en sentons la peine , et non pas Jésus-Christ , qui est une autre personne, et maintenant impassible; elles sont aussi de Jésus-Christ, parce que ce sont afflictions de ses membres (OEcu-
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men.) ; parce que nous les endurons pour l'amour de lui, et ainsi nous les faisons siennes (S. Ambr.); parce que c'est lui qui nous les envoie ; parce que c'est par son secours et par les grâces qu'il nous a méritées que nous les souffrons ; parce que ce sont les restes , comme parle Saint Paul , des afflictions de Jésus-Christ , et les achèvements de sa croix ; enfin parce que nous les devons porter par proportion comme lui , avec patience , avec humilité , avec soumission à Dieu et aux hommes, avec mansuétude , priant en silence pour ceux qui nous affligent , sans se plaindre et avec un grand amour de Dieu. Suivant cela , nos souffrances seront des suites et des continuations de celles de Jésus-Christ ; et il le faut , autrement elles ne nous seraient pas profitables. Il n'y a que les souffrances de Jésus- Christ et celles qui ont liaison avec elles qui soient salutaires , parce qu'il n'y a que lui seul qui soit sauveur ; toutes les autres sont souffrances de damnés , ou au moins, elles sont inutiles.