CHAPITRE V
§. I. MOYEN PARTICULIER DE CETTE UNION! LA COMMUNION DU CORPS ET DU SANG DE JESUS- CHRIST J LA VÉRITÉ DU MYSTERE.
Caro mea vere est cibus , et sanguis meus vere est potus. (Joan. 6. 5g.)
Ma chair est véritablement une viande , et mon sai,ïg est véritablement un breuvage.
Notre^Seigneur , par une admirable invention de sagesse et d'amour , s'unit à nous en cet adorable mystèrd en qualité de viande , parce que l'union qui se fait (Ile la viande avec la personne qui la prend est la plus grande , la plus intime et la plus parfaite qui se produise dans la nature , passant même de l'union à l'unité , et devenant une même chose avec elle,
Partis quem ego dabo , caro mea est , pro mundl vita. (Joan. 6. 52.)
Le pain que je donnerai pour la vie du monde est ma chair.
Voilà la vérité du mystère évidemment établie. Oh! si nous pouvions la croire d'une foi vive, nous sentirions bientôt un très-profond respect envers JNotre-Seigneur présent , et présent d'une telle façon et pour nous ; nous entrerions dans des adorations , dans des anéantissements de nous-mêmes, dans des sentiments de gratitude et d'amour , dans des désirs ardents de nous unir à lui , de le visiter, de demeurer auprès de lui , de l'entretenir et de le recevoir sacramentellement , ou au moins spirituellement : c'est pourquoi établissez-vous dans une très-vive foi de ce mystère.