I. CHAP. V. DE LA GRACE
qu'elle avait reçues de Notre-Seigneur , est une image de la punition d'une âme qui abuse des grâces et des assistances de Dieu.
Vœ tibi, Corozain ! vœ tibi, Bethsaida ! quia si in Tyro et Sidone factœ essent virilités quœ factœ sunt in vobis , olim in cilicio et cinere pœnitentiam egissent. Vcrumtamen dico vobis , Tyro et Si do ni remissius erit in die judicii quam vobis. (Matth.
Malheur à toi , Corozaïn ! malheur à toi , Bethsaïda ! parce que si les vertus et les miracles qui ont été opérés en vous , eussent été faits dans les villes de Tyr et de Sitlon , il y a longtemps qu'elles eussent fait pénitence dans le cilice et la cendre. Mais aussi, je vous dis que Tyr et Sidon seront mieux traitées que vous au jour du jugement.
Chaque chrétien, pour les moyens quM a de faire son salut , peut entendre de soi cette menace par rapport aux païens et aux hérétiques , qui ne les ont pas à beaucoup près comme lui. Certes , Dieu veut que vous fassiez un grand cas et un grand usage de toutes ses grâces, et avec raison , puisque, pour vous les mériter, il a fallu que son Fils, INotre-
Seigneur, soit mort. Toutes les bonnes pensées que vous avez, toutes les saintes inspirations qui vous sont, données , tous les mouvements de piété, sont le prix de son sang. Ces grâces ne sont-elles donc pas de grand prix , et partant , sont-elles à négliger?