J. DE LA JOIE QU'IL REÇOIT DE SON RETOUR ET DE SA CONVERSION
A dd ucite vitulum saginatum ? et occidite ? et manducemus, et epulemur , quia hic filius meus mortuus erat ? et revixit ,- perierat et invent us est* (Luc. i5. 23.)
Amenez-moi le veau gras et tuez-le ; mangeons et faisons bonne chère , parce que mon fils , que voici , était mort , et il a recouvré la vie , il était perdu , et le voilà retrouvé.
C'est le père de l'enfant prodigue, figure de Dieu, qui parle sur le retour de son fils.
Congratularnini mihi , quia inveni ovem meam quœ perierat. Congratularnini mihi , quia inveni drachmam quant perdideram.
(Luc. i5. 6 et 9.)
Réjouissez-vous avec moi , parce que
j'ai recouvré ma brebis , qui était égarée.
Prenez part à ma joie J parce que j'ai retrouvé
la drachme que j'avais perdue.
Bien que tout le profit de la conversion du pé-
102 JFSUS-CHK1ST ENSEÏGNÀNt LES HOMMES.
ehetir soit pour le pécheur, Dieu néanmoins veut qu'on s'en réjouisse particulièrement avec lui, parce qu'il en reçoit en sa façon incomparablement plus de joie que le pécheur. Comme si , dit Saint Thomas expliquant ces mots, sa conversion et son bonheur faisaient une grande partie de sa félicité. Dieu a tant d'amour pour l'homme que, s'il pouvait souffrir , il souffrirait assurément des peines inexplicables , et tomberait en des ennuis mortels , toutes les fois que l'homme se sépare de lui par le péché. (S. Catherine de Gênes.) Devrai, lorsqu'entre deux amis il arrive rupture d'amitié , celui des deux qui aimait davantage ressent plus de douleur de leur division , comme aussi plus de contentement de leur réconciliation , le regret de leur désunion et la joie de leur réunion allant à l'égal de son amour. L'amour de Dieu pour l'homme étant infini, il appert combien grand serait son déplaisir , s'il en était capable , lorsque l'homme le quitte , et combien grand est son plaisir, quand il retourne à lui. 0 homme , ne le quitte donc jamais pour ne point l'affliger, et si, par malheur, tu l'as quitté, retourne incontinent à lui pour le réjouir.