DE LA PASSION ET DE LA MORT DE NOTRE- SEIGNEUR
Oportuit pati Chrïstum. (Luc. 24. 26.) Il a fallu que Jésus-Christ souffrit
La mort , et la mort de la croix , dans un abîme de douleurs et d'infamies , pour vous mériter le pardon de vos péchés. Ce sont vos péchés qui l'ont attaché au gibet et qui l'ont fait mourir. (Isaie.) Considérez la dignité infinie de celui qui souffre , ce qu'il souffre et pour qui il souffre ; et après , voyez quelle obligation vous avez de changer de vie.
Tristis est anima mea usque ad mortem.
(Matth. 26. 38.)
Mon âme est triste jusqu'à la mort.
Il était saisi d'une profonde tristesse , et avait le cœur si serré qu'un ange vint du ciel pour le consoler i et nonobstant tout le renfort de cette consolation , il s'excita un renversement si étrange dans son intérieur que de la violence de sa peine , il sua le sang en telle abondance que la terre en fut tout arrosée. Regardez-le attentivement en cette extrémité de désolation et d'ennui pour votre sujet. Qui, après un tel spectacle, n'aura point regret d'avoir réduit la Majesté divine en un état si pitoyable, et qui ne concevra un dessein véritable et efficace de se convertir ? S'il ne le fait, il faut qu'il se prépare à un horrible châtiment.
Filiœ Jérusalem , nolite flere super me , sed super vos ipsas Jlete ? et super fdios vestros y quia si in viridi ligno hœc jaeiunt , in arido quidjiet? (Luc. 23. 28 et 21.)