ARE VASTES
L'organisme serait plus sensible au tangage et à la houle qu'au roulis mais il réagit surtout à leur combinaison.
Outre ces trois types d’oscillations, le navire est ‘susceptible de présenter à la surface de l’eau des mouvements antéro-postérieurs ou latéraux qui jouent aussi un rôle dans la genèse du mal de mer.
. L'avion, du fait de sa grande mobilité dans tous les plans, est sujet à une variété plus considérable encore de mouvements : tangage, roulis, houle, accélérations rectilignes, lacets, sans compter toutes les acrobaties auxquelles il peut être soumis. Mais la plupart d’entre eux sont voulus par le pilote et, si l’on s’en tient aux oscillations imprévues de l'avion dans l'atmosphère qui sont les plus difficiles à supporter, elles se ramènent encore presque exclusivement aux trois types classiques : le tangage, le roulis et la houle. Encore ceux-ci sont-ils beaucoup plus légers que pour le navire, l’air constituant un milieu moins mouvant que la mer.
Il. — FACTEURS ADJUVANTS
Si la‘ cause essentielle du mal d’oscillation réside dans les mouvements de va-et-vient subis par l’organisme, d’autres facteurs peuvent intervenir pour le favoriser ou le contrarier. Ces facteurs sont liés soit à l'individu soit au milieu qui l’entoure. |
A) Facteurs extérieurs.
1° Les qualités du bateau, de l'avion, du chemin de fer, jouent un rôle de premier plan.
La stabililé surtout est essentielle et on observe beaucoup moins de malades sur les vaisseaux trapus de tonnage supérieur à 6.000 tonnes que sur les navires légers plus élégants et plus rapides.
L’aéralion est non moins importante : bien des gens qui, sur le pont, supportent parfaitement les oscillations du bateau, sont malades dans leur cabine où
l’atmosphère devient irrespirable dès que le mauvais temps obligé à tenir les hublots fermés. De même les
passagers supportent souvent mieux un voyage en avion découvert qu’en avion fermé, et l’on sait que beaucoup de personnes sont incapables de circuler en auto ou en train s'ils ne tiennent pas les fenêtres ouvertes.
La chaleur, les mauvaises odeurs, le bruil des moteurs agissent dans le même sens que le manque d'air et, s'ils ne provoquent pas à eux seuls les malaises comme le prétendent souvent les gens, les favorisent certainement ;
20 Les conditions météorologiques interviennent en agissant.sur l’état de la mer ou de l’atmosphère : le vent, la pluie, l'orage sont autant de facteurs qui accentuent le mouvement oscillatoire et favorisent les troubles. L’itinéraire de la traversée a son importance également et, contrairement à ce qu'on pourrait
croire, un voyage dans les régions côtières agitées par les vagues est plus pénible qu’un voyage au long cours où l’on trouve une mer plus calme dès qu’on
atteint le grand large.
B) Facteurs personnels.
Mais, placés dans les mêmes conditions, les passa— gers ne réagissent pas tous de la même façon. C’est qu’un grand nombre de facteurs personnels
entrent en jeu.
1° Facteurs physiologiques :
— D'abord la race : les Méridionaux et les Orien— taux sont plus sensibles au mal que les Nordiques.
— Puis le sexe : les femmes semblent plus sujettes que les hommes en raison de leur nervosité et du relâchement des organes.
— Enfin l’âge : les enfants en bas âge sont certainement très réfractaires sinon toujours indemnes comme on l’a prétendu. On a invoqué pour l’expliquer de nombreuses raisons : le petit volume du corps, la tonicité de la paroi, le bon état des organes, le développement incomplet de l’appareil vestibulaire, l’appareil de suspension parfait que constituent pour les nourrissons les bras de leur mère.
Les vieillards semblent également assez résistants bien que certains auteurs prétendent le contraire. Les divergences peuvent être attribuées au degré variable d’intégrité des organes,
er
Les adolescents et les adultes offrent le terrain le plus favorable.
— La profession même semble jouer un rôle par l’habitus qu’elle confère à l'individu et ceux qui exercent des professions libérales sont particulièrement exposés au mal.
20 Facteurs pathologiques :
Toutes les tares organiques prédisposent au mal %’oscillation.
Les troubles digestifs : dyspepsie, ptoses, insuffisance hépatique.
Les {roubles circulaloires : maladies chroniques du cœur et des vaisseaux. |
Les hernies bien plus fréquentes qu’on ne croit et souvent insoupçonnées.
La fatigue, l’anémie qui diminuent la résistance du sujet.
Il y a lieu enfin de faire une place particulière à la grossesse qu’on ne saurait classer dans les états pathologiques mais qui constitue un terrain très favorable au mal.
En résumé, si on veut grouper tous ces éléments en un seul, on peut dire que les sujets à tempérament vagolonique (femmes, hépatiques, dyspeptiques, déprimés) sont prédisposés au mal d’oscillation alors que les sympathicotoniques (enfants, fiévreux, aliénés, | hypertendus, basedowiens) y sont réfractaires.
ie 30 Facteurs psychiques :
Les facteurs physiques ne sont d’ailleurs pas seuls: en cause et il faut faire une place importante aux facteurs psychiques.
Un bon moral est un appoint considérable pour: résister au mal : la tristesse, les chagrins, d’une part ; l'anxiété, la crainte, d’autre part, favorisent l’apparition des troubles. Les sujets nerveux et impression— nables offrent un terrain d'élection et on sait le rôle de l’imitation et de la suggestion dans tous ces syndromes : il suffit de voir un voisin malade ou de se persuader qu’on le sera pour se sentir gagné par le: malaise alors qu’on s’en préserve avec un entourage plein d’entrain et de la confiance en soi-même.
Ce rôle du psychisme déjà si considérable dans. la genèse du mal de mer ou du mal d’avion prend une place prépondérante si on envisage les multiples vertiges de locomotion. La cause originelle : le mouve-
ment oscillatoire, finit par passer au second plan à tel
point qu’on a pu observer un véritable mal oscillatoire en l’absence d’oscillations.
C’est ainsi que Stannus attire l’attention sur un groupe de personnes ayant une sorte de diathèse pour souffrir du mal de mer, de l’air ou de terre. Ces personnes qui joignent à des antécédents hépatiques fréquents, un état d’anxiété et d’instabilité psychique, présentent des troubles analogues dans les salles surchauffées et surpeuplées telles que salles de concert. ou de conférence. :
Dans le même cadre il faut placer le mal de mer
mental, affection très curieuse et bien individualisée... En opposition au mal de mer somatique son origine: ne réside pas dans les oscillations du navire. Il est. déclenché par l’imitation, par hétéro-suggestion (récits de naufrages, de traversées mouvementées) ou auto-suggestion, par la phobie du mal de mer ou par le souvenir d’un voyage pénible. C'est ainsi qu’on cite le cas d’un médecin qui ressentit les premières atteintes. du mal en se promenant le long d’une rade où les bateaux étaient bercés par le flot ; on rapporte aussi le cas encore plus typique d’une fillette de 4 ans qui, ayant fait à l’âge de 2 ans une traversée pénible, présenta à l’occasion d’un nouveau voyage une crise d’acétonurie quelques jours avant l’embarquement.
Ce mal de mer mental est parfois très difficile À dis- tinguer du mal de mer somatique lorsqu'il survient àbord, d’autant plus que les deux éléments sont souvent intimement liés. On le reconnait à ce que le malade accuse, en dehors des symptômes habituels, des troubles particuliers : diplopie, rétention urinaire ; que ces symptômes sont nettement exagérés et sans rapport avec l'état de la mer ; qu’ils peuvent même survenir sur le navire à l’ancre ou sur le quai, à la vue du bateau ; qu’ils s’améliorent nettement par letraitement suggestif ; enfin que le sujet présente souvent des tares nerveuses.
Tout ce qui vient d’être dit à propos du mal de mer mental est vrai également pour le mal d’avion, de chemin de fer, d’auto, etc.
Enfin, l'élément psychique joue certainement aussi