SCÈNE X
RABOURDON, VICTOR.
VICTOR
Votre santé, mon père, paraît meilleure.
RABOURDON.
On me l'assure asseyez-vous-là : il s'agit, mon fils, d'une
affaire importante ; si je consens à ouolierle passé, c'est que je compte sur votre docilité pour l'avenir.
VICTOR
Ah! mon père, soyez sûr que vos volontés seront les miennes, et pourvu que vous me permettiez de suivre ma vocation...
Quant à cela, c'est votre affaire, et puisque le bien de votre mère vous suffit, soyez artiste, philosophe, chansonnier, tout ce qu'il vous plaira... du moment que la famille vous accepte tel quel, et sans demander d'argent comptant...
VICTOR
La famille! quelle famille?
RABOURDON.
Eh bien, celle de la jeune personne.
VICTOR
Quelle jeune personne?
RABOURDON.
Ma future belle-fille... est-ce que je ne vous ai pas déjà dit?...
VICTOR
Non, mon père.
RABOURDON.
Ah çà, j'ai donc des absences à présent? c'est inquiétant, cela...
VICTOR
Au nom du ciel, de qui parlez-vous?
RABOURDON.
De mademoiselle Eugénie Barmont.
VICTOR
Se peut-il? Mais, mon père, je n’aime pas cette demoiselle.
Je crois bien ! vous ne l’avez encore vue que deux fois.
* VICTOR^ se levant et avec fermeté.
Je suis désolé, mon père, que vous m'ayez exposé à vous désobéir.
RABOURDON.
Plaît-il? vous dites...