LIRA
C'est le docteur Vilmpt qui me l'a conseillé.
MADAME FONTANEY
Le docteur?
LINA. I
C'est lui qui a donné les derniers soins à ma pauvre mère, |
quand nous revînmes en France, il y a un an; et, depuis ce |
temps, il n’a cessé de s'occuper de moi et de me protéger, tandis que mon oncle n'a jamais voulu voir ni ma mère ni moi, parce que mon pèi'e s'était marié hors de France contre son avis.
MADAME FONTANET
Repousser sa nièce sans la connaître!...
LINA
Heureusement, quand je me suis vue seule au noonde, je n'ai pas perdu coiu-agc; mon éducation brillante me devenait inutile... je pris l’aiguille, je brodai pour quelques-unes des clientes de M. Viîmot; mais... (avbc embarras). Mais un joiu", le bon docteur crut voir quelque danger dans mon isolement.
madame fontaney,
4e le crois bien! il y a des jeunes gens d’une hardiesse !
LINA, vivement.
Oh! celui-là était bien honnête!
MADAME FONTANEY
Celui-là? qui donc?
LINA, baissant les veux.
» Un artiste que j’avais rencontré plusieurs fois; un soir que „ j’avais été retenue un peu tard chez une de mes pratiques, il se trouva encore siu- mon passage... mais celle fois, ce fut pour * me défendre contre de grossières insultés... et il me parla ensuite avec tant de respect et d’émotion!... Moi, je le remerciai vivement... c’était un devoir; et je pensais à lui avec bonheur, et sans défiance... Mais le docteur ayant appris, je ne sais comment, qu’un jeune homme inconnu s’était permis de m’adresser une lettre... c'était vrai... il m’avait écrit... me dit que je ne pouvais plus rester dans ma petite chambre, et que je devais chercher un asile près de vous.
MADAME FONTANEY
Et il a bien fait.. Oh! je le reconnais bien là... Eh mais, le ' voici.