LUCIEN
ÉPIGRAMME
Un médecin m'avait envoyé son fils pour qu'il apprît chez moi les belles-lettres. Dès qu'il
(i) Démocritc répondait sagement à Hippocfate que, passé^ trente ans, on devait être son meilleur médecin ; c'était l'opinion du Néron, mais avec une pointe de malice à l'égard des médecins qu'il avait l'audace de traiter de bourreaux. Il ne fut pas, du reste, le seul empereur romain qui ait raillé les médecins : Vespasicn et Maximilien, entre autres, ne les ont guère ménagés. On raconte que ce dernier, étant malade, fit venir plusieurs médecins, plus pour s'en divertir que pour suivre leurs conseils; il demanda à chacun d'eux en particulier Quoi? (combien) ; mais, ne comprenant pas la question du prince, ils restèrent tous muets, à l'exception du plus âgé qui, pensant que Maximilien, par le mot Quoi, entendait Combien il avait laissé mourir de personnes, saisit sa barbe à pleines mains et lui répondit Tôt (autant), voulant dire qu'il en avait fait mourir Autant que sa barbe avait de poils. Satisfait de la réponse, Maximilien lui dit qu'il était, sinon plus savant que ses confrères, du moins plus spirituel et plus sincère.
«Muse, chante la colère (i) m et ■
t le troisième vers « précipita chez Plutou beaucoup d'Ani lames », il cessa d'envoyer son fils à mes leçons. Le père m'ayani rencontré : ■ Je te rends grâce, cher maître, me dit-il, mais mon fils peut apprendre tout cela avec moi ; en effet, je précipite bien des âmes chez Plutoii, et pour ci
'; n'ai nullement besoin d'u