ESCULAPE
Mais pourquoi donc? J*espère Que mes droits en ces lieux valent mieux que les tiens.
(i) Traduction de M. Âmédée Scribe.
(2) Le texte dit empoisonneur.
El de quels drai Jupin, en châtin Fait éclater sur
idigne, à l'iDimorlalilé.
bdcber loi-métne il se jeta?
Insotcntt Moi le Ëls du mailte du lanneire, Des mortels malheareni, moi le dieu tutélairt Moi, dont le bris donipti cent monstres furieu Et Ëi baisser la tète au crime audacieux.
Je serais mis de piir avec un empirique, Un charlatan qu on vit sur la place publique, S'agitant en tous sens et des pieds et des mair Débiter à vil prix ces baumes souveraÏDsl Si les médicaments, si ion art si facile.
is d'un martel géufreui?
Quand tu te préseutas an céleste portique, Du centaure Nessus la fatale tunique, £t les feni du bûcher par toi-mime allamé, T'avaient déjà deux fois en entier consumé, lugratl et cependant ce fut ma' main amie Qpl sut te rappeler de U mort i U viel
Oai» pour moi je ne fixs qa'un ptorre médecin; Répondre mes bien£iits sur toat le genre hnmain, Des âèTtes et des maux, hBasi de mille sortes; Ëlotjnier p«r mon art les hidenses cohortes.
Te n en discouTiens pis, tel était mon emploi. aLus da moins je n ai point, esdare comme toi» Sons la poorpre cachant ma ralenr engoordie.
An milieu des palais de la riche Lydie, Fait toomer an fiisean dans mes doigts langonrem. On ne m*a jamais m, ridicule amoureux.
Humblement prosterné, ramper aux pieds d'Qmphale, Le front encor âétri par l'or de sa sawialel On ne ma jamais fu, j'en frissonne dliaaciirl On ne m*a jamais tu, dans mes accès dlmmenr.
Immoler à la fois et mes fils et leur mère (i) I
KEKCtTLE
Si tu ne te tais pas, à langue de TÎpéiel
Malheur à toil malheurt car, d'un bras TOOU i e ux ,
Enlevé tout tremblant jusqu'au plus haut des denz.
Te te laisse tomber la tête ù. prexnière ;
Val l'immortalité ne t'empêchera guère
De te rompre le cou, de te briser les os;
Et je gagerais bien que le dieu de Ddos (al.
Ce dieu des médecins, ne pourra, quoi qu'u £use,
Raccommoder à neuf ta méchante carcasse.
JUPITEK
Cessex, je tous l'ordonne, on loin de ce repas Je vous forcerai bien à porter vos débats.
Qu'Esculape, avant toi, prenne place à la table, n est mort le premier, ce seul drmt est valable.
(i) Mégare, dont il avait en Onytis, ThMmaqne, Démocoon et Créontûdes.
(2) Apollon.
La gouttk. — Quel raorlel sur !a terre ne reconnaît en moi, qui suis la goutte, ia souveraine invincible des douleurs? Ni la vapeur de l'encens ne peut calmer ma violence, ni le sang répandu sur les brasiers ardents, ni les temples oii sont suspendues les oflraDdes de k richesse. Péan, avec ses remèdes, ne peut triompher de moi, lui, le médecin des dieux du ciel, ni Esculape, le fils de Phébus. Depuis que le genre humain a pris naissance, les hommes ont eu l'audace de vouloir détruire mon pouvoir, en mêlant l'adresse de leurs remèdes. Mille artifices sont invenlés contre moi ; l'im broie du plantain, l'autre de l'ache ; celui-ci des feuilles de laitue ou de pourpier sauvage ; celui-11 du poireau, du potamogéion, des orties, de k consoude; d'autres préparent la canillée qui fleurit sur les mitrais, du panais cuit, des feuilles de pécher, de la jusquiame, des pavots, des oignons, de l'écorce de grenade, de l'herbe aux puces, de la racine d'hellébore, du niire, du fenugrec infusé dans du vin, du frai de grenouille, de la stobée, de la gomme de cyprùs, de la farine d'orge, des feuilles de chou cuites, de la saumure, des crottes de chamois, des
excréments humains, de la farine de fèves, de la fleur de pierre d*Asius (i); d'autres font cuire des crapauds, des belettes, des lézards, des cliats, des grenouilles, des hyènes, des élans, des renards. De quel métal les hommes n*ont-ils pas essayé, de quel suc» de quelle sève ? Et les 08 de tous les animaux, les nerfe, la peau, la graisse, le sang, la fiente, la moelle, IHuine, le lait? Les uns boivent le remède en quatre fois, les autres en huit, la plupart en sept. Celui-ci se purifie avant de boire la potion sacrée ; celui-là se laisse abuser par les charmes des imposteurs ; un troisième fou se laisse attraper par un juif; un dernier, enfin, implore le pouvoir de la médecine. Mais moi, qui fais pleurer tout le monde, j'arrive d'ordinaire encore plus irritée contre ceux qui recourent à ces moyens, et qui essayent de me chasser.
Ceux, au contraire, qui ne font point de résistance, je me s;:ns bienveillante pour eux, et je les traite avec douceur. Quiconque est initié à mes mystères doit apprendre avant tout à ne dire que de bonnes paroles, à charmer les autres, à tenir de joyeux propos. Tout le monde se met à rire et à applaudir quand on le voit porter aux bains. Je suis cette Até dont parle Homère (2), qui marche sur la tète des hommes avec mes pieds délicats ; le vulgaire me nomme
(i) Ville de U Troade.
(2} Iliade, ix, 500.
Ugoutte, parce que je le preads par les pieds (i). J'ai déjà dompté plus d'un héros; les sages ne t'ignoreni: pas. Priam aux pieds légers est devenu PnacD aux pieds goutteuK. Ua mal de pied a causé la mort d'AdiiUe, fils de Pelée; Bellérophon cul à supporter les douleurs que je cause. Le souverain de Thèbes, Œdipe, avait les pieds gonQés. Flistbine, un des Pélopid'es, était podagre, et podagre le iils de Péan, un des chefs de la flotte. Un autre chef des Tbessaliens, Podarcés, quoique podagre, prit le commandement des navires lorsque Protésilas eut péri dans un combat. C'est moi qui ai tué le souverain d'Ithaque, Ulysse, âls de Laêrte, et non pas l'arête d'une pastenague. Malheureux, vous n'aurcï point à vous réjouir de votre insolence et vous en subirez le juste châtiment.
Les médecins. — Nous sommes Syriens, nés i Damas; pressés par la faim et par la misère, nous parcourons, errants, et !a terre et les flots. Nous possédons cet onguent, don paternel, avec lequel nous soulageons tous ceux qui sont ^dagies.
La GOtnTE. — Et quel est cet onguent?
comment se prépare-t-il?
Un MÉDEcm. — Un serment redoutable ne me permet pas de divulguer ce secret, et notre père, en mourant, nous a recommandé, comme
volonté dernière, de uc ré^réler i pe r so n ne li puissance de ce remède, qui met un tenne à vos cruelles douleurs.
La goutte. — Eh quoi I misérables, il reste encore dans le monde une mixture assa forte pour géncr mon pouvoir? Eh bien I fusons na pacie, et voyons qui remportera de la force dn rcinèile ou de mes feux. Venez id, douleurs aux regards sombres, qui volez de toutes parts, compagnes de mes orgies, approchez. Qpe l'une L-inbrasc le bout des pieds de cet homme, qu'une autre pénètre dans ses talons; toi, ri^pands ta liqueur acre à l'intérieur de ses {^cnuux ; et vous, pliez-lui les doigts des mains Loninie de l'osier.
hi.s oouM'URS. — Vois, nous avons exécuté tes ordres; ils gisent étendus, faisant entendre, les malheureux, des cris lamentables ; notre u])pruche leur a tordu tous les membres.
La Gourn:. — Allons, étrangers, voyons mainieiiam si votre onguent peut vous servir. S'il s*oppose réellement à ma fureur, j'abandonne la terre, je me précipite dans ses entraillef, je me jette inconnue, invisible, au fond des gouffres du Tartare.
Li- MiiDKCiN. — Voilà l'onguent appliqué, et les feux de la douleur ne diminuent point.
Lii GOUTTEUX. — Hélas! grands dieux I je suis transpercé, je suis mort; un trait invisible me déchire tous les membres. La foudre de Jupiter n'a pas de plus terribles effets; les flots
de la mer se soulèvent avec moins de fureur, et les tourbilloDj de la tempête sont moins impétueux. Snis-je mordu par la dent cruelle de Cerbère ? Le venin d'une vipère me dévore-t-il î Est-ce le poison de li lunique du Centaure ?
Ayez pitié de moi, déesse, cet onguent n'est pas mon ouvrage. Il n'est pas de remËde qui puisse arrêter votre course, et tous les suffrages vous proclament victorieuse des mortels.
La goutte. — Cessez, tortures, modérez leurs douleurs, puisqu'ils se repentent d'avoir osé me délier; que chacun sache que, seule entre les divinités, je suis intraitable et supérieure à tous les remèdes.
DION CASSIUS (iSS-240)
E ROMAINE (l)
... Estant donc réduit Auguste en telle extrénùté de maladie, qu'il ne pouvoit administrer ny vacquer à aucunes affaires, ny mesme aui plus urgentes et nécessaires, un médedn nommé Anionius Musa luy restitua sa santé avecques certains breuvages et laveraens froids, en récompense de quoy Csesar luy donna une grosse
(ï) UL» ic s-tc
I fnof oiSj pir Anttioync Cac^ue,
somme de deniers, et le droict de porter Tanneau d*or, pource qu'il estoit serf af&anchy, et avecque ce pour Tamour de luy, il donna pareil droict et prérogative d'honneur à tous ceux qui pour lors faisoient et feroient cy après profession de la médecine. Si eut ce médecin la fortune propice et bien favorable en ceste cure, ou pour mieux dire, et comme ie croy, les dieux le voulurent favoriser pour lors, car quelque temps après, Marcellus (i) cheut en une maladie de laquelle il mourut, bien qu'il le pensast et servit en la mesme sorte qu'il avoit faict Auguste.
DIOGÈNE LAERCE (200 ap. J.-C.)
Fie des plus illustres philosophes de rantiquité