XXV
Cependant, l'ancienne méthode se maintenait dans toute sa vigueur, et elle avait en sa faveur de grands témoignages à revendiquer, lorsque, du temps du grand Pompée, le rhéteur Asclépiade, qui ne tirait pas de l'art de l'éloquence assez de profit i son gré, mais que la sagacité de son esprit rendait propre A toute autre chose qu'aux déclamations du barreau, se tourna tout i coup à la médecine. Le seul parti qu'il y eût pour un homme qui ne l'avait pas pratiquée, et i qui surtout il manquait la connaissance des
remèdes, qu'on ne peut se procorer que par les yeux et l'usage, il le prit : ce fut de n toutes les méthodes reçues (i); de discourir beaucoup pour flatter les malades, et de ne parler jamais saas préparation; de rappeler toute la médecine à la recherche des causes de chaque maladie, et de la rendre toute conjecturale. Sa méthode roulait principalement sur cinq moyens de curation généraux, qu'il nommait «les secours communs». Ces moyens étaient l'abstinence des aliments et quelquefois celle du vin, les fréquentes frictions du corps, et l'exercice soit à pied, soit en litière. Or, comme évidemment chacun pouvait se procurer soi-même ces sortes de secours (2), tout le monde s'intéressant
dogme d« .nci™> ^ il n\ èp«gnt »ucu pu mtoïc Hlppocr.
S»n. dodM p>r« q
un j lrou«r quelque n dn médedoi qui
u'ili fiiuient lunoai
Il «■««. pu pl« Umporains t . LorJ.
Astlipiidi pour voir
|> au succès de remèdes si fkdles et si ùmples, il oa sur lui les yeux de presque tout le genre 1 humain, et se fit regarder comme un homme I envoyé du ciel.
d'Asclépiade
Liv. VU. c. XKKVÎl.
Le médecin Asdéplade, de Pruse, parvint au mble de la renommée par une nouvelle secte I qu'il forma; par le mépris qu'il fit des ambassades et des promesses du roi Mithridate; par nn \ moyen qu'il trouva de guérir ses malades avec ige du vin; par la vie qu'il sauva à un homnieque l'on conduisait  la sépulture, et surtout par les engagements qu'il avait pris avec la fortune, en consentant j Ërrc déshonoré dans sa profession, si jamais il éprouvait la moindre maladie. Ses engagements furent remplis; il mourut, dans une extrême vieillesse,... d'une chute qu'il lit dans un escalier.
WU/.mniU). .Lnnf
Oa ne peut voir sans étonnement, sans même quelque indignation, qu'aucun art n'ait été moins constant (i), et ne soit encore sujet i plus de variations que la médecine, quoique le plus lucratif de tous.
... Le même âge, qui fut celui de Néron, vit la médecine passer sous les lois de Thessalus, qui bif&it tous les préceptes des anciens et s'acharnait avec une sorte de fureur i parler contre tous les médecins qui avaient existé jusqu'alors. Ua seul Irait suffira pour faire juger de la sagesse et du caractère du personnage; il prenait insolemment le titre à'iaironice (a), et il le fit mettre sur l'inscription de son tombeau, placé dans la voie Âppiemie. Q^and il sortait en public, il avait un cortège plus nombreux que celui d'aucun pantomime ou d'aucun conducteur de char. Cependant, Crinas, de Marseille, qui joignait i la médecine la science des mathéma-
(i) L« DiMaiiua de Dîniï Egèr, doni pirle Plioùus duu » BiWfolWiM, rti.f«iinii:i.i cem rhapi.rts sur 11 1 -■ mUiule : i= premier tait pour t'iffiiniiiiye » le iujvir Il nigative.
[i) Viimjiuiir d« inldeciai.
tiques, se fit une grande réputation de prudence et de religion dans le même temps. Il ne ûdsait prendre à ses malades aucun aliment qu'à certaines heures et dans certaines circonstances, toujours réglées sur ses almanacbs, et par ce moyen, il acquit encore plus d'autorité que Thessalus. Aussi, de nos jours, a-t-il laissé e
cent mille sesterces (l), pour < s murailles de Marseille, après en avoir employé autant i bâtir dans d'autres villes. Ces deux médecins gouvernaient la vie des hommes, lorsque Charmis, de la même ville de Marseille, s'empara tout A coup de Rome, en condamnant, non seulement tous les médecins venus avant, mais jusqu'à l'usage des baiiis chauds. Il vint â bout d'établir celui de l'eau froide, même dans les plus grands froids de l'hiver, il plongea tous les malades dans les lacs. On voyait de vieux consulaires se geler par mode, par ostentation, et nous avons même sur cela le témoignage de Sénèque. Voilà cer comme tous ces gens-là, pour s I vogue par quelque nouveauté, font.
i les
s des a
de nos vies.
De là ces malheureux débats et ca dictoires autour des malades, aucui Cants ne voulant penser comme un ne point paraître opiner du bonnet,
ede ti des consul-
de quelqu'ui
De U cette funeste inscription d'un tombeau où l'on fait dire au mort que K le grand nombre des médecins l'a fait périr (1). » Tous les jours, cet art inconstant et sujet i tant de variations, change e somme agités comme des vagues, par tous les venis des charlatans de la Grèce: car il est évident que quiconque a parmi eux le talent de discourir (1), devient aussitôt arbitre absolu de
pas des milliers de peuples (3) qui ^
po^H Uêiundre, voir po^o i
loli. > Une teatte semhiMc <
Dnier dîi firiboLïs dàai
BtbjlonU
médecins, sinon sans médecine, ainsi qu'a vécu le peuple romain pendant plus de 6oo ans (i), quoiqu'il n'ait jamais été lent à recevoir les arts utiles, et qu'il ait même accueilli la médecine avidement, jusqu'à ce qu'il l'oit condamnée après de tristes épreuves.
C'est ici l'endroit de retracer ce qui s'est passé chez nos pères de plus remarquable i ce sujet. Cassius Hermina, l'un de nos plus anciens auteurs, rapporte que le premier médecin qui parut à Rome fut Archagatus, fils de Lysinias, qui vint du Féloponèse en cette ville sous le consulat de Lucius jEmilius ei de Marcus Livius, l'an S)}; qu'on lui accorda le droit de bourgeoisie, et qu'on lui acheta, des deniers publics, une boutique dans le carrefour d'Acilius; qu'il fiit nommé le Médecin dts plates, ou le Vulnirairt, parce qu'il s'attachait i cette partie; que son arrivée fit d'abord un plaisir étonnant, mais qu'ensuite sa cruauté à employer le fer et le feu . sur le cotps humain lui fit donner le nom de bourreau, puis détester l'art et tous les médecins. C'est ce que Caion rend bien sensible, lui dont l'autorité ne tient rien, ni de la censure qu'il exerça, ni du triomphe qu'il obtint, parce qu'elle F a des fondements bien plus solides en lui-
(i) Pnnc DE icui probibtcment pirler que d» mtdedns itTiugeim; UT, tuivini Denyi d'Hillcimuie, piiidiiit la pale <fi\ larvlm 1 RamE l'in jai de H fbi>d*iion, «il plu de deui
suffiHjedt p« padT l« Mnobrc det makdfls.
même. Nous r « Je vous p Grecs en temps et lieu;
'.s propres paroI»|l
s marquerai ce que je trouve d'excellent i Athènes, et je vous ferai voir qu'il est bon de prendre une teinture de leurs lettres, non d'eu faire une étude approfondie. Race indisciplinable et très méchante! pensez que c'est un homrae inspiré qui parle ainsi d'eux. Toutes les fois que cette nation nous apportera ses cou naissances, elle répandra la corruption parmi nous, et bien plus encore si elle nous envoie ses médecins. Ils ont juré entre eus de faire périr par la médecine tout cequ'ils nomment Barbara (l). Ils en ont fait une profession mercenaire pour mieuK gagner leur confiance, et les perdre plus aisément. Ils nous traitent aussi de Barbares, et cette qualification est pour nous une injure plus grave et plus atroce que pour les autres peuples qui sont incultes et grossiers. Je vous ai défendu lout commerce avec leurs médecins".