MAKI
... Mais le frùrc avait été si indigné de la fin ira^çiquc et injuste de sa sœur, qu'il ne put en
écnrcli^ vif pour Avoir laisse mourir le fils d'un roi de Perse. lUroun-Al-Kushid ordonna de mettre à mort Gabriel Baktichua qui «Viiit eu 1a niAladrcsse de lui revoter le danger de sa position; eu médecin ne dut son salut qu'à la mort du tyran. Gabriel Zcrbi, n*AyAnt pu guérir un pacha de Bulgarie, fut scié entre deux planches sur l'ordre des fils du défunt. Avicéne fut longtemps emprisonné pour la même cause. La reine Austrigilde, femme du roi Gontran, exigea en mourant et obtint de non mari qu'il ferait tuer et enterrer avec elle les deux médecins qui t'AVAÎent soignée pendant sa maladie. Alexandre fit mettre A mort Callisthénes ; Ptoléméc Philadelphc, Amyntas de Khodcs et Pyrrhus, Cinéas, pour avoir conspiré contre eux. Hudémc fut accusé d'avoir empoisonné Drusus et livré au bourreau. Vcctius Valcns, amant de Messaline, épouse de Claude, eut le même sort Louis XI n'était pas tendre avec ses médecins, il maltraita ceux qui, à la suite d'une syncope, l'éloignérent de la fenêtre où il était accoudé, et punit le médecin
soutenir l'idée. Un chagrin profond s'empara, de lui; sa bile s'échauSa, i! tomba dans un délire suivi d'une fièvre brûlaaic; de sorle qu'il devint nécessaire de le soigner à son tour. Sa femme, qui depuis longtemps avait perdu le titre d'une épouse eu en perdant la fidélité, aUi trouver un médecin d'une perfidie notoire, déjà fameux par ses exploits et par les trophées qu'il s'était élevés d'une main assassine. Elle lui promit surle-champ cinquante mille sesterces, moyennant lesquels il devait vendre un poison subtil, et, elle, acheter la mort de son mari. Le itiarché étant conclu, on fait semblant, comme pour lui rafraîchir les entrailles et pour le purger de sa bile, d'avoir besoin de celte potion par excellence, que les savants nomment la potion sacrée (i). Mais, à la place, du en substitue ime autre qui n'était sacrée que pour la plus grande gloire de Proserpine.
ie CIuiIei vu, »o fin, pour I'uvdIi conlriial i mugcr pendut M milldie. Oa uit pir quel sublerfuge »□ mideclD Jacqna CdcdR panliii 1 iiiiet les muutis de ce priace : Il
im noyèi i] quii I ds Midicis tl pis
Déjà, en présence des gens de la maison, de «juciqucs amis, de quelques parents, le médecin préfycntait au malade le breuvage honnêtement préparé de sa main. Mais cette femme audacieuse voulant à la fois se débarrasser du complice de ^m crime et gagner l'argent qu'elle avait promis, saisit la coupe devant tout le monde : « Non illustre médecin, dit-elle, non, vous ne ferez pas boire cette potion à mon cher époux, que vous n'en ayez avalé vous-même une grande partie* car, comment sais-je qu'elle ne recèle pas un poison fatal? Et, du reste, cette précaution ne saurait oflfcnser un personnage aussi prudent et aussi instruit que vous Têtes : n'est-il pas tout simple qu'en épouse dévouée et qui s'inquiète de la santé de son mari, je l'entoure des tendres sollicitudes que je lui dois? » L'étrange sortie de cette femme abominable mit tout à coup le médecin hors de lui, et, privé dans une conjoncture aussi pressante du temps nécessaire à la réflexion, avant que le trouble ou bien l'incertitude de la femme eût laissé pressentir qu'ellemême était coupable, il avala une grande partie du breuvage. Le jeune homme, rassuré par cet acte, prit le vase à son tour et but ce qu'on lui offrait.
L'attentat ainsi consommé, le médecin regagnait sa maison au plus vite, ayant hâte de neutraliser par un antidote salutaire les redoutables effets du poison qu'il venait de s'administrer. Mais, fidèle au plan de scélératesse qu'elle avait
— >29 — déjà commencé d'accomplir, l'horrible créature ne lui permit pas de s'éloigner d'elle de l'épaisseur d'un ongle, n Nous attendrons, disait-elle, que le breuvage élam bien répandu dans le corps permette de reconnaître à l'évidence les effets salutaires de cette médecine ; » et ce ne fut qu'à grand'peine que, fatiguée de ses instantes prières et de ses supplications, elle lui permit enfin de s'en aller. Mais, durant ce temps, le poison avait sourdement agi dans les entrailles du mailieuteus et s'était communiqué dans toutes les parties du son corps. Déjà foct malade et plongé dans un assoupissement mortel, il arrive chez [lui avec bien de la difficulté. A peine a-t-il le ■temps de tout conter à sa femme et de lui rc- Fcommander qu'elle réclame au moins la réconi- I pense promise pour ce double trépas; puis, bientôt, succombant à la violence du tnal, le vertueux esculape rend le (Jernier soupir. Le jeune homme, de son côté, n'avait pas vécu plus longtemps; et, au raiheu des larmes hypocrites et mensongères de sa femme, il avait fini d'une manière aussi tragique.
Après qu'il eut été enseveli et au bout de
quelques jours, pendant lesquels on rend aux
morts les devoirs funèbres, l'épouse du médecin
se présenta pour recevoir le prix de la double
mon. La veuve, jusqu'au bout semblable à elle-
' même et bannissant la bonne foi pour n'en gar-
Kder que l'ombre, lui répondit dans les termes les
T(ilus affeaueux. Elle lit mille et mille protesta-
tions et s'engagea à remettre sans délai le prix convenu, si on voulait lui donner encore un peu de cette même potion, afin, disait-elle, d'achever ce qu'elle avait commencé. Bref, donnant dans le piège infernal, l'épouse du médecin consentit facilement; et, pour se rendre plus agréable à cette femme qui était fort riche, elle retourna en toute hâte au logis et lui rapporta toute là boite de poison, sans qu'il y manquât rien. Cette scélérate, ainsi grandement mise à même de multiplier les forfaits, porte de tous côtés ses mains homicides sur ce qui l'entoure... et, dans un diner où elle invita un jour à l'improviste la femme du médecin, elle la fit périr avec sa propre fille au moyen d'un même poison.
AULU-GELLE (il' siècle)
Nuits attiques