ANONYMES
ÉPIGRAMMES
Non clystere usus Pbiscott tetigitve, sed ejus Notnen ut in fehre commemini périt/
Phiscon ne m'a pas donné de clystere, ne m*a pas touché; mais j'ai la fièvre, je me rappelle son nom, je suis mort I
Qui fuerat Chiron ceperat esse Cbaron.
dui fut Chiron (i) devient Charon (2).
Impediunt certe medicamina plura salutem;
Non plures Medici, sed satis unus erit.
Nunquam, crede rnihi, a morho levahiiur œger.
Si mulih Medicis crédit nr tina salus.
( 1 ' Centaure médecin .
( 2) Nocher des enfers.
Pour entraver la guérison, rien de tel que de prendre beaucoup de médecines ; mais il est inutile de prendre beaucoup de médecins : un seul suffit. Jamais, crois-moi, personne ne se débarrassera d'une maladie tant que Ton confiera le salut d'un Qialade à plusieurs médecins.
Jul... occubuit tandem, res mira tôt inter Carnifices, Jurem vix potuisse nijori.
Jnl... a enfin succombé : n'est-ce pas un prodige qu'au milieu de tant de bourreaux, un voleur ait eu tant dé peine à mourir ?
Qui plerumque ipsofacitis medicamine morbum Et diro ante diem agrotos dimittitis orco.
Scilicet hoc wbis induisit opinio rerum Una potenSf claies inferre impune per orbem Mercedemque alieno obitu, laudemque parare f
C'est vous, médecins, qui, le plus souvent, créez la maladie avec vos remèdes, et livrez le malade à une mort prématurée. Ainsi l'opinion, cette singulière puissance, vous a donné le droit de porter impunément la désolation à travers le monde^ et de tirer profit et gloire de la mort d'autrui I
IN EUNOMUM
IjmgueHiem Caîutn, moriturum dixerat oUm
Eunomus; evasit fait ope non Medici, Paullo fost ipsum vidit aut vidUse putavit
PaîUnt^n, et multa mortis in effigie.
Quis tu? Caius? ait, vivis~ne? Hicabnuit. Atquid
Nunc agis hic? Jussu Ditis, ait, venio.
Ut quia notitiam rerumque bominumque tenerem,
Accirem Medicos, Eunomus ohrigutt.
Tum Caius : Metuas nibilj Eunome, dico ego et omnes
Nulîum, qui saperet, dicere te Medicum.
CONTRE EUNOMUS
Caïus était gravement malade; Eunomus déclara qu'il allait mourir : le moribond en réchappa, grâce au hasard et non au médecin. Peu de temps après, Eunomus le rencontra, ou plutôt il crut le voir, tout pâle, portant la mort sur son visage. « Est-ce toi, toi Caïus? Es-tu vivant? dit-il. — Non, répond Gûus. — Mais alors que viens-tu faire ici? — ^Je viens sur l'ordre de Pluton. Connaissant les. hommes et les choses, je suis chargé de réunir les médecins. » Stupeur d'Eunomus. « Ne crains riens, dit Caïus : en vérité, je le déclare, et personne ne me contredira : il faudrait être ou pour te croire médecin. »
Carnifici Medicus par est, nain cœdit uterque Impunè et inerces cadis utrique datur,
Judiciutn melius fuerit subiisse latronis Gmnadii Medicas quant petiisse manus.
nie et enim cades sancte execratur et odit :
Hic pratium capit et ducit ad Elysios,
Le médecin est l'égal du bourreau; tous deux tuent impunément, et tous deux reçoivent un salaire. Il vaudrait mieux avoir affaire au brigand Gennadiusquè d'implorer le secours d'un médecin. Celui-là au moins déteste ses crimes et les maudit (i) : le médecin en tire profit et gloire.
Automno agrotos qui plures sustulit utto
Quam folia Automni frigore lapsa cadunty Langtiehat inedicus Tbemison, efflamina vita
Pracipit : ardebat scindere Parca manu.
Corripuit dextra fusci regnator Averni,
Iratusque Dca talia voce dédit :
Tune illum stygias toties qui mittit ad undas
Miîlia tôt bominém tollere stulta voles}
Celui qui, dans un seul automne, tuait plus de malades que le froid ne fait tomber de feuilles à l'approche de l'hiver, le médecin Thémison languissait à son tour, et déjà la Parque se hâtait, empressée à couper le fil de ses jours. Mais voici que le roi des enfers saisit la déesse par la main, et lui fit entendre ces paroles irritées : « Comment, voilà un homme qui tant de fois a envoyé tant de milliers d'hommes dans notre empire, et tu veux le supprimer? tu es une sotte. »
f i) Probablement ce malfaiteur avait fait amende honorable avant sa mort.
Si vis curari, sed morho nescio quati, Accipias berham, sed qualem nescio velquam, Portas nescio quo; curàbere, nescio qnando.
Si vous voulez être guéri» je ne sais de quelle maladie, prenez je ne sais ' quelle herbe, mette2«la je ne sais où, vous serez gnèri )e ne ^s qoand.
/mùation.
Si vous voulez guérir de je ne sais quel- mal. Prenez je ne sais quoi, frottez votre animal; Que sais-je à quel endroit, aux pieds ou à la tête. Vous verrez, savoir quand, mieux trotter votre bête.
Vers tirés de V Antidote de la Mélancolie (i).
MEDICORUM SCOMMA Stercas et urina, bac Medicorum fercula hina (2).
(i) Traduits par Du Four, C. D. Mëdedn.
(2) Rabelais traite le même sujet dans un passage de Pan-
Ugruel :
Stercus et urtnd liedici sùni prandia prima : Ex aliis paltas, ex istiscoUige grana.
L'excrément et l^ùrine sont les meilleurs repas du içrédedn : dans Tune la paille, dans Tautre le gr^n.
« Vous prenez mal, dist Rondibilis, le vers subséquent esc tel :
Nobis sunt signa, vobis sunt prandia digtia.
Pour nous, ce sont des indices et ce sont repas dignes de vous. »
Dans les Scrûs de Guillaume Bouchet, noûlïft^oTons^ un