APHORISMES SUR LES HONORAIRES DES MÉDECINS
Exige dum doUt : post curam tnedicus olei (i).
Fais-toi payer quand ton malade sou£fre encore après la cure, le médecin pue.
(i) Cet Aphorisme est imité de celui d'Hq^xKrate : Aceipt dum doUt, quia samus sohtn nolel.
« Reçois tes honoraires pendant que le malade souffire; guéri, il ne voudra plus payer. • Le sieur de Marconnay, dans ses Nou' vtlles découvertes en médecine, a composé sur cet aphorisme le quatrain suivant :
Qjiand de grandes douleurs tourmentent un malade, Il promet tout son bien pour avoir la santé ; Prends d'abord son argent, pour plus de sûreté, Crainte qu'étant guéri, il ne paye en gambades.
Enricus Cordus a donné à la même pensée un tour plus original :
Très medicus faciès babet : unam quando rogatur, Angelicum : mox est cum juvat ipu Deus.
Post ubi curato poscii sua pnemia morbo, Horridut apparet terribilis que Satan.
A-t-on besoin de lui, le docteur est un ange. Et même un dieu, si vient la guérison.
Vient'il & réclamer son salaire? Tout change, H n'est plus qu'un affreux démon.
Elle était bien inutile la loi de Valentinien qui, en obligeant Rojie à entretenir un médecin pour les pauvres, défendait à celui-d de demander plus que ce qu'on lui offrirait après la guérison, et d'exiger ce qu'on lui aurait promis pendant la malad e.
Exige dum dolor est, nampostauam cura (i) Audebit sanus dicere : mulia dedi.
Exige de l'argent pendant la maladie : avec la santé, ton client trouvera assez d'aplomb pour te dire : « Je vous ai déjà beaucoup donné. »
Dum doîet infirmus, medicus sit pi^nore firmus : Ars qua non venditur vilitendttur.
Tandis que le malade est encore faible, que le médecin se ûisse donner des arrhes : on méprise toujours ce qu'on ne paie pas.
Empta solet care tnultos tnedicina juvare :
Si dat4 sit gratis flil confert utilitatis.
Les remèdes que l'on fait payer cher guérissent d'ordinaire le malade : si on les donnait gratis, ils n'auraient aucun effet.
Tune dicunt medici : da da, Cum dicit languidus : ba, ha!
Quand le patient crie : aïe, aïel Les médecins disent : paie, paie.
(i) Ce distique et les deux suivants Uisscnt beaucoup à désirer sous le rapport de la prosodie; nous les reproduisons tels que nous les avons trouvés dans nos recherches.