‹ Le mal qu'on a dit des médecins (volume 3)Chapitre 11 sur 106 · FRAGMENTS D'UNE PIÈCE INCONNUE · texte numérisé non relu

FRAGMENTS D'UNE PIÈCE INCONNUE

... Regarde bien autour de toi : il n'y a pas un médecin qui souhaite la santé à ses amis, pas un soldat qui souhaite la paix à sa patrie.

.... Le médecin et le juge ont le droit de donner la mort sans la recevoir (i).

Stobée, Fhrigélium.

(i) C'est le mot de la Mazarinade, Catéchisme des courtisans de la cour de Maxarin, 1649 •

— Q}i*est-ce qu'un médecin?

— Un honorable bourreau.

PHILEMON, le jeune.

— Quel est cet homme?

— Un médecin.

— Par Jupiter, un médecin est bien malade quand tout le monde se porte bien (i).

MENANDRE (342-290)

... A prendre un médecin bavard c'est une maladie de plus que Ton gagne.

... Ce qui m'a achevé, c'est la consultation des médecins que mon médecin a voulu s'adjoindre ; je succombe sous le nombre (2).

(i) Dans une comédie jouée à Venise vers la fin du XVI» siècle» la Verita ramivga, se trouve une réminiscence de ce passage : un apothicaire et un médecin se réjouissent de voir que les maux publics vont faire leur bien particulier.

(2) On raconte que l'empereur Adrien mourut d'un flux de sang dans la Gimpanie, à l'âge de soixante-deux ans, en prononçant les mêmes paroles : « C'est le grand nombre des médecins qui m'a tué. » Aussi lui attribue-t-on souvent, à tort, la

Imitation.

Pourquoi vous étonner, Julie, Qu'un peu de fièvre et de mélancolie Ait pu mettre en cinq jours Amarante au tombeau ?

Avec ce pénétrant génie Qui connoit le plus fin de la philosophie, Pourquoi demeurer court dans un chemin si beau, Et douter du sujet de ce malheur funeste?

Cessez de vous en prendre aux innocens destins :

La cause en est trop manifeste.

Elle avoit quatre médecins.

BoRDELON, 'DiveriiU:^ curieuses, i6^ç.

M. F... estant extrêmement malade et voyant autour.de lui plusieurs médecins qu'il avoit fait appeller pro forma, afin de faire une consultation sur sa maladie, dit qu*il j'imaginoit estre un soldat qu'on alloit passer par les armes, et

paternité de cette épigramme. On peut la rapprocher de la réflexion d'un ancien qui, voyant plusieurs médecins assemblés en consultation autour d'un moribond, s'écria : « Qjue lie vautours auprès d'un misérable cadavre. »

Casimir Delavigne, parodiant une apostrophe célèbre d'Horact, lance contre les médecins un trait analogue dans les ComédUttf, acte I, scène ii :

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