‹ Le mal qu'on a dit des médecins (volume 3)Chapitre 16 sur 106 · APOPHTEGMES DES LACÉDÉMONIENS · texte numérisé non relu

APOPHTEGMES DES LACÉDÉMONIENS

IL Apoph, d'Agésiîas, — Le médecin luy avoit ordonné en quelque sienne maladie une manière de médecine pour recouvrer sa santé, qui n'estoit point simple ne facile, mais fort laborieuse et difficile : « Par les dieux jumeaux, dit-il, si ma destinée ne porte que je vive, je ne vivray pas quand je prendray toutes les médecines du monde. »

Le médecin Ménécrates avoit esté heureux en la cure de quelques maladies désespérées, au moyen dequoy, quelques-uns Tavoient surnommé Jupiter : et lui, par trop arrogamment, usurpoit ce surnom-là, de sorte qu'il eut bien la présumption de mettre en la superscription d*une lettre qu'il luy escrivoit, « Ménécrates le Jupiter au roy Agésilaus (2), salut, n Agésilaus luy rescrivit, oc Agésilaus à Ménécrates, santé », voulant dire, qu'il estoit malade du cerveau.

(i) Traduction d'Amyot.

(2) Athénie dit que la lettre était écrite à Philippe^ Voir page 20.

XX. Apoph, d'Archidame, — Periander cstoit un médecin suffisant en son art, et bien estimé entre les plus excellents, mais qui escrivoit de mauvais vers : il luy dit un jour, « Je mesbahis de toi, Periander, comment tu aimes mieux estre appelle mauvais poëte, que bon médecin. »

LIX Apoph, de Pausanias, — Un médecin le regardoît et consideroit, et après Tavoir bien regardé, luy dit : a Tu n'as point de mal. » — « Cest, dit-il, pource que je n^use point de toy. » , Ses amis le reprenoient de ce qu'il disoit mal d'un médecin, duquel il n'avoit jamais faict preuve aucune et n'en avoit jamais receu desplaisir : « Si j'en avois fait preuve, dit-il, je ne 5erois pas ores vivant (i). Et comme le médecin lui dist : « Tu es devenu vieil ». — « Oui, dit-il, pour ce que je ne me suis pas servy de toy pour médecin. » Il souloit aussi dire, « que le meilleur

(i) On retrouve U même saillie dans ce dialogue :

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