EMPÉDOCLE
Le médecin Acron priait le G)nseil de lui assigner une place où il pût élever un monument
(i) La sutue élevée à Musa, pour avoir guéri Auguste, fut \
brisée après la mort du neveu de l'empereur, dont on le. rendit responsable; mais selon Tinsicuation fort juste de Dion Cassiua, cet esclave afiranchi et ignorant, cqmme la plupart des médecins romains, fut, sans doute, aussi étranger à la mort de Marcellus qu'à la guérison de son oncle.
à son père, comme ayant surpassé tous les médecins en savoir. Empédode empèclia qu'on ne lui octroyât sa demande, tant par des raisons prises de l'égalité, que par le discours qu'il lui tint : « Oiielle inscription voulez-vous, lui demanda-t-il,' qu'on mette sur le monument?
sera-ce cette épitaphe : Acron, le plus éminent des médecins, fils d'un père éminent, est enseveli sur cette roche éminente, lieu le plus éminent de sa patrie éminente (i) ». D'autres traduisent ainsi le second vers : « Cet éminent tombeau contient une éminente tête. »
HERACLITE
Il devint si misanthrope, qu'il se retira dans les montagnes, où il passait sa vie, ne se nourrissant que d'herbes et de racines. Il en contracta une hydropisie, qui l'obligea de revenir à Ephèse, où il demanda en raillant aux médecins s'ils pourraient bien changer la pluie en sécheresse (2). N'ayant pas été satisfait de leur réponse, il essaya de se guérir lui-même; il entra dans une étable et s'enfonça dans du
(i) Lé sel de cette èpigramme est dans le mot acron qui signifie éminent et qui est répété plusieurs fois. Cette ironie s'appliquait fort bien à Acron d'Agrigente- qui était très orgueilleux et s'appelait, par allusion à; sou nom, le metlltur dis médecins.
(2) Ce style énigmatique était habituel à Heraclite et lui avait valu le surnom de Philosophe iénehreux. Voir sa lettre à Amphidamas, page 7. . .
fumier de vache, espérant que la chaleur évaporerait par les pores les eaux dont il était surchargé. Il éprouva Tinutilité de ce remède, et mourut à l'âge de soixante ans.
... Hermippe rapporte qu'il consulta les médecins pour savoir s'il n'y avait pas moyen de pomper l'eau des intestins ; qu'ils répondirent qu'ils n'en connaissaient aucun ; que, pour leur en indiquer un, il alla se mettre au soleil ; qu'il ordonna à des enfants de le couvrir de fumier ; que ce remède l'exténua à un tel point qu'il en mourut deux jours après. Néanthe de Cyzique dit au contraire que, n'ayant pu se tirer de dessous le fumier, il resta dans cet état et fut mangé par les chiens.
ÉPICURE (i)
Il disait qu'Aristote, dans sa jeunesse, avait dissipé tout son patrimoine en débauches, et qu'il fut réduit à se faire soldat pour subsister, et même qu'il avait fait le charlatan en vendant des antidotes dans les marchés.