‹ Le mal qu'on a dit des médecins (volume 3)Chapitre 51 sur 106 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Dans mes voyages, il m'est souvent arrivé à propos de quelque mal survenu, soit à moi, soit à l'un de mes domestiques, de reconnaître la mauvaise foi des médecins. Les uns me vendaient, pour un prix énorme, des remèdes à bon marché; les autres, par cupidité, se chargaient de traiter un mal auquel ils n'entendaient rien. Certains pratiquaient une autre espèce de vol: des indis-

(i) Il serait fastidieux de donner les innombrables recettes que son esprit chagrin voulait substituer i celles des médecins qu*il accuse sans cesse. C'est un fatras d'absurdités, de remèdes de bonne femme auxquels la superstition et la magie sont souvent mêlés. Gtr s'il est un reproche que mérite Pline, c'est précisément celui qu'il vient d'adresser aux médecins : il accepte les contes les plus puérils, les observations les plus fabuleuses sans les contrôler et souvent aussi sans les comprendre.

(a) Ce nom est sans doute le pseudonyme d'un auteur qui, sous le titre dei^ Medicâ, a réuni les remèdes indiqués par PÛne l'Ancien dans la partie de son ouvrage consacrée à la médecine.

positions qui pouvaient être guéries en quelques jours, ou même en quelques heures, ils les tratnaient ea longueur (i); ainsi, les malades devenaient pour eux un revenu, et le niiédecin était plus à redouter que la maladie. Aussi, ma-t-il semblé nét.essaire de réunir un certain nombre de recettes et d'en dresser la liste, afin d'éviter partout où j'irais, les pièges de ce genre, et de me mettre en voyage avec l'assurance qu'en cas d'indisposition, les médecins ne tireraient pas un revenu de ma personne et ne profiteraient pas de l'occasion pour s'enrichir.

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