C. DUBOS
Jadis gladiateur, aujourd'hui médecin, Rufus n'a pas quitté son métier d'assassin.
Éloi Johanneau.
Liv. IX, Ep. 91. — SUR HIPPOCRATE
Santonica medicata dédit mihi pocula virga, Os hominisi muîsum me rogat Hippocrates,
Tarn stupidus, nunquàm nec tu, puio, Glauce, fuisti, Cbalcea donanti Cbrysea qui dederas.
Dulce aliquis tnunus pro munere poscit amaro ? Accipiat, sed si potat m eîleboro,
Hippocrate m'a donné une potion empoisonnée avec l'herbe de la Saintonge. L'impertinent ! il me demande en échange du vin miellé I Tu ne fus jamais aussi stupide, à ce que je crois, Glaucus, lorsque, pour les armes d'or que tu donnais, on te rendit des armes d'airain. Demander une douce faveur pour un présent amer I J'y consens cependant ; mais qu'il boive mon vin dans un mélange d'ellébore.
Imitation.
Paul, qui vient de m'empoisonner D'un gros flacon d'absinthe amère.
S'attend que je vais lui donner De vin doux une pleine aiguière.
Y pense-t-il, le médecin?
Et me croit-il donc si peu fin Que, comme le Glaucus d'Homère, J'échange, afin de lui complaire.
De l'or pur contre de Tairain ?
Pour des bonbons du chicotin, £t pour du nectar de Teau claire ?
Le singulier troc que voilai Mais pourtant j'y consens encore, A condition qu'il boira.
Mon vin mélangé d'ellébore.