PLATON
LES LOIS,— Diai, 9.
«.. O insensé I tu ne soignes pas le malade, tu lui fais un cours, comme s'il avait besoin, non de guérir, mais de devenir lui-même médecin.
LA RÉPUBLIQUE. — Zw. III.
— Hérodicus (i) était maître de gymnase :
devenu valétudinaire, il a fait de la médecine et de la gymnastique un mélange, qui servit à le
les nrines; 00 bien encore, c'est qne le prince des médecins, Hippocrate, goûta aux excréments d'un malade pour savoir s'il guérirait ou non. » G>melius Agrippa, dans Vlnartitude et la vanité des sciences et des arts, renchérit encore sur ce genre d'aménités t « Ordinairement, écrit-il, les médecins sont des gens infects, capables de porter la contagion. Oh ! la vilaine race ! Arrosés d'urine, parfumés d'excréments, toujours entre le pot de chambre et le bassin, ils sont, sans comparaison, plus sales, plus puants, plus repoussants que les sages-femmes mêmes, et c'est peu dire 1 » Puis il les appelle des Seatomantes, des Tdte-m..,^ des Inspecteurs de la matière fécale, et enfin des Dévoreurs de m,,,
(i] Hérodicus, de Sélivrée, eut pour disciple Hîppocrate; mais celui-ci fut peu favorable k la méthode de son maître. II dit « qu'en cherchant & surmonter la fatigue que cause la maladie par une autre maladie, il aggravait souvent l'état de ses malades, au lieu de les soulager. »
tourmenter surtout lui-même, et bien d'autres après lui.
— Comment donc?
— En lui ménageant une mort lente; car, comme sa maladie était mortelle, il la suivait pas à pas sans pouvoir la guérir, et négligeant tout le reste pour la soigner, dévoré d'inquiétudes pour peu qu'il s'écartât de son régime, de sorte qu'à force d'art il parvint jusqu'à la vieillesse dans une vraie agonie.
— Son art lui rendit là un beau service.
La plus grande marque d'une mauvaise police et d'un peuple déréglé, c'est de trouver parmi eux beaucoup de juges et beaucoup de médecins.
Imitation,
Qjiand je rencontre à chaque pas Un suppôt de la médecine (Disait le Scythe Arsecilas), Sans tirer les sorts, je devine Qu'il est là force gens malsains Pour payer tant de médecins.
Sur ce pied-là je m'imagine Que plus d'un grand vice domine Parmi les peuples que je vois Chargés d'un grand fatras de loix.
Platon disoit bien à propos qu'il n'appartenoit
qu'aux médecins de mentir en toute liberté, puisque nostre salut despend de la vanité et de la faulseté de. leurs promesses.
Montaigne, Essais, liv. II, chap. xxxvii.
Platon regardait la médecine comme aussi préjudiciable aux particuliers qu'à la société.
Le Mercure, fév. 1772.
Socrate, au rapport de Platon, au 3e livre De regno (i), félicite un peintre ignorant, sur ce qu'il avait abandonné un art qui exposait ses fautes aux yeux de la multitude, pour en embrasser un qui mettait ses béviies à l'abri, en les couvrant de cinq à six pieds de terre.
Leroy, Le Charlatanisme démasqué,