‹ Le mal qu'on a dit des médecins (volume 3)Chapitre 72 sur 106 · LIV. XVIII · texte numérisé non relu

LIV. XVIII

Je m'étais retiré, pendant les chaleurs de l'été, à Céphisie, près d'Athènes, dans une maison de campagne d'Hérode, très illustre personnage, où

abondent les eaux, les bois et les ombrages. La diarrhée et une fièvre violente me forcèrent à m' aliter. Le philosophe Calvisius Taurus, accompagné de plusieurs de ses disciples, vint d'Athènes pour me voir ; j'avais alors près de moi un médecin de Tendroit qui se mit à expliquer à Taurus ma maladie et la nature périodique de ma fièvre. Tout en causant, il vint à dire que j'étais déjà mieux. « Vous pouvez, ajouta-t-il en s'adressant à Taurus, en juger par vous-même en lui tâtant la veine. » Cette ignorance, qui confondait dans son langage la veiné avec l'artère, accusait, aux yeux des savants amis de Taurus, un médecin dont il y avait peu à attendre, comme leurs murnures et leurs physionomies le témoignaient.

Alors Taurus, avec sa douceur habituelle :

« Nous sommes convaincus, dit-il, homme de bien, que tu n'ignores pas ce que c'est qu'une veine, ce que c'est qu'une artère : les veines sont de leur nature immobiles, et on ne les sonde que pour en tirer du sang ; les artères, par leurs mouvements et leurs pulsations, indiquent la nature et la force de la fièvre; et, je le vois, tu t'es ainsi exprimé plutôt pour te conformer au langage vulgaire que par ignorance. Tu n'es pas le premier que j'aie entendu prendre, en par. laut, la veine pour l'artère. Au reste, montre-toi plus exact dans la pratique que dans le langage; et, avec l'assistance des dieux, rends-nous notre ami sain et valide le plus tôt possible. »

JULIUS CAPITOLINUS (IV siècle)

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