‹ Le mal qu'on a dit des médecins (volume 3)Chapitre 99 sur 106 · ANONYMES · texte numérisé non relu

ANONYMES

ÉPIGRAMMES '

Non clystere usus Pbiscon tetigituCt sed ejtu Nomen ui infebrecomtnemini périt/

Phiscon ne m'a pas donné de clystère, ne m'a pas touché ; mais j'ai la fièvre, je me rappelle son nom, je suis mort I

Qui fuerat Cbiron ceperat esse C baron.

Qui fut Chiron (i) devient Charon (2).

Impediunt certe medicamina plura salutem;

Non plures Medici, sed satis unus erit.

Nunquam, crede mibi, a morho levàbiiur ager.

Si multis Medicis creditur una salus.

[i] Centaure médecin.

( 2) Nocher des enfers.

Pour entraver la guérison, rien de tel que de prendre beaucoup de médecines ; mais il est inutile de prendre beaucoup de médecins : un seul suffit. Jamais, crois-moi, personne ne se débarrassera d'une maladie tant que Ton confiera le salut d'un malade k plusieurs médecins.

Jul,..occubuit tandem, res mira toi inter Camifices, furent vix potuisse mori.

Jul... a enfin succombé : n'est-ce pas un prodige qu'au milieu de tant de bourreaux, un voleur ait eu tant de peine à mourir ?

Qui plerumque ipsofacitis medicamine morbum Et diro ante diem agrotos dimittitis orco, Scilicet hoc wbis induisit opinio rerum Una potens, cîades inferre impune per orhem Mercedemque aliéna obitu, laudemque parure I

C'est vous, médecins, qui, le plus souvent, créez la maladie avec vos remèdes, et livrez le malade à une mort prématurée. Ainsi l'opinion, cette singulière puissance, vous a donné le droit de porter impunément la désolation à travers le monde> et de tirer profit et gloire de la mort d'autrui 1

IN EUNOMUM

Languetiiem Catum, moriturumdixerat olim

Eunomus; evasit fati ope non Medici.

Paullo post ipsum vidit aut vidisse putavit

Pallentetn, et tnulta mortis in effigie.

Quis tu ? Caius ? ait, vivis-ne ? Hic abnuit. Atquid

Nunc agis hic? Jussu Ditis, ait, venio.

Ut quia notitiam rerumque bominutnque tenerem,

Accirem Medicos. Eunomus obriguif.

Tum Caius : Metuas nibily Eunome, dico ego et omnes

Nullum, qui saperet, dicere te Medicum.

CONTRE EUNOMUS

Caïus était gravement malade; Eunomus déclara qu'il allait mourir : le moribond en réchappa, grâce au hasard et non au médecin. Peu de temps après, Eunomus le rencontra, ou plutôt il crut le voir, tout pâle, portant la mort sur son visage. « Est-ce toi, toi Guus? Es-tu vivant? dit-il. — Non, répond Gûus. — Mais alors que viens-tu faire ici ? — Je viens sur Tordre de Pluton. G)nnaissant les hommes et les choses, je suis chargé de réunir les médecins. » Stupeur d*Eunomus. « Ne crains riens, dit Giïus : en vérité, je le déclare, et personne ne me contredira : il faudrait être ou pour te croire médecin. »

Carnifici Medicus par est, nain crédit uterque Impunè et inerces cadis utrique dalur,

Judicium melius fuerit subiisse latronis Gennadii Medicas quant petiisse manus.

Ille et enim c<tàes sancte execratur et odit : Htc pratium capit et ducit ad Elysios.

Le médecin est l'égal du bourreau; tous deux tuent impunément, et tous deux reçoivent un salaire. Il vaudrait mieux avoir affaire au brigand Gennadiusque d'implorer le secours d'un médecin. Celui-là au moins déteste ses crimes et les maudit (i) : le médecin en tire profit et gloire.

Automno agrotos qui plures sustulit uno

Quam folia Automni frigore lapsà cadunt, Langnebat medicus Themison, etfiamina viia

Pracipit : ardebat scindere Parca manu.

Corripuit dextra fusci regnator Avemi,

Iratusque Dea talia voce dédit :

Tune illum stygias toties qui mittit ad undas

Miîlia tôt bominem tollere stulta vales?

Celui qui, dans un seul automne, tuait plus de malades que le froid ne fait tomber de feuilles à l'approche de rhiver, le médecin Themison languissait a son tour, et déjà la Parque se hâtait, empressée à couper le fil de ses jours. Mais voici que le roi des enfers saisit la déesse par la main, et lui fit entendre ces paroles irritées : « Comment, voilà un homme qui tant de fois a envoyé tant de milliers d'hommes dans notre empire, et tu veux le supprimer? tu es une sotte . »

(i) ProbAblement ce malfaiteur avait fait amende honorable avant sa mort.

Si vis curari, sed morho nescio quali, Accipias berbam, sed qualem nescio vel quant, Fonas nescio quo; curabere, nescio quando.

Si vous voulez être guéri, je ne sais de quelle maladie, prenez je ne sais quelle herbe, mettez-la je ne sais où, vous serez guéri je ne sais quand.

Imitation.

Si vous voulez guérir de je ne sais quel mal. Prenez je ne sais quoi, frottez votre animal; Que sais-je à quel endroit, aux pieds ou à la tète. Vous verrez, savoir quand, mieux trotter votre bête.

Vers tirés de V Antidote de la Mélancolie (i).

MEDICORUM SCOMMA Stercus et urina, bac Medicorum jercuîa bina {2).

(i) Traduits par Du Four, C. D. Médecin.

(2) Rabelais traite le même sujet dans un passage de Pan-

ittgruel :

Sierau et urina Mediei sunt prandia prima :

Ex aliit paltas, ex isiiscollige gratta.

L'excrément et Turine sont les meilleurs repas du médecin : dans l'une la paille, dans l'autre le grain.

I Vous prenez mal, dist RondioiUs, le vers subséquent est tel :

Nobis suni signa, vobis suntprandia digna.

Pour nous, ce sont des indices et ce sont repas dignes de vous. »

Dans les Saries de Guillaume Bouchet, nous trouvons un

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