‹ Le Mal qu'on a dit des médecinsChapitre 101 sur 116 · ESOPE · texte numérisé non relu

ESOPE

Au souhait près l'on ne peut rien de mieux.

Quelqu'habile que soit un gendre,

Si peu qu'un beau-père soit fin,

Il faut qu'il se garde de prendre

Son héritier pour Médecin.

Dans une petite ordonnance,

Un qui pro quo fait tout exprés, Vous trousse le beau-père avec sa confiance, Et comme un postillon vous l'envoyé ad patres. Ainsi ne croyez pas qu'en une maladie

Je m'expose à la perfidie De qui peut par ma mort profiter de mon bien.

Non parbleu, je n'en ferai rien.

Prendre un Médecin pour son gendre, Passe encor, et l'on peut en risquer le destin.

Mais il faut être fou pour prendre

Son gendre pour son Médecin.

'.APOLLON' Peint» satirique.

Pour adoucir l'aigreur de son mortel ennui, Il prend soin d'un enfant qu'il croyoit être à 1 A 11 mère eïpirantc il arrache ce gage.

L'emporte et le confie lui nymphes d'un boca Par elles cha Chimn secrètement conduit, Le centaure fameux dans sa grotte l'instruit. Croisse;, jeune lîsculape, et dans la solitude Médita ce grand art digne de votre étude; Cet art si respecté, dont le puissant secours Commande à la douleur et prolonge les jours.

■jitée,

!::■: lûii.

Et pour premiers sujets pourri compter les rois. On aura fol pour tous. Le trop lent galénique,

Fera;

expérience aux fi

Attacher à leur char l'honneur et la r De l'amour de la vie ardents à profite Us vendront cette mort qu'on cherche Et quand ils quitteront vos fidèles nu La terre dans son sein recèlera leurs ci

(l) Voir la ÉpigrammM

Déjà de ses secrets les merveilles hardies

Releguoient aux enfers l'essaim des maladies;

Et toujours bienfaisant à la honte des Dieux,

Il deroboit la terre aux châtiments des cieux,

Quand, par une entreprise à son art interdite,

Pour complaire à Diane, il ranime Hippolyte;

Et forçant de fléchir l'inflexible destin,

Des griffes de la mort il ravit son butin.

Alors de l'Achéron le monarque barbare,

D'un coup de son trident entr'ouvre le Ténare,

Et sur un tourbillon de bitume et de poix,

Pousse au ciel obscurci sa foudroyante voix.

« Est-ce de ton aveu qu'on me fait cet outrage,

Jupiter? N'es-tu pas content de ton partage?

Et cet audacieux, superbe de son art,

Vient-il me déclarer la guerre de ta part?...

Ah! si je le croyois!... » La nature tremblante,

A ce cri menaçant, frissonne d'épouvante;

Jupiter, d'un souris, rassérénant les airs :

« Cesse de t'alarmer, dit-il, roi des enfers.

Pour un qu'ôte Esculape à ton empire sombre,

Bientôt ses successeurs t'en enverront sans nombre. «

Mais pour calmer l'esprit de son frère irrité,

Il lance un coup mortel au dieu de la santé.

L'atteinte en est certaine, et la brûlante foudre

Prend à sa longue barbe et le réduit en poudre.

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