Scène II
Colombine. — Tu devrais bien chercher quelque remède à nos maux.
Arleojuin. — Hélas ! nous sommes les malades, et voilà les Médecins (montrant le parterre). Il n'y a que la quantité de Médecins qui puisse guérir nostre maladie.
Colombine. — Nous prendrions nostre mal en patience, si nous pouvions avoir icy tous les jours une consultation de cinq ou six cent Médecins.
Arleojuin. .— Oh ! ces Médecins-là ne sont pas si âpres aux consultations, que ceux de la Faculté.
Colombine. — J'en sçais bien la raison. C'est qu'on donne de l'argent à ceux là; et ceux cy au contraire payent à la porte le droit de dire leur avis.
PASQUIN ET MARFORIO, Médecins des mœurs (i) Comédie en trois actes, 1697.