‹ Le Mal qu'on a dit des médecinsChapitre 29 sur 116 · SEINE PARLANT A LA FONTAINE DE FORGES · texte numérisé non relu

SEINE PARLANT A LA FONTAINE DE FORGES

Vrayment ie vous trouve bien vaine De me débaucher mes beautez, Sous prétexte de leurs santez, Petite nymphe de fontaine.

Sçavez-vous que ie suis la Seine Qui porte des bastons notez; Dont ceux qui me font de la peine Peuvent estre très-bien frotez.

le sçay bien que vous vous vantez Que vous estes eau minérale, Et que vos rares qualitez Vous peuvent rendre ma rivale.

Mais, petite nymphe de balle, Vous feriez bien mieux entre nous, Sans me vouloir traiter d'égale, De vous taire et de filer doux.

Car si quelque iour contre vous Ma colère estoit débordée, Les premiers flots de mon courroux, Vous auroient bien-tost inondée.

Contentez-vous d'estre grondée, Et faites en vostre profit, Sans que ie sois enfin forcée Pour. vous perdre à quiter le lit.

Certes i'en aurois du despit; Car enfin il faut que l'on die, Que qui boit de vos eaux guérit, Quand il les boit sans maledie.

O la cure heureuse et hardie De remettre un homme en santé, Quand pendant le temps de sa vie, Il ne s'est iamais mal porté.

Ceux qui conseillent qu'en esté De vos eaux on face carousse, Fussent-ils de la Faculté, Sont de vrais médecins d'eau douce.

Si iamais le destin les pousse

DF. CAII.I.Y (1604-1673)

Où de

peu doc-te et poète s:

1 UN MKtlEITN IGNORANT it bien malade, il t'a désobligé

e dit que DM 1 me dit qu'il

■mpeche aussi bien des gens de se plaindre.

Renault sembloît toujours j'aviiis compassion devoir Et le voila qui boit, qui r Par quel medicnniein i-st-i Gillot, sa seule me Fut de quitter son

!t qui chemine;

Chaf, xm.

... Aussi la voyant tombée malade, :

F»^r la trop grande application qu'elle a 1 ^flaires de son Estât que pour le peu d'exercice Qu'elle faisoit, et counoissanr que l'abondance *^ui feroit vivre les pauvres est celle qui rue les *"iches, et à combien de périls la vie des Grands est exposée quand elle est attaquée par l'ignoîce des Médecins, j'en composay une Pièce, a contre la Médecine, mais contre l'ignorance «les Médecins.

.. On dit que l'Astrologue et la Médecine por lent en eux les monstrueuses semences de cett< pitoyable erreur (j). Il en pourroit bien estrt

quelque chose, parce que la pluspart de ceux qui en font profession donnent beaucoupà la Nature. ... Chacun nous parle Je l'enfance du Monde; et si nous devons juger du passé par le présent, en croire nos Philosophes et nos Médecins, nous ne douterons point de son enfance par sa caducité; parce que, si les histoires ne nous mentent, nous ne voyons point que cette mère Nature, qui dans les premiers siècles composoit des hommes si grands, si forts, et d'un si robuste tempera m ment, employé aujourd'huy si bien cette matière, puisqu'auprés de ces gens du temps passé, nous ne voyons quasi aujourd'hui que des Pygmccs. Les Médecins disent la mesme chose; et quand ils ont tué un malade par les règles de Cialien et d'Hippocrate, ils s'excusent de cette caducité du monde, et accusent la débilité de la Nature, qui, dans les simples et les minéraux, n'inspire plus aujourd'huy la ruesme vigueur qu'on y remarquoit du temps de leurs Maîstres.

SCARRON (1610-1660) (1) Fay-toy porter à i'hospital, et puisque tu t'es

(1] ScriQB n'èlait pas cul- df- jatte, somme en le répjie

i tramé des conseils que ie t'av donnez, ne mesprise pas le dernier que ic te donne. C'est, mon pauvre Montalar, de ne faire point venir de Médecin, qui ne manquera pas de le défendre le vin, ne sçachant pas que cela seul sans la fièvre, est capable de te faire mourir en vingt-quatre heures.

... Elle appella ceus de ses domestiques qui avoient soin de Dom Gardas, et sortit de sa chambre dans le temps que ses chirurgiens y entrèrent. La satisfaction de l'esprit est le souverain remède du corps malade. Dom Gardas espéra des paroles d'Eugénie un si heureux succez pour son amour, que son ame, de chagrine qu'elle avoit esté, comme celle d'un amant sans espérance, s'abandonna à la ioye, et cette ioye servit plus i le guérir que tous les remèdes de la chirurgie.

:t, Livr.

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