Livre XII
Qjl'est dever
u le brave Enee,
Qu'Aseagne
t le fier Mncsthee
Prés de luy s
on lit de camp.
Dn intime Achale,
Voudrai! tire
Le fer qui ca
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Avec herbes de bonne odeur; Dent elle fit une liqueur Qji'elle aporta dans un nuagt Pour mieux dérober sou voyage lapis la prit ci la goû Puis l'endroit doucem Ce qui du sang finit Et de ces maux calma la ww Le fer en tomba sur le champ, Ce qui tetablit dans le camp, Et la valeur et l'allégresse :
lapis le corur tout en liesse
Au diable, l'un qui luv dit ne Tant une guerison si prompte
LE ROMAN COMIQUE, 1" Partie, chttp. XIII.
... Me voilà donc malade à Rome, sans aucune counoissance que celle de mon hôte, qui etoit un apothicaire allemand, et de qui ie reçus toutes les assistances imaginables durant ma maladie. Il n'etoit pas ignorant en médecine; et autant que ie suis capable d'en iuger, ie l'y trouvois plus entendu que le Médecin italien qui me
Et les livres de toutes sortes, Et de suer des le matin, Apres un mot grec et latin, S'il falloit encore pour apprendre Iusquau menu peuple descendre, Et quapres un si grand ennuy, î^ous deussions parler comme luy?
Sera-il non plus raisonnable Qu'un galant qui faict du capable, Ait le droit de mettre en crédit XJn mot que la dame aura dit Omtre les loi* de la grammaire, 3Et que se piquant de lui plaire, Pour loger sa capacité Au mesme rang que sa beauté, 11 introduise aux compagnies Cet employ en galenteries, Le répète cent fois le iour, Et fasse un parti dans la cour Pour donner quelque révérence Au fruict d'une belle ignorance?
C'est aux livres faire un affront Qui nous retombe sur le front.
Mais vous mes fidèles confrères, Qui portés des âmes sévères, Opposés-vous à cette erreur, Et comme moi d'un brave cœur Apportés un effort contraire A ce torrent de populaire, Et disons tous pour parler bien Galène et non pas Galien.
Doncques le mal qui vous tourmente, Monsieur est sans cause apparente, Mais le remesde est fort commun :
Tous les iours il faut prendre à ieun Une portion anodine, Appliquant sur votre poictrine XJn cataplasme de bibus Et de la pouldre doribus :
Iay dict — Lautre qui le regarde,
Respond : — Monsieur, ie me hazarde Et peut estre trop hardiment
hytise Platon, iayrae Aiistote,
Car (jalien sans doute est mien
Qui savent l'an de Suadelle En parlent dessus ce modelle; Lises le Talmud, lAlcoran, La grande glose Je Lyran, Homère au combat des grenouil Avec le livre des quenouilles.
Et saches que ces gens de bien Ont toujours traduict Galien.
l-ncore ay-ie pour moi lusage Qui, dans lempire du langage, Règne a guise de se Il y tient le sceptre Doue des lois et les explique, Enrichit la chose publique
11 en rappelle les bannis, Et, comme il luy prend fautai Leur donne droit de bourgeois:
Souvent il y condamne à mon
t mourir, qui fuit rt ioucit, qui rcniiurci Hn gastanl te"
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El si lantiqnîté sen me aie, Contre luy son pouvoir est d Ayant bien moins dautlioritc Ojia présent un colet moulé.
On void comme lui si germaii
Ne feroit on pai taillerie De voir un homme de vertu.
Tout seul a lantique vestu.
Avec un manteau de druyde, Un chapeau [air en pyramide, Un pourpoint du grand roi l''r;ii],-ui:
La gorge ouverte de trois doigts.
Avec une riche braguette?
Cet homme bien quil eust du ce De la science et de Ibonncur, Se voit sifflé comme un biarre, Ou topinambour, un barbare,
Quelque bondira du temps jadis
Ou lescuier d'un Amadis.
le crois quautant il en fault dire
Cil, baiult, moult, ,-iiWr c
B 'ȕW i hors d'uiij
Mériterait des croquignolles, Et qui pour mériter Ronsard Mettroil : o dolope tauiard, Hache les vtnts à laisk îinclle (l).
Ou bien cet autre bagatelle Sur paUefrm, linnii au beau jiis,
Ce vaù nui vers vous ienvoyc l'asseroil-il pas pour uni oye (2)1 Et seroît-ce pas lobliger
Que de le croire im'au.
Ljijsi's Jonc la votre Gai
Enfin se teut ce malhabile
vieux pronom démonstratif dont le fémmin, «Ut, es
coup; Oliil, pense; entoila ou canin Q), vieille mormaii frappée au temps de Charles VUI.
(i) Autre citation de locutions vieillies : Mof, » guerrier de k tribu grciquL ,[h> 1.),.!..-..:., -^[-ivvrnii i
hiili isnlllr, fais monter [souffler) les vents i l'aile ( à la voile),
(a) Sur palltfry..,, etc. Ces quatre ver, son, .n un;
lerniL't démodés : pjllffroy, nui signifie i:lievjl, courtier, et
fréquemment employé par le, chevaliers les plus plants r désigner les avantages périssables de leurs dmnes.
Sans parler nicsroe de la bile Et sans rendre aucune raison Du mal ni de la guerison.
Alors le troisième sapresle, i-rottc sou nez, gratte sa teste, El pour sembler docte an besoing.
Reprend la chose de plus loïng, — Tomes les nobles compagnies, Dist-il sagement esublies, Ont de vieulx statuts enroolés
Les cardinaux ont leurs maximes
Qu'on ne peut enfreindre sans crimes.
Et donnent bien selon les rangs
Ou la gauche ou la droite aux grandi;
Et tousiours ils font leurs visites
Comme leurs loix les ont prescrites :
De mesme en font les parlements,
Ils ont réglé tous les moments
Des beuvettes, des audiances,
La gravité de leurs séances,
Toutes leurs deputations,
A qui pour quelles actions.
Comment et iusqua quelle porte
Et cela sobserve de sorte,
Qu'ils seraient plus tost escorchés
Que de sestre en rien rebschés.
Voyes un peu la fille aisnee.
Mais fille asses mal couronnée,
Lunivcrsité, quel esclat Garde-t-elle â pied par la ville Marchand avecque sa famille? Elle croiroït faire un grand mal Daller dans Pans a cheval
Est. pour elle en grande révérence!
Ahl que si Ion meust consulté Quand cette illustre faculté, Nostre docte et sacré colege,
A relasché son privilège, Et se mettant à tous les iours, A quitté son premier discours.
Dont le latin estoit la base Et les ornements de sa phrase Tirés du grec ou de lhebreu Entrecoupés par le meilleu De grands mots pris cheux les Arabes, Et dont les divines sylabes Estonnoient les plus forts esprits ; Moy seul iaurois bien entrepris, Par une éloquente parole De destourner ce monopole Et iaurois dict tant de raisons, Dexemples, de comparaisons, Qu'on auroit caché nos misteres Toujours aux âmes populaires Pourquoi consulter en françois?
Faut-il que nostre propre voix Descouvre nos badineries, Nos ygnorances, piperies, Mensonges, souplesses fatras,
De vrays de mort aux rats
Qu'un beau latin demy barbare Cachoit bien et faisoit fanfare !
Estions nous pas plus en crédit Quand il nous estoit interdit Destre en parlant intelligibles, Et rendre nos secrets sensibles?
Que le monde estoit bien duppe Lorsqu'il voyoit un recipe Tout escrit en hierogliphiques, Plein de caractères mistiques Capable de faire apparoir Les farfadets de largue noir, Quon tenoit pourtant par la ville Comme des feuilles de sibille !
Quest ce que geleniabin?
Quest ce que tenehabin?
C'est le miel rosat, c'est la mane,
Mais quen divulgânt au profane, Souvent pour frère dopion Busso a ornilhopodion, Qui nest que le pied dalouette Mais iamais" hybou ny chouette, ^eussent pu faire tant de peur Qu'un mot si grave et si trompeur, Qnand nous disons lycanthiopie "Nous faisons trembler un impie, Au lieu qua présent loup garou >Jest que le sobriquet d'un fou.
Quand on usoit dans la boutique, Pour purgatif de catbartique, Tout le peuple qui l'ignoroit Comme rabins nous admiroit.
En ce temps-la dose, oxicrate "Thisanne, collyre, omoplate, Amygdale, anatomiser, Apozeme, gargariser, Hheume, trombus, hamoragie Sembloyent des termes de magie.
Jviais aujourd'hui, les Médecins ^e passent plus pour des devins ; Us ont trahi trisotomie, JEt l'illustre phlebotemie Oest faire le poil c'est seigner.
Ola mesme, dire ie lose, 32st encore auiourdhuy la cause Que vous avés mal consulté, .
Ou pour mieux parler disputé, Avec émotions de rate Sur l'interprète Dhipocrate.
Car si vous eussiés observé Le statut cent fois approuvé JEusez touiours du latinisme Et iamais du gallicanisme, En disant tous deux Galenus Vous n'en sériés pas la venus.
Pour moy sans que rien ien décide,
Encores qui cy ie préside,
le reviens à monsieur labbé
De qui nostre esprit est gabbé
Et comme iai plus de lumière
Que vous deux en cette matière,
Pour lavoir fort longtemps traicté,
Sans quil en ait rien profité,
Oyes de son mal lorigine
Et quelle en est la médecine
Trois symptômes presagieux
Me font remarquer en ses yeux
Que limportune diarrhée
Dune pituite effarée
Que respend la pia mater
Tourmente le pauvre frater;
Par un orageux précipice
Quelle fait dessus lorifice
De lestomach endommagé,
Et puis si tost qu'il a mangé,
Il se fait dans la cervelle
Un grand cahos d'humeur nouvelle,
Que par levaporation
De la chilification,
Et qui donne dans les viscères
A la nature trop dafiaires
Pour séparer le moux du dur
Et le pur de limpur :
Ainsy la puissance hematique
Portant iusquau sept legumens
Pour un bon sur des excréments :
Et de la vient sa maladie,
A laquelle quoy que Ion die,
Lart d'un affiné Médecin,
Pour donner bientôt quelque fin
Il ne faut quser dune drogue,
Ou cholagogue ou melangogue,
La phantagogue est bonne encor;
Et le sirop du roy Sapor ;
On pourroit prendre lippomane,
Infusé dans 1 eau de padane,
Oo le bezouard du Pérou ; De cela Ion en trouve prou ; Pour nous le laict d'une sirène Est une drogue souveraine, Ou bien a certains iours prefix Vivant de la chair du Phénix, Baignés vous dans leau de Canate, Celte eau divine et deslicate Qui rendit cent fois à Iunon Son pucelage et son renom.
Mais sans chercher tant de fadaises, Vous navez qua prendre vos aises, Et durant deux mois seulement Vous priver de tout aliment, Sans rien manger et sans rien boire, Et la guerison est notoire, De la nulle évapora tion :
Et nulle indigestion.
Ainsi le ventre et la cervelle N'auront plus iamais de querelle. — A peine avoit-il achevé Quentre eux un murmure eslevé, Comme devant un grand orage Un petit flot bat le rivage, Me fit craindre que les ad vis Des premiers estant mal suivis Une colère hippocratique Ne fit la auelque phrenetique, Et pour obvier à cela, Doucement i'y mist le hola, Alors d'un maintien vénérable, Ils s'acheminent vers la table, Ou prenant la plume à la main, Le plus ieune ht lescrivain, Laissant dessus un papier salle Le résultat de leur caballe, En mots si rongnes et perdus, Qnn diable ne les eust pas lus, Puis en faisant la révérence, Chacun vers mon valet sadvance,
Ains
desl
vré Je .
.s fourbes
Que
Dt les s
m pi es tourbes
De leurs s
Que
is à demy guery :
Mon
Mine
d heure
en heure se cl
Que donnent diaiiocens désirs;
le crois quil faudra quon me nu Ou que pour nie faire mourir Ou aille un Médecin quérir.
Si vous pouviez fnïre de niesrne
Repreudroit ses premières (leurs.
Vos yen* une nouvelle grice :
Vous seriez plus vive et plus gn
Sur le mal qui vous ivrannist Par ses vo?us et du fonds du Vostre très humbls serviteur.