Acte II, Scène II
Mirobolan. — Qu'on fasse ajuster cette salle proprement, afin d'y bien recevoir tous ceux qui me feront l'honneur de se trouver à la dissection du corps que me doit .envoyer le maître des hautes œuvres... Car, outre que nous serons plus en notre particulier, le jardin qui sépare ces deux logis la garantira du bruit que les opiniâtres font ordinairement en ces occasions. Il s'en trouve toujours quelqu'un qui n'est jamais d'accord avec les autres, et qui pour soutenir une opinion erronée, fait plus de bruit que quatre.
Dorine. — En vérité, monsieur, tous tant que vous êtes de médecins, vous n'êtes guère d'accord ensemble : votre science est bien incertaine, et vous y êtes les premiers trompés.
Mirobolan. — Cela arrive quelquefois; mais ce n'est pas la faute de la médecine.
Dorine. — Il faut donc que ce soit la faute des médecins, puisque ce n'est pas celle de la médecine.
Mirobolan. — Cela peut être vrai; mais, Dorine, ce n'est pas là ton affaire.
Dorine. — Non, mais je puis dire mon sentiment; et puis si ce n'est pas mon affaire aujourd'hui, cela sera quelque jour en dépit de moi.