‹ Le Mal qu'on a dit des médecinsChapitre 51 sur 116 · LES MÉDECINS · texte numérisé non relu

LES MÉDECINS

Le

médecin

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s'étant trou-. :

Leur malade pava le tribu! i nature,

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es qu'en sc^ conseils Tant-ors eut

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m'eût .

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t plein de

En

pays pie

in de cerfs, un cerf tomba malade.

incontinent maint camarade

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on grabat le voir. le sec<

Le consoler

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letiez qu'en formu comin

La Parque :

pleurs.

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id il plut à Dieu s'en allèrent ;

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e fut pas sans boire un co

Ces

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sans prendre un droit de

pâturage.

Tûl

a brouter les bois du von

jitauce i

lu cerf en déchut de beaucoup.

Il ne trouva plus rien à frire :

D'un mal il tomba dans un pire, Et se vit réduit à la fin A jeûner et mourir de faim.

Il en coûte à qui vous réclame, Médecins du corps et de l'âme !

O temps I ô mœurs I j'ai beau crier, Tout le monde se fait payer.

LE QUINQUINA (i)

Ainsi parle l'École et tous ses sectateurs.

Leurs malades debout après force lenteurs

Donnoient cours à cette doctrine :

La nature, ou la médecine, Ou l'union des deux, sur le mal agissoit.

Qu'importe qui? l'on guerissoit.

On n'exterminoit pas la fièvre, on la laissoit. Le bon tempérament, le séné, la saignée; Celle-ci, disoient-ils, ôtant le sang impur, Et non comme aujourd'hui des mortels dédaignée ; Celui-là, purgatif innocent et très sûr (Ils l'ont toujours cru tel), et le plus nécessaire,

J'entends le bon tempérament ; Rendu meilleur encor par le bon aliment, Remettoient le malade en son train ordinaire. On se rétablissoit, mais toujours lentement.

Une cure plus prompte étoit une merveille.

Cependant la longueur minoit nos facultés.

S'il restoit des impuretés, Les remèdes alors de nouveau répétés, Casse, rhubarbe, enfin mainte chose pareille,

(i) Nous avons reproduit ce poème en entier, p. 123 de la Médecin* littèrairt et antcdotiqut.

! l'habit duc

Sganarulle. — ... Oui. C

vieux Médecin, qui a été laissé en gage au lieu

où je l'ai pris, et il m'en a coûté de l'argent pour

Mais savez-vous, monsieur, que cet

lit me met déjà en considération, que je

s salué des gens que je rencontre, et que

consulter ainsi qu'un habile

homme?

Actt III, Se

D. Juan. — Comment donc?

Sganarelle. — Cinq ou six paysans i paysannes, en me voyant passer, me

*-* «annonces à l'a'

plaisante, si les malades guêrissoiei

on m en vînt

JtD. Juan. — Et pourquoi non ? Par quelle

L * ^on n'aurois-tu pas les mêmes privilèges

j*ï** ont tous les autres Médecins? Ils n'ont pas

"^ "*- : *- s de part que toi aux guérisons des malades,

. tout leur art est pure grimace. Ils ne font

^M que recevoir la gloire des heureux succès:

^^ tu peux profiter comme eux du bonheur du

^ r *- salade, et voir attribuer à tes remèdes tout ce

^ x Ai peut venir des faveurs du hasard et des

X <=»rces de la nature.

Sqanàrelle. — Comment ! monsieur, vous ^tes aussi impie en médecine?

D. Juan. — C'est une des grandes erreurs lui soient parmi les hommes.

Sganarelle. — Quoi ! vous ne croyez pas au séné, ni à la casse, ni au vin éraétique (1)?

D. Juan. — Et pourquoi veux-tu que j'y croie ?

(x) Le vin émétique, stibié ou antimonial, alluma une guerre entre les médecins de l'époque. Guy-Patin, jouant sur les divers noms de ce médicament, l'appelle tantôt hérétique, à cause du schisme qu'il produit en médecine ; tantôt stibial ou stygial, comme pourvoyeur du Styx. De nombreuses et violentes épigrammes furent décochées contre ce remède dangereux ; l'une des plus réussies fut celle qui fut faite en réponse à Y Antimoine triomphant, d'Eusèbe Renaudot, le fils du gazetier, et que M. Poirson a traduite ainsi :

De l'antimoine il faut chanter la gloire !

Il peut monter, dans un char de victoire Au Capitole avec des chevaux blancs.

Applaudissez, histrions, charlatans; Et d'une drogue enflez encore vos listes !

Héros, jamais, eut-il plus de lauriers, S'il ne s'agit pour gagner une page Dans les récits qui passent d'âge en âge, Que de tuer les hommes par milliers.

La routinière Faculté, ennemie de toute innovation, obtint une loi pour interdire l'usage des préparations antimoniales, jusqu'au jour où elles passèrent pour avoir, grâce à l'audace de Valot, sauvé la vie de Louis XIV, à Calais. Mais elles n'empêchèrent pas de mourir Mazarin et contribuèrent même selon les mauvaises langues de l'époque, à abréger ses jours de là ce quatrain :

C'est ne savoir pas l'art, c'est manquer de pratique, C'est de la médecine ignorer les secrets, Que de condamner l'émétique Après le bien qu'il nous a fait.

Ce trait satirique rappelle l'inscription latine « Liberaior patria, » faite à l'adresse des médecins qui avaient assisté le pape Léon X, dans sa dernière maladie.

De même le médecin Curtius, regardé comme ayant, sans

S CijiNARELLË. — Vous avez l'ame bien mé~ r ^ a me. Cependant vous voyez depuis un temps "^ e le vin émétîque fait bruire ses fuseaux : ses ^^^"^■cles ont converti les plus incrédules esprits;

oL - U rfy a pas trois semaines 1 ue l' en ai vu > moi ^ *■ "vous parle, un effet merveilleux.

Ï^.Juan. — Et quel?

. ^Csanarelle. — Il y avoit ua homme qui, ^F*lais sis jours, étoit a l'agonie : on ne savoit 5? .V*s que lui ordonner, et lous les remèdes ne , 1;i «^)icnt rien; on s'avisa a la lin de lui donner 1<a X'émétique.

■*^*. Juan. — II réchappa, n'est-ce-pas P ^^ «anarelle. — Non, il mourut.

-Ci. Juan. ■ — L'effet est admirable I ^^■GANAJtELLE. — Comment I il y avoit six *-*:»:s entiers qu'il ne pouvoit mourir, et cela le

*»--«**41*èi«

J. Guy-Paiin lui donnait le nunioni de Gaipin-

fit mourir tout d'un coup. Voulez-vous rien de plus efficace ?

LE FESTIN DE PIERRE (i) Acte III, Scène I.

don juan, à Sganarelîe, babillé en médecin.

Te voilà bien ainsi.

Où diable as-tu donc pris ce grotesque équipage?

SGANARELLE

Il vient d'un Médecin qui l'a voit mis en gage : Quoique vieux, j'ai donné de l'argent pour l'avoir. Mais, monsieur, savez-vous quel en est le pouvoir? Il me faut saluer des gens que je rencontre, Et passer pour docteur partout où je me montre : Ainsi qu'un habile homme on me vient consulter.

qu'il l'accusait d'avoir tué, avec sa panacée, un intendant des finances du nom de Gargan. Notre malicieux docteur se plaît à reproduire, dans ses Lettres, une épigramme qu'on fit alors contre Valot, à l'occasion de la mort d'Henriette, reine d'Angleterre

Le croirez-vous, race future, Que la fille du grand Henri Eut en mourant même aventure Que feu son père et son mari.

Tous trois sont morts par assassin Ravaillac, Cromwell, médecin.

Henri d'un coup de baïonnette, Charles finit sur un billot ; Et maintenant meurt Henriette Par l'ignorance de Valot.

(i) Cette pièce est la copie de celle que Molière fit jouer en 166$ ; elle fut mise en vers par Corneille en 1673.

DON JUAN. m

Comment donc?

SGANARELLE

Mon savoir va bientôt éclater.

Déjà six paysans, autant de paysannes, Accoutumés sans doute à parler à des ânes, M'ont, sur différents maux, demandé mon avis.

DON JUAN

Et qu'as-tu répondu?

SGANARELLE

Moi?

DON JUAN

Tu t'es trouvé pris.

SGANARELLE

Pas trop. Sans m'étonner de l'habit que je porte J'ai soutenu l'honneur, et raisonné de sorte Que, sur mon ordonnance, aucun d'eux n'a doute Qu'il n'eût entre les mains un trésor de santé.

DON JUAN

Et comment as-tu pu bâtir tes ordonnances?

SGANARELLE

Ma foi ! j'ai ramassé beaucoup d'impertinences. Mêlé, casse, opium, rhubarbe, et cetera, Tout par dragme : et le mal aille comme il pourra, Que m'importe?

DON JUAN

Fort bien. Ce que tu vien» ùc J.rc Me réjouit.

SGANARELLE

Et si, pour vous faire mieux rire, Par hasard (car enfin, quelquefois que sait-on r), Mes malades venoient à guérir?

DON JUAN

Pourquoi non?

Les autres Médecins que les sages méprisent, Dupent-ils moins que toi dans tout ce qu'ils nous disent? Et, pour quelques grands mots que nous n'entendons Ont-ils aux guérisons plus de part que tu n'as? [pas, Crois-moi, tu peux comme eux, quoi qu'on s'en per- Profiter, s'il avient du bonheur du malade, suade,

Et voir attribuer au seul pouvoir de l'art Ce qu'avec la nature aura fait le hasard...

SGANARELLE

Oh ! jusqu'où vous poussez votre humeur libertine ! Je ne vous croyois pas impie en médecine.

DON JUAN

Il n'est point parmi nous d'erreur plus graade.

SGANARELLE

Quoi!

Pour un art tout divin dous n'avez point de foi! La casse, le séné, ni le vin émétique...

DON JUAN

La peste soit le fou !

SGANARELLE

Vous êtes hérétique, Monsieur. Songez-vous bien quel bruit, depuis un temps» Fait le vin émétique.

DON JUAN

Oui, pour certaines gens*

SGANARELLE

^es miracles partout ont vaincu les scrupules : ~J eu * > force a converti jusqu'aux plus incrédules : **t sans aller plus loin, moi qui vous parle, moi, J en ai vu des effets si surprenants...

DON JUAN

En quoi?

SGANARELLE

*o ut peut être nié, si sa vertu se nie.

f^pûis six jours un homme étoit à l'agonie;

*-es plus experts docteurs n'y connoissoient plus rien ;

11 av oit mis à bout la médecine.

DON JUAN

Hé bien?

SGANARELLE

c^^Urt à l'éxnétique. 11 en prend pour leur plaire :

DON JUAN

Le grand miracle ! Il réchappe?

SGANARELLE

]j Au contraire,

etl meurt.

DON JUAN

Merveilleux moyen de le guérir I

SGANARELLE

E^^J**ent! depuis six jours il ne pouvoit mourir; Yj* **^s qu'il en a pris, le voilà qui trépasse ! ~* >, "~ jamais remède avoir plus d'efficace?

DON JUAN

r tisonnes fort juste...

Scimt ni

THEKtSE, à UotOT.

Vraim

nt ! j 'aime assez a "*"**?;

Impudente! il vous tant pirler

vec des hommes!

iwuaia.

Vous ne savez pas bien, nudan

Est-ce faire du mal, quand c'es Ce monsieur-li m'a dit qu'il ê

à BTjhne fin?

oit Médecin;

Et je lui demandois si, pour guérir votre asthme,

llnesavctpas...

Oui, j'ai «r

IcataUsme

Qui, posé lorsqu'on tombe eu

^owlln*™'

Facilite aussitôt la respiration.

Hé 1 mon Dieu 1 là-dessus j'ai

u les plus habiles;

Leurs remèdes me sont remèdes inutiles.

Je le crois. La plupart des plus

grands Médecins des bassins :

• Mais pour moi, qui vais droit Je guéris de tous num-, et je

u souverain dictante.

oudrois, madame,

Que votre asthme vous tint d

haut jusques en bas ;

Trois jours mon cataplasme, i

n'y paroi troit pas.

l'amour médecin (i) (1665)

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