Scène XXII
Béralde. — Mais, mon frère, il me vi
une pensée : faites-vous Médecin vous-mêt
La commodité sera encore plus grande d'a\
en vous tout ce qu'il vous faut.
Toinette. — Cela est vrai. Voilà le i moyen de vous guérir bientôt ; et il n'y a point de maladie si osée que de se jouer à la personne d'un Médecin.
Argan. — Je pense, mon frère, que \ vous moquez de moi. Est-ce que je suis en âge «d'étudier?
Béralde. — Bon, étudier! vou:
savant; et il y en a beaucoup parm sont pas plus habiles que vous.
Argan. — Mais il faut savoir bien parler latin, connoitre les maladies et les remèdes qu'il y faut faire.
Béralde. — En recevant la robe et le bonnet de Médecin, vous apprendrez tout cela; et vous serez après plus habile que vous ne voudrez.
Argan. — Quoi I l'on sait discourir sur les maladies quand on a cet habit-U?
Béralde. ■
i qu'à parler avec
une robe et un bonnet, tout galimatias devien. savant, et toute sottise devient raison.
Toinette. — Tenez, monsieur, quand il n'y auroit que votre barbe, c'est déjà beaucoup : et la barbe fait plus de la moitié d'un Médecin.
Cléante. — En tout cas, je suis prêt à tout.
Béralde, à Argan. — Voulez-vous que l'affaire se fasse tout à l'heure?
Argan. — Comment ! tout à l'heure?
Béralde. — Oui, et dans votre maison.
Argan. — Dans ma maison?
Béralde. — Oui, je connois une faculté de mes amies qui viendra tout à l'heure en faire la cérémonie dans votre salle. Cela ne vous coûtera rien.
Argan. — Mais, moi, que dire? que répondre ?
Argan. — On vous instruira en deux mots, et Ton vous donnera par écrit ce que vous devez dire. Allez- vous-en vous mettre en habit décent. Je vais les envoyer quérir.
Argan. — Allons, voyons cela....
Troisième Intermède.