Scène XI
Crispin. — Me voilà fort bien. Ouvre.
Lise, enirani. — Monsieur le médecin est-il ci?
Dorine. — Non.
Lise. — Le voilà. Pourquoi me le celer?
Dorine. — Que lui voulez-vous?
Lise. — Lui dire seulement deux mots.
Crispin, avec gravité. — Que souhaitez-vous de moi ?
Lise. Monsieur, vous saurez que ma maî-
tresse a perdu son petit chien qu elle aime éperdûment, qu’elle s’en desespère, et qu elle en met
la faute sur moi. Or, comme on m’a dit nue vous sa.ç fart de deviner aussi dienVue^^
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Crispin. - Combien y a-t-il qu’il est perdu? Lise. — Deux jours.
Crispin. — A quelle heure?
Lise. — Sur les onze heures du matin.
Crispin. — De quel poil est-il?
Lise. - Blanc et noir or il o le.
trompette. ’ “
Crispin, faisant semblant de rêver — C’est
Lise, à Dorme. Oh! le brave homme il ous va dire des nouvelles de notre petit chien.
Dorine. — Sans doute.
Crispin. — Écoutez. Il y a deux jours?
Lise. — Oui, monsieur.
Crispin. — Sur les onze heures?
Lise. Oui.
Crispin. — Blanc et noir, et la queue en trompette?
Lise. — Oui, monsieur.
Crispin, après avoir rêvé. — Prenez des pilules.
Lise. — Des pilules!
Crispin. — Oui.
Lise. — Mais cela fera-t-il trouver le chien?
Crispin. — Oui.
Lise. — Mais encore de quelles pilules?
Crispin. — Les premières venues de chez l’apothicaire.
Lise. — Mais, monsieur...
Crispin. — Mais il ne faut pas tant raisonner; faites seulement ce que je vous dis.
Lise. — Combien en faut-il prendre?
Crispin. — Trois.
Lise, lui donnant nn écu. — C’est assez; si je trouve mon chien par ce moyen, je vous donnerai bien des pratiques.
Crispin. — Si vous ne le retrouvez ce ne sera pas la faute du remède.
Lise. — Je vous crois. Adieu, monsieur.
Crispin. — Adieu. {Lise sort.)