‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 207 sur 219 · LA BRUYÈRE · texte numérisé non relu

LA BRUYÈRE

DE l’homme

Irène (i) se transporte à grands frais en Epi

(i) On prétend qu’un

médecin tint ce discours à de

d3.uf0, voit Esculâpc dstis son temple^ et le consulte sur tous ses maux. D’abord elle se plaint qu elle est lasse et recrue de fatigue j et le dieu prononce que cela lui arrive par la longueur du chemin qu’elle vient de faire ; elle dit qu elle est le soir sans appétit j l’oracle lui ordonne de dîner peu : elle ajoute qu’elle est sujette à des insomnies, et il lui prescrit de n être au lit que pendant la nuit : elle lui demande pourquoi elle devient pesante, et quel remede? 1 oracle répond qu’elle doit se lev'cr avant midi, et quelquefois se servir de ses jambes pour marcher, elle lui déclare que le vin lui est nuisible : l’oracle lui dit de boire de l’eau; qu’elle a des indigestions, et il ajoute qu’elle fasse diète : ma vue s affaiblit, dit Irène, prenez des lunettes, dit Esculape : Je m affaiblis moi-même, continue-t-elle, et je ne suis ni si forte ni si saine que j ai été : C’est, dit le dieu, que vous vieillissez. Mais quel moyen de guérir de cette langueur? Le plus court, Irène, c’est de mourir, comme ont fait votre mère et votre aïeule. Fils d’Apollon, s’écrie Irène, quel conseil me donnezvous? Est-ce là toute votre science que les hommes publient, et qui vous fait révérer de toute la terre? que m’apprenez-vous de rare et de mystérieux? et ne savais-je pas tous ces remèdes que vous m enseignez? Que n'en usiez-

Montespan aux eaux de Bourbon, où elle allait souvent pour ues maladies imaginaires.

vous donc, répond le dieu, sans venir me chercher de si loin, et abréger vos jours par un longvoyage ?

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