‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 217 sur 219 · LES MÉDECINS · texte numérisé non relu

LES MÉDECINS

On portoit à l’Eglise un mort de qualité.

Qui dans sa maladie avoit été traite Comme le sont les Grands, avec mainte beveuë Deux Médecins amis, et de la Faculté,

S’étant rencontrez dans la ruë, ’

L’un d’eux goguenard et boufon.

Dit en riant à son confrère :

Cet homme que l’on porte en terre N’est-il pas mort de ta façon ?

LA DOUBLE HVDROPISIE

Un vieillard étoit hydropique.

Languissant, et prêt à mourir;

Les Médecins du lieu mirent tout en pratique, Pour luy donner secours, sans pouvoir le ouerir.

11 apprit qu’en certaine ville Eloignée environ de trois jours de chemin,

Etoit un Médecin habile.

Il se mit en litiere, et l’alla voir soudain.

Sa femme jeune, belle, et d’un joli corsage. L’accompagna dans ce voyage.

Le Médecin etoit bien fait et vigoureux.

De la dame aussitôt il devint amoureux, s attacha qu’à luy plaire :

Enfin il fit si bien par ses soins et son art,

Qu en trois ou quatre mois il guérit le vieillard. Le tinint pleinement d’affaire.

Et dans le même temps, étant le favori De la jeune et charmante dame;

A mesure qu’il fit desenfler le mari.

Par un plaisant retour, il fit enfler la femme.

CINTHIÜ

LE REMÈDE A TOUS MAUX (l)

Comédie en 5 actes, 166S.

Arlequin, déguisé en médecin, est monté sur un âne, orné de plumes, et accompagné de Trivelin ; ils mènent à la main un' autre animal qui porte un étendard.

Discours du Médecin indien.

... « Au surplus, je suis Mededn, chirurgien, apotiquaire et barbier; je connois parfaitement les infirmités, les maladies;... Avec ma poudre de perlin-pin-pin, j’ai guéri depuis huit jours un jeune homrrie de quinze ans du mal de mere. » {Ici Trivelin interrompt Arlequin, et le docteur soutient qu’il n’y a que les filles et les femmes qui soient sujettes à ces sortes de maladies.) « Vous vous trompez, répond Arlequin, car la mère de ce jeune homme lui ayant donné un violent coup de bâton sur la tête, je crois que cela peut bien s appeller un mal de mere. De même, continue-t-il, j’ai tiré d’affaire un homme qui avoit un furieux mal de tête dans le ventre. » Comment cela se peut-il^ dit le Docteur. « C’est, répliqua le Mededn, qu un taureau lui avoit donné un coup de corne dans le ventre. Un autre, ajoute-t-il, avoit un mal

(i) Extrait des canevas analysés p.ar Gueulette dans VHistoire de l’ancien Théâtre-Italien .

de dents à la main gauche. » (Tons les assisians se mettent à rire, Arlequin se fâche.') « Oui, Messieurs les rieurs, dit-il, et vous en conviendrez lorsque vous sçaurez que c’est qu’un chien l’avoit mordu à la main gauche. En un mot, ma poudre réconforté l’estomach : rétablit la chaleur naturelle; aide la rate, le foye, à digérer et par une insensible transpiration fait évacuer les poulmons. Cette poudre est salutaire pour toutes les nations et c’est ce qu’en bon françois, l’on appelle depuis plus d’un siècle, de l’onguent miton mitaine. Quand je travaille, j’observe les révolutions qui se passem dans le Ciel, parce que, comme dit Platon, un Médecin sans astrologie, est un œil sans paupière... Et notez que je guéris toutes les maladies, hors celles qui sont sous le signe du Taureau, ou du Capricorne, lesquelles sont incurables, parce qu’elles attaquent la tête. »

A peine le Médecin a-t-il cessé de parler, qu’on lui apporte des prétendus estropiés; il leur fait prendre de sa poudre; ils éternuent, sont guéris sur le champ et forment un balet qui finit le premier acte.

Au second acte, plusieurs malades se présentent : Ma fille a perdu la santé, s’écrie un des assistans : je ne l’ai pas trouvée, répond le Médecin. Il ordonne à une personne de se faire couper la tête, pour guérir son mal de pieds, par la règle conlrariis contraria cnrantnr. Scaramouche, en espèce de cul de jatte, est amené

par le docteur : je vais vous faire voir la vertu de ma poudre, dit Arlequin à ce dernier. En même tems il va chercher une botte de paille, sur laquelle il fait mettre le prétendu estropié, et après avoir semé de sa poudre sur la paille, il y met le feu : Scaramouche s’enfuit à toutes jambes.

MARCOUREAU DE BRECOURT (mort en 1685)

l’ombre de MOLIÈRE Comédie en un acte, 1671.

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