‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 26 sur 219 · LE MÉDECIN EN DÉFAUT · texte numérisé non relu

LE MÉDECIN EN DÉFAUT

Malade, hier, j’ai reçu la visite

D’un médecin qui voulait, le bourreau l

D’un doux nectar me sevrer au ^lus vite.

Et sottement me condamner à 1 eau.

11 ignorait la maxime d’Homère Que dans le vin l’homme se régénère.

(1) J. Bernier attribue cette dernière facétie à Hiéroclès, mais nous ne l’avons pas trouvée dans le recueil de cet auteur grec.

(2) Allusion au vers 261 du VI' livre de V Iliade ; « A l’homme fatigué le vin rend sa vigueur. »

(3) Traduction anonyme.

AGATHIAS (VI* siècle)

ÉPIGRAMME

Alcimène était tourmenté par la fièvre ; sa voix était rauque et enrouée ; son poumon était comme déchiré par des épées, et un asthme gênait sa respiration. Arrive alors Callignote de Cos, médecin sentencieux, tout rempli de la science d’Esculape, habile à tirer des symptômes un pronostic, et ne prédisant rien de plus que ce qui doit arriver. Il examine comment Alcimène est couché, discute sur son visage, lui tâte le pouls, et consulte le traité sur les jours de crise que, nouvel Hippocrate, il rumine en luimême, Alors, d’un air important et boursouflé, il prononce son pronostic sur Alcimène : « Si ta gorge cesse d’être bruyante, si tes poumons ne souffrent plus, si la fièvre ne gêne plus ta respiration, tu ne mourras pas encore de pleurésie, car tout cela nous présage une guérison prochaine. Prends courage; toutefois, fais venir un notaire, dispose sagement de tes biens, cesse de mener désormais une vie inquiète, et moi, ton médecin, pour prix de cette bonne ordonnance, mets-moi pour un tiers sur ton testament ».

CALLICTER

Avec des drogues, Rhodon enlève la lèpre et les écrouelles; mais, tout le reste, il l’enlève même sans drogues.

Page 1